‹ Contribution Expérimentale à l'Étude de l'Action de l'Adrénaline sur les échanges azotésChapitre 14 sur 25 · I. — TECHNIQUE · texte numérisé non relu

I. — TECHNIQUE

Nous avons expérimenté sur le lapin. Chez l’animal en bon état de nutrition (Régime : choux, carottes, salade, etc), et chez l'animal à jeun. Nous avons injecté une solution d’adrénaline (1) à la dose toujours constante d’un mgr. par kilo en injection sous-cutanée.

Les animaux étaient placés dans des cages, qui permettaient de recueillir facilement l’urine, sans qu'elle se mélange aux matières fécales. L’urine était recueillie dans une éprouvette de 900 c. 6. contenant toujours des cristaux de thymol pour empêcher son altération. L'analyse était ordinairement pratiquée, au plus tard, 24 h. après l’émission. L’urine était filtrée. Lorsque l’analyse n’a pu être pratiquée immédiatement, pour empêcher sa fermentation, c’est-à-dire la transformation de l’urée en ammoniaque, nous avons eu recours au procédé indiaué var Philibert (2), dans sa thèse.

(1) L'Adrénaline que nous avons employée est la sceurénaline Synthétique des Usines du Rhône.

(2) Philibert Jean (l’urée, l'ammoniaque et les amino-acides, au point de vue analytique), thèse de pharmacie N. 9 (1910).

MO Ce procédé consiste à saturer l’urine par le chloroforme. Dans ces conditions, on peut facilement doser plusieurs jours après, l’azote total, l’azote uréique, l’azote ammoniacal sans qu'il y ait trace de fermentation.

Les éléments que nous avons dosés avec soin sont les sui-

1° Azote total urinaire. #

2° Azote titrable à l’hypobromite, après défécation par le procédé Ronchéze.

3° Azote titrable au formol, c’est-à-dire d’une part l'azote aminé et d'autre part, l'azote ammoniacal.

4° Assez souvent après injection d’adrénaline, se manifeste une albuminurie plus ou moins notable. Dans ces cas nous avons déterminé la quantité d'azote protéique. Ce dosage sur lequei d’ailleurs les auteurs n’ont pas porté leur attention, était indispensable pour établir la répartition correcte de l’azote urinaire. |

5° Pouvoir réducteur.

vants : se

Voici le détail des manipulations auxquelles nous avons procédé.

a) Dosage de l’azote total :

Dans un ballon « Kjeldhal » de 100 c. c. on introduit successivement (procédé Denigés)

1%%2-cem.-urine:;

2° 4 cem. d’une solution d’oxalate neutre de potasse à 30 % ;

3° 1 cem. d’acide sulfurique.

Sauf dans les cas d’une urine très riche en glucose où il est nécessaire de faire tomber la mousse par quelques gouttes d’alcool, on peut abandonner le « Kjeldhal » à lui-même. Quelques heures après la décoloration est complète et la titration peut être effectuée par le procédé suivant :

Dans le ballon refroidi, on dilue l’acide sulfurique par de l’eau distillée. On ajoute quelques gouttes de phtaléine et on verse de la lessive de soude jusqu’à légère alcalinité. Avee 7° goutte d’acide sulfurique on revient en milieu légèrement aci-

de (cette opération est faite le ballon refroidi maintenu sous l’eau dans un cristallisoir). On verse alors le contenu du « Kjeldhal » dans un ballon jaugé de 25 cc., on le lave deux ou trois fois avec un jet d’eau distillée et on complète à 25 cc.

Cette opération terminée, nous avons habituellement titré l’azote au formol, mais dans un but de contrôle nous avons couramment employé le procédé à l’hypobromite.

La titration au formol se fait suivant la méthode habituelle; on prélève 10 ec. du liquide que l’on introduit dans un ballon d'Erlenmeyer de 150 ccm. Après addition de phtaléine, on ajoute goutte à goutte de la soude n° 5 jusqu'à virage net à la phtaléine. On revient à la décoloration avec un goutte à goutte à l’acide chlorhydrique n/20. On obtient alors la teinte rosée avec quelques gouttes de soude n/25. Par le même procédé une solution de formol au 1/2 à été exactement neutralisée. On verse une quantité suffisante de la solution au formoi dans un vase d’Erlenmeyer et l’on procède au titrage avec soude n/25, contenue dans une burette graduée. Le caleul est le suivant :

Soit : N — le nombre de ccm. trouvés à la burette.

N x 2.5 x 50 x 0.58 donnent en milligr. la teneur en azote totale de l’urine étudiée.

b) Azote titrable à l'hypobromite :

Comme l’on sait, c’est l’azote uréique qui forme la plus grande partie, sinon la totalité de l’azote titrable à hypobromite si l’on prend soin, comme l’a conseillé RONCHEZE de procéder avant le titrage à la défécation et de défalquer l’azote de NH3.

On introduit dans une fiole jaugée de 10 ce. :

10" cc urines 2° 5 ce. environ d’eau distillée 3° 2 cc. de réactif de RONCHEZE (sous-acétate de plomb 100,

eau distillée 150) ;

4° On complète à 10 cc. et on filtre.

De cette urine diluée au 1/5 et déféquée, on prélève une quanüté variable (de 0, 5 à 5ec.) suivant la richesse en azote total de l’urine que l’on introduit dans l’uréomètre de MESTREZAT.

Re re

Après addition de 4 emc. de lessive de soude environ, diluée au quart et de 5 ce. environ d’hypobromite, on procède suivant les indications de l’auteur au dégagement complet de l’azote.

La lecture se fait sur la cuve à eau et il suffit de comparer les résultats obtenus à ceux que donne une solution titrée d’urée pour déterminer la teneur en azote uréique de l’urine étudiée. Ce procédé permet d'éviter les corrections de température et de pression. ; |

D'autre part, le calcul suivant donne une valeur approchée de la teneur en azote uréique du liquide :

Soit 2 cmc. la quantité de liquide déféquée introduit dans l’appareu ;

Soit : N la quantité d'azote dégagé lue à l'appareil :

N x 5 x 50 x 1,21, donnent approximativement la teneur en azote uréique de 100 cc. du liquide soumis à l’analyse.

c) Azote titrable au formol :

Le procédé employé dérive du procédé HENRIQUEZ et SOREN- SEN, modifié par H. DELAUNAY et utilisé par lui dans ses recherches.

Dans une fiole de 50 cc. on introduit :

1° 10 cc. de solution de chlorure de Baryum, à 20 %.

2° Quelques gouttes de phtaléine.

3° De la baryte saturée en excès, jusqu’à coloration rouge fort.

Compléter avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge et filtrer.

L’urine est ainsi diminuée de moitié. On prélève 20 ce. du filtrat pour doser séparément l’azote aminé et l'azote ammoniacal.

Nous avons utilisé dans ce but, un procédé simple qui à défaut de la distillation dans le vide, donne des résultats satisfaisants, ainsi que l’ont prouvé les expériences, faites dans ce but au laboratoire. Nous donnons ci-dessous le diagramme de cet appareil.

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