IT. — L’ADRÉNALINE, AGENT DE DIAGNOSTIC
L'épreuve a été tout d’abord employée pour interroger le système nerveux sympathique. Le D' Henri Coureaud (2) dans sa thèse rapporte à ce sujet les expériences d’Eppinger et Hess.
(4) Société médicale des Hôpitaux, 20 juillet 1917. (2) Thèse de Bordeaux 1911, Henri Coureaud, pages 69-70.
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Ces auteurs ont donné le nom de vagotoniques aux individus chez lesquels prédomine l’activité du système nerveux autonome, et de sympaticotoniques à ceux chez lesquels l’activité sympathique l'emporte. Ils ont cherché à décéler la prédominance de l’un ou l’autre de ces nerfs sur l’économie. Ils admettent que l’adrénaline est l’agent excitateur spécifique du système sympathique, tandis que la pilocarpine excite l’autre système. Si après une injection d’une dose d’adrénaline, il y a après quelques minutes, hypertention artérielle et pâleur des extrémités et de la face, par vaso-constriction périphérique (1), c’est le système sympathique qui est influencé. A. Coureaud, étudiant la malade d’Addison, démontre que dans cette maladie, l'épreuve de l’adrénaline ne donne ni glycosurie, n1 vasoconstriction, ni hypertension, mais sudation, forte salivation (250 ce. ec. de salive en 1/2 heure), vaso-dilatation (rougeur de la face), en un mot, tous les signes de vagotonie et d’hypoactivité du sympathique. Cette épreuve serait donc utile, d’après l’auteur, pour déceler ou affirmer une maladie d’Addison et pour se rendre compte du bon fonctionnement du système nerveux sympathique.
L'épreuve de l’adrénaline a été également utilisée pour l’étude de la résistance cardiaque traitée par (Léon Binet) (2).
Pour déceler le paludisme à l’état latent certains auteurs se sont également servis d’adrénaline. Neushloss en même temps que Schittelen et Schlocht ayant remarqué que les divers moyens employés pour déceler le paludisme latent (rayon X), lumière violette, faradisation de la râte, injection de substances diverses, douches froides sur la région splénique, etc...) n’agissaient que par les modifications de la pression sanguine furent conduits à utiliser, l’ergontine, l’hvpophysine, puis l’adrénaline. Notre compatriote M. le docteur de Léohardv nous rapporte au sujet de l’action de l’adrénaline les expé-
1) Glandes à sécrétion internes de Scnaefer avec traduction de Guv Laroche et Richard. un voluine chez Doin.
2\ Presse Médicale, 2 avril 1917, action de l'adrénaline sur l'appareil cardio-vasculaire.
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riences de A. Dazzi (1) qui a expérimenté sur 20 sujets paludiques, dont aucun n’avait eu d’accès typique depuis quelque temps, dont 12 ne présentaient aucun élément parasitaire dans le sang circulant, et 8 autres seulement quelques rares formes. Après injections sous-cutanées de { milligramme d’adrénaline, la température a été prise toutes les quatre heures pendant cinq jours. La numération des parasites faite sur lames de sang coloré au Grünewald et au Giemsa. L'auteur n’a noté qu'un seul cas d'accés fébrile typique, 24 heures après l'injection car il ne tient pas compte du léger mouvement fébrile observé le jour même et dû à l’action hyperthermisante de l’adrénaline.
Par contre, la constatation des parasites dans le sang a été constante avec la prédominance de la forme schizonte de la tierce.
Chez les huit malades qui présentaient quelques éléments avant l'injection, le nombre en a été très augmenté. L’apparition des parasites a commencé 20 minutes après l'injection pour atteindre son acmé, au bout d’une heure et disparaitre après 24 heures. Dans tous les cas l’adrénaline avait déterminé une réduction transitoire d’ailleurs de l’hypertrophie splénique réalisant « une véritable expression de la râte ».
Enfin au cours de la guerre MM. Maurice Loeper et Georges Verpy (2) firent l'épreuve de la glycémie adrénalinique chez les militaires atteints d’affections hépatiques, et grâce à leur tentative ils purent donner cette épreuve comme signe pathognomonique de l’une ou de l’autre affection hépatique. Suivant le taux de la glycémie ces auteurs purent ainsi différencier les diverses hépatites. Forte dans les ictères légers, très forte dans les ictères hémolytiques ou Vaquez et Aubertin ont signalé l’hyperhépatie, forte aussi dans les cirrhoses hypertrophiques où le fonctionnement exagéré du foie n’est pas rare, la glycé-
(1) Presse Médicale 1920. np. 200, A. Dazzt. les injections d’adrénaline pour le diagnostic du paludisme latent (de Léobardye).
(2) Archives Médecine et Pharmacie militaires. Tome LXVIT n° 6, juin 1917, page 817.
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mie est faible dans les cirrhoses atrophiques, les ictères sèveres, spirillaires ou non, et nulle dans les ictères graves, cê qui témoigne de sa valeur pronostique.