‹ Contribution expérimentale à la pathologie et à l'anatomie pathologique de la moelle épinièreChapitre 11 sur 27 · XIV. H · texte numérisé non relu

XIV. H

5. Archives de Physiologie normale et pathologique. T. III. N" 2.

1884. Déjà cité.

qu'avec les méthodes d'observation ordinaires, on peut compter huit jours comme l'intervalle' le plus court avant l'apparition

de la dégénération

Le travail de M. Schultze sur la dégénération secondaire chez l'homme contient un fait intéressant, observé pourtant déjà par M. Westphal et d'autres : c'est une zone de dégénération en forme de virgule dans les cordons postérieurs au-dessous de la lésion et descendant jusqu'à deux à trois centimètres; il l'a observée dans quelques cas consécutifs à une lésion (compression) de la moelle. M. Schultze a constaté aussi dans les cordons antéro-latéraux, à la suite de la compression de la partie moyenne du renflement cervical par une tumeur périméningeale, une dégénération descendante peu intense, mais distincte, en dehors même des faisceaux pyramidaux et s'étendant, dans un cas, jusqu'à huit à dix centimètres en bas.

Relevons encore dans l'intéressant travail de M. Pitres le fait que, dans certains cas, une lésion unilatérale du cerveau peut donner lieu à une dégénération descendante occupant symétriquement les deux cordons latéraux de la moelle épinière.

Le travail en question .porte sur dix observations après un examen microscopique d'une quarantaine de moelles d'hémiplégiques anciens; M. Pitres avait auparavant déjà publié quelques-unes de ces observations'^. Les altérations médullaires, dit-il encore, développées dans ces conditions, sont quelquefois exactement symétriques; .... (juelquefois elles sont plus intenses du côté correspondant à l'hémiplégie que

1- Dans les " Archiv der Psychiatrie und Nervenkrankheitm », Bd. X. H, 2. p. 330. MM. Kahler et Pick ont publié un cas où la dégénération secondaire de la moelle put être constatée 11 jours après une lésion au cerveau.

2. Dans mou article du Virchoiv's Archiv que je viens de citer, j'ai relaté aussi un cas où il y avait une dégénération secondaire des <^m- faisceaux pyramidaux des cordons latéraux, consécutive à, une lésion unilatérale du cerveau, moins prononcée pourtant du côté de I lésion cérébrale.

du côté opposé. Les corclous de Turck (Hulseu-Voideistrangbahn) sont en général épargnés ou ue présentent que des altérations légères et partielles. — Dans une communication postérieure ' , M. Pitres a montré qu'après des lésions destructives des circonvolutions qui avoisinent le sillon crucial (régions excitables) dans un hémisphère cérébral, on peut quelquefois constater aussi chez les chiens et les chats une dégénération secondaire dans les deux cordons latéraux. Jamais la portion interne des cordons antérieurs n'a été trouvée altérée.

Mon but spécial, je le répète, est d'étudier de près les premières altérations et la marche de la dégénération secondaire-. Le résumé ci-dessus montre assez que ce côté de la question a été peu étudié; il est pourtant d'une importance évidente, comme fournissant le type d'un grand nombre d'altérations des centres nerveux.

Après durcissement préalable par les procédés déjà décrits, les coupes, le plus souvent transversales, ont été faites dans différentes parties de la moelle, à partir de 1 à 2 centim. au-dessus et au-dessous de la section, c'est-à-dire là où il n"y a plus trace de dégénération traumatique. J'en ai pris dans toutes les parties de la moelle dorsale, dans les renflement> cervical et lombaire et dans la partie supérieure de la moelle cervicale. J'ai employé pour l'examen microscopique la plupart des substances colorantes actuellement en usage en histologie. Je citerai spécialement l'emploi de la fuchsine-acide

1. Pitres : Sur la disti'ibutiou topograplvique des dégéuéresenct s secondaires consécutives aux lésions destructives des hémisphères cérébraux chez l'homme et chez quelques animaux. CompWf Rfrui".- T. 99. N" 2. (1884, juillet.)

2. .J'ai fait, dans une séance de la section de psychiatrie et de névrologie au cougrôs international médical de Copenhague en 1884 une communication sur : " Les altérations histolopitiitcs et la marche de la df.génèrniion .lecondaire ». Cette communication, accompagnée de démonstration de préparations microscopiques, était basée sur les expériences (|ue j'avais faites jusqu'alors.

{'^Sàurefuehsin") ', de la fuchsine et de l'hématoxyline, méthodes récemment introduites par M. Weigert dans les études névrohistologiques. Voici en quoi conciste la première de ces méthodes- : on plonge les coupes, qui doivent être très minces, au moins pendant une heure dans une solution saturée de fuchsine -acide dans l'eau (fuchsine- acide = C20H20N3O [SOgNa]); on fait ensuite la décoloration d'abord dans l'eau, puis dans une solution de potassium dans l'alcool, jusqu'à ce qu'on commence à voir la substance grise jse détacher de son entourage par une nuance un peu plus claire ; puis on les met de nouveau dans l'eau distillée; après complète déshydratation dans de l'alcool contenant un peu de chlorure de soude (l'alcool seul suffit aussi), les coupes sont montées dans de l'essence de girotie, ou mieux dans du xylol, qui n'a pas l'inconvénient de l'essence de girofle de dissoudre la celloïdine ou de la rendre poisseuse, après quoi on les conserve dans le baume de Canada ou dans la résine de Damar, Dans la méthode par la fuchsine, le princique colorant est la fuchsine ordinaire et la décoloration se fait dans de l'acide muriatique atténué-'. D'après la méthode par l'héma-

1. N'ayant pas trouvé cette substance nommée daus les ouvrages français que j'ai pu me procurer, j'en ai traduit littéralement, faute de mieux, le nom allemand (Siiure/uchmi) , bien qu'il ne me paraisse pas heureusement choisi.

2. Pour plus de détails voir Weigebï : Ueber eine neue L'ntersuchungsmethode des Centralnervensystems. CentrolMall far die tnedicinhchen VVissenscko/ten. 1882. N° 42 et 43.

3. Voici quelle est la manière de procéder pour obtenir la solution et les préparations : On sature de fuchsine ordinaire un mélange d'alcool absolu et d'eau distillée dans la proportion de 1 — 3. Ou filtre 5() grm. de cette solution concentrée et on y ajoute un centimètre cube d'une solution aqueuse (1 : 40) d'ammoniaque caustique, puis on agite fortement. Les coupes destinées à l'examen doivent séjourner dans cette solution d'une demi-heure à deux heures. Après les avoir lavées, on les fait décolorer dans 2'/» à 3 p. 100 d'acide muriatique; on ne peut pas fixer d'avance le temps nécessaire à cette décoloration, pas plus que pour la méthode par la fuchsine-acide : il faut saisir le moment où la substance grise commence à se dessiner

toxyline ' , on colore d'abord fortement dans une solution alcoolique d'hématoxyline (hémat. 0,75 — ],o, alcool 10,o, eau 90,0) pendant une à deux heures à une température de 35° à 45", puis on fait la décoloration dans une solution de borax et de ferricyanure de potassium (borax 2,o, ferricyanure de potassium 2'/^, eau 100); la décoloration est complète quand la substance grise a une couleur jaune bien marquée, tandis que les cordons blancs sont encore colorés en noir; la suite de la manipulation est la môme que dans les deux. méthodes précédentes. Plus tard, M. Weigert a apporté une modification à cette méthode-; je ne l'ai pas essayée, la plupart de mes expériences étaient faites alors; du reste, les inconvénients que M. Weigert dit attachés à la méthode dans >;t forme première n'existaient pas pour mes recherches; par exemple elle ne se prêterait pas bien au traitement de préparations qui auraient séjourné longtemps dans l'alcool apre> durcissement, mais j'ai toujours procédé à l'examen microscopique peu après avoir effectué le durcissement. En revanche je me suis quelquefois servi de la méthode de à\f. Weigert modifiée par M. Flesch^; je l'ai trouvée pratique, rapide et donnant de bons résultats. Voici en quoi elle consiste : ini sort les coupes de l'alcool pour les plonger pendant quelqueminutes ou davantage dans une solution d'acide chromique à V-i "/o; après un léger lavage à l'eau, on les met dans la solution colorante de M. Weigert, où elles prennent immédiatement une teinte foncée, presque noire; au bout de dix

nettement, après quoi ou procède comme dans la méthode précédente. Les avantages de ce procédé seraient que l'anneau érythropliile est quelquefois plus apparent et que les noyaux se colorent. C'ette méthode été publiée dans le « Forischriitt! der Medicin ». Bd. IL N" 4. (1884:).

1. Weigert : Neue Fârbungsmethode fur das Centralnervcnsystem. Forlschritte der Medicin. Bd. 2. N° 6. (1884).

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