EXPÉRIENCE I
Hémiseetion de la moelle à gauche au nweau de la 11' vertèbre dorsale.
2 février 1884. - Chien de grande taille. On pratique l'hémisection dans la matinée. Quatre heures après l'opération : patte
gauche paralysée, rigide et tendue; un peu de faiblesse dans la patte droite; la patte postérieure droite paraît la moins sensible. Température prise entre les doigts : patte postérieure gauche 35*, patte postérieure droite 33°, pattes antérieures 33° à 34°.
3 février. — La patte postérieure gauche est encore paralysée et rigide; la droite se meut librement. Température : patte postérieure gauche 37°, droite 30°, pattes antérieures 31° à 31,5°.
4 février. — Peut s'appuyer un peu sur la patte postérieure gauche quand on le place debout; les réflexes tendineux de cette même patte paraissent un peu exagérés. Température : patte postérieure gauche 37,5°, patte postérieure droite 32°, pattes antérieures 31° à 32".
5 février. — Sensibilité de la patte postérieure gauche semble un peu exagérée. Température : patte postérieure gauche 35°, patte postérieure droite et pattes antérieures 33° à 34°.
6 février. — L'animal s'appuie assez bien sur la patte postérieure gauche lorsqu'on le place debout, mais ne peut pas s'en servir pour marcher; il la traîne après lui en essayant de se mouvoir sur trois pattes. Température : patte postérieure gauche 35°, droite 35,5°, pattes antérieures 34° à 35°.
8 février. — L'animal s'appuie assez bien sur la patte postérieure gauche, sans pourtant pouvoir s'en servir pour marcher. Pas de différence notable entre les membres quant à la sensibilité; peutêtre est-elle plus grande dans la patte postérieure gauche. Température : 34° à 36°.
12 février. — La patte postérieure gauche peut un peu servir à la marche, mais est très mal assurée et fléchit souvent.
18 février. — L'animal marche passablement et peut même un peu marcher sur ses pattes de derrière quand on soulève celles de devant.
24 février — L'animal marche assez bien, court même un peu mais en traînant la patte de derrière; marche passablement sur les pattes de derrière seules.
3 mars. — L'animal court et saute assez bien, mais la jambe postérieure gauche traîne et fauche encore un peu. Différence peu notable dans la sensibilité des extrémités.
12 mars. — A la marche on ne remarque presque pas de différence entre les membres postérieurs.
25 mars. — La jambe postérieure gauche traîne et fauche encore un peu quand l'animal court ou saute.
18 mai. — Une observation attentive peut encore révéler quelque incertitude dans la patte postérieure gauche quand l'animal court, saute, monte des escaliers, etc. On le tue. La moelle est durcie d'abord dans le bichromate d'ammoniaque (2%), puis dans l'acide cbromique (2 p. 1000).
L'examen microscopique montre que la ligne médiane a été dépassée et le cordon postérieur droit entamé, ainsi qu'un peu de la substance grise du côté droit, mais le cordon antérieur droit était tout à fait intact. Pour les autres résultats de l'examen microscopique, voir plus loin (seconde partie).