‹ Contribution L'étude de l'appendiciteChapitre 12 sur 17 · DÉS · texte numérisé non relu

DÉS

nous attachons une grande importance à l’ædème de la peau et aux veinosités. Mais souvent cet ædème est peu marqué, il n’y a qu’une légère infiltration de la peau et il est nécessaire de comparer à l’autre côté.

Enfin nous ferons remarquer que dans certains cas, il est possible de soupconner le siège de l’appendice malade; on pourra par suite aller directement à lui sans perdre un temps précieux. Une douleur lombaire-très marquée avec flexion de la cuisse, l'apparition de l’æœdème en arrière permettront presque d'affirmer que l’abcès et par suite l’appendice est en arrière du cæcum, et il sera facile d'aller le chercher en passant en dehors de ce dernier. Un gros empâtement iliaque, sans douleurs lombaires, avec œdème en avant dénotent un appendice situé en avant ou en dedans du cæcum. Enfin des douleurs pelviennes, avec troubles urinaires feront soupçonner un appendice plongeant dans le bassin et dans ces cas le toucher pourra être d’une grande utilité.

Nous n'avons pas cru parler du diagnostic avec la typhlite, on ne peut guère le faire qu’au cours de l'opération, et du reste il est sans intérêt tant les deux maladies sont confondues.

Pronostic.

Le pronostic ressort suffisamment de la description de la maladie pour que nous n'y insistions pas; il varie avec chaque forme, et ce qui serait plus important à déterminer c’est la proportion de chaque variété par rapport aux autres. Sur nos vingt et un Cas nous avons :

4 cas très bénins,

3 abcès probables, mais terminés par résolution

4 abcès ayant nécessité une ouverture

9 péritonites généralisées avec 6 morts et 3 guérisons. 1 appendicite à rechute opérée.

Comme nous le disions au début, ces nombres sont très faibles, mais nous leur attribuons une certaine valeur car ils représentent les cas soignés dans tout un hôpital et non dans un service isolé ; ils sont par suite beaucoup moins erronés que ceux des statistiques fournies par la pratique d’un médecin ou d’un chirurgien. Les premières font croire à une affection toujours bénigne, tandis que, d’après les autres, il serait toujours né-

cessaire d'intervenir, Bien qu'établie dans de meilleures :

conditions, notre statistique est encore imparfaite et le nombre des cas bénins trop faible, car ce ne sont guère, que les graves qui arrivent à l'hôpital. Enfin nous avons vu trois cas bénins et un abcès dont les observations ont

AC 7 pr

été égarées, sans cela nous aurions 15 cas peu graves contre 9 péritonites généralisées.

Au début de l’appendicite, peut-on dire à quelle forme on aura affaire ? Nous le croyons pour la plupart des cas, et pour cela il faut se baser moins sur l’état local, que sur l’habitus extérieur du sujet. Si le facies reste bon, le malade plein de gaîté il est probable que la forme sera bénigne. Par contre, si l'aspect extérieur est celui qu’on observe dans les pyrexies, la fièvre typhoïde notamment, on devra craindre une variété plus grave; enfin si les traits se tirent dès le début, si les yeux s’excavent, si l’agitation est très marquée, il s'agira presque à coup sûr d’une péritonite généralisée. Ce sont là évidemment des nuances difficiles à définir mais qui ne trompent pas lorsqu'on s’est habitué à les rechercher. Au bout de deux jours on à des signes plus certains pour se prononcer; dans les cas bénins, on sent une petite tuméfaction ; dans les abcès on trouve un empâtement dans la fosse iliaque, une température élevée avec pouls correspondant au degré thermique ; dans les péritonites, la douleur se généralise, la fosse iliaque ne présente presque rien, on n’y trouve pas d’empâtement, à peine un peu de submatité dans quelques cas, le ventre est ballonné, la températuïe peu élevée et cependant le pouls est très rapide, mou et dépressible.

En somme l'apparition rapide d’un exsudat dans la fosse iliaque permettra d'espérer une forme localisée, tandis que l'absence d’exsudat, jointe à la discordance du pouls et de la température, feront craindre la péritonite généralisée.

Page 1