OBSERVATIONS
OBSERVATION [. — Le nommé D..., Georges, âgé de 12 ans, sans antécédents héréditaires ou personnels, est pris, subitement dans la soirée du 1° avril, à la fin du repas, d’une douleur vive au niveau de l’ombilic, peu à peu elle se localise dans la fosse iliaque droite, et force le petit malade à marcher courbé en deux. Selles Le 1° et le 8.
Le 5. Il entre salle Denonvilliers, lit 44.
Pas de ballonnement du ventre. A la pression on détermine une douleur vive, eu un point limité siégeant sur la ligne étendue de l’épine iliaque à l'ombilic au niveau du bord externe du droit antérieur. En ce point on sent une petite tuméfaction un peu allongée. Pouls bon. Temp. 38°. Dans la soirée deux vomissements bilieux. Opium.
Les jours suivants la tuméfaction diminue; mais, dans la soirée du 9,1l se produit une crise douloureuse qui a cessé le lendemain. La grosseur sentie a repris son volume du premier jour; le cæcum plein de gaz donne des gargouillements il parait légèrement empâté.
Peu à peu tout s'améliore et, le 17 avril, le malade quitte l’ hô.
pital ; au niveau du point mentionné la pression est encore
douloureuse, et on sent un petit cordon dur roulant sous le doigt paraissant situé en dedans du cæcum dont on détermine les limites par le gargouillement qu'y provoque la palpation.
Ogs. II. — Le nommé D... Paul, âgé de 11 ans, est un enfant chétif, dont la mère est morte tuberculeuse, il tousse souvent, mais ne présente pas de signes thoraciques. Il y à
3 mois il reçut après le repas un coup de pied dans la région hypogastrique et éprouva sur le champ des accidents syncopaux. Depuis cette époque il éprouve de temps en temps, à la suite d’une fatigue, d’une quinte de toux, des douleurs abdominales qui l’obligent à se coucher quelques instants. Les selles, régulières jusqu’à ce moment, sont devenues rares, l'enfant n’en a que tous les 3 ou 4 jours. Il entre à l'hôpital le 4 avril, et là on constate l'existence d'une douleur vive à la pression au niveau du bord externe du droit antérieur, un peu au-dessous de la ligne allant de l’ombilic à l’épine iliaque ; et là on sent une petite masse comparable à un ganglion, légèrement mobile et semblant se prolonger en haut. Après un purgatif la petite tuméfaction est devenue moins nette et moins résistante.
Le 13. On ne trouve plus rien, les douleurs ont également disparu, et le malade sort guéri le 19 avril. Au mois d'avrilil était encore bien portant.
Ogs. III. — Le nommé S.., Eugène, âgé de 10 ans, éprouve de temps en temps des douleurs dans le côté droit de l’addomen, elles durent une demi-journée et disparaissent spontanément ; pas de constipation.
Le 14 décembre, en revenant de jouer dans la rue, il éprouve des douleurs plus vives que d'ordinaire, ne peut manger et dans la nuit a plusieurs vomissements. Le 15, les douleurs augmentent, il y a deux vomissements et une selle. Le 16, il entre à l'hôpital, la douleur est encore très vive, mais n'empêche pas complètement la marche. Au niveau de la fosse iliaque droite, . on sent une résistance considérable, la douleur y est très vive, on perçoit d’une manière peu nette l'appendice qui roule sous le doigt. T. 37°,6. Pouls excellent. Plus de vomissements, une selle normale. Les jours suivants la résistance des parois diminue tout en restant plus marquée à droite qu’à gauche, on sent mieux l’appendice. Le 28 décembre seulement, la fosse iliaque est complètement libre et l'enfant sort guéri.
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Ogs. IV. — Le nommé M..., Eugène, 10 ans 1/2, dont les parents sont bien portants, a eu la rougeole, la varioloïde, la coqueluche. Dans la nuit du 13 au 14 août, il éprouve tout à coup une douleur violente dans la fosse iliaque droite, a deux selles liquides et un vomissement. Le lendemain, les douleurs sont moins vives, mais il y a encore 3 ou 4 vomissements.
Le 16. Les douleurs augmentent et le petit malade raconte spontanément avoir senti une petite grosseur dans la fosse iliaque droite. Le 18. Les douleurs continuant à augmenter, on l'amène à l'hôpital. Langue et pouls bons. T. 38°,4, Le soir.
Dans la fosse iliaque droite, au-dessous de la ligne allant de l’ombilic à l’épine iliaque, on sent très nettement une petite masse au niveau de laquelle la douleur est excessive, il est -impossible de l’étudier plus complètement, les muscles se contractant quand on provoque la douleur et rendant toute exploration impossible. Pas de ballonnement. Pas de douleurs lom- -baires. La cuisse s'étend.
Le 19. Même chose. Langue sale. T. 37°,8-38°,8.
Le 20. T. 37°,2-38°,6. On palpe plus facilement, la grosseur a pris la forme d'un petit cylindre, au niveau duquel la pression reste douloureuse, au-dessous on trouve un empâtement vague.
Le 21. Même chose. T. 37°,4-38°,8. Les douleurs ont presque complètement disparu; la tuméfaction a tout à fait la forme d’un appendice épaissi et contourné, commençant au-dessous de la ligne spinoso-ombilicale, remontant jusqu'à son niveau, puis se portant un peu en dehors. L’empatement situé au-dessous à disparu.
La température retombe à la normale, l’appendice diminue de volume, redevient souple, et le malade sort à peu près guéri Le 7 septembre.
-O8s. V.— Le nommé D.., Georges, âgé de 13 ans, dont la mère est morte tuberculeuse, est pris subitement dans la soirée
du {0 avril, peu de temps après ‘le repas, de douleurs :vives ‘partant de la fosse iliaque droite et irradiant vers l’ombilic et l’hypochondre. En même temps, nausées, '1n vomissement, sommeil impossible. Même état le lendemain.
Le 12: On l'amène à l'hôpital, et il entre salle Lugol, dans le service du D' Sevestre : anorexie, langue sale, empâtement de toute la fosse iliaque droite avec matité ; à ce niveau la peau présente une léger œdème et des veinosités. Les douleurs à la pression sont peu marquées sur l'étendue du cæcum et du côlon, très vives au contraire au niveau du point appendiculaire, il y en a aussi dans la région lombaire correspondante.
L'état général est bon, le malade a pu dormir, maisil ne‘peut rester couché sur le côté droit.
Le 14. La matité s’étend jusqu’à l’arcade de Fallope ‘en bas où il y a un point plus douloureux, en haut elle n’atteint pas tout à fait le rebord des fausses côtes, en dédans elle s’avance jusqu’au bord externe du muscle droit antérieur. Sur toute cette étendue la paroi abdominale est résistante. En arrière la fosse lombaire est beaucoup moins dépressible que du côté gauche.
Le 15. Passage en chirurgie, même état T. 39,8. P. 90; on donne de l’opium et on met de la glace sur le ventre.
Le 16. Un vomissement bilieux, le malade se sent mieux, la température est tombée à 370,6. P. 80. La percussion forte donne de la sonorité partout et même un bruit hydroaérique au niveau du cæcum. La percussion légère donne unematité correspondänt à Ce que nous avons décrit, on-en prend le calque:sur lé malade. : (
Le 18. Tout est amélioré, la fosse iliaque a perdu la résistance qui était encore considérable la veille au soir; sonorité partout, le malade se couche sur le côté droit. On diminue l’'opium et on maintient la diète. Selle spontanéetle 20.
Le 21. Commence à manger, à ce moment on sent dans la profondeur, aussitôt qu’on a laissé filer sous les doigts le bord externe du droit antérieur une petite masse dure non douloureuse à la pression et qui paraît située immédiatement en dedans
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du cæcum dont on détermine l'étendue par le gargouillement. Le malade part guéri le 16 mai.
Ogs. VI. — $S.., Georges, âgé de 14 ans 1/2, monteur en bronze, n'a pas d’antécédents pathologiques héréditaires, et à part une rougeole, il s’est toujours bien porté.
Le 1* novembre, il est très mouillé ; le lendemain en soule= vant une malle il éprouve une douleur subite et très violente dans la fosse iliaque droite qui le force à cesser son travail; il peut encore rentrer chez lui à pied, mais très péniblement. Il rend du bouillon qu’on lui fait prendre, on lui met des cataplasmes ; mais la douleur l'empêche de dormir. Il continue à manger, mais n’a pas de selles.
Le 5, un médecin ordonne un vésicatoire sur la fosse iliaque droite.
Le 6 dans la soirée, les douleurs jusque-là très localisées s’irradient dans l'hypochondre et jusque dans la région splénique ; le lendemain matin elles se calment mais ont une nouvelle exacerbation dans la soirée; la nuit est mauvaise et on amène l'enfant à l'hôpital, salle Lugol, chez M. Sevestre.
Le 8. Facies grippé, yeux excavés, langue sale, dents légèrement fuligineuses. L'abdomen n’est pas ballonné mais on constate une voussure au niveau de la fosse iliaque droite qui reste immobile pendant les mouvements respiratoires. Submatité à ce niveau. Empâtement très net des côlons ascendant et même transverse. Lavement huileux, glace sur le ventre, une cuillerée d'huile de ricin. T. 38.
Le 10. Amélioration, cependant la température atteint 38°,6 le matin, 39°,5 le soir, selle dans l’après- -midi à 2 heures, puis à 4 heures, et dans la nuit. Le soulagement est considérable, les douleurs ont diminué et la température est revenue à la normale.
Le 11, on donne encore de l'huile de ricin, la douleur à la pression au niveau des côlons a disparu ainsi que l’empâtement, elle persiste un peu dans la fosse iliaque.