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JUSQU'A CE JOUR POUR AMÉLIORER LA NEVRALGIE SCIATIQUE

On peut dire que la médecine à mis en œuvre tout l’arsenal thérapeutique dans le traitement de la sciatique ; mais la multiplicité des remèdes prouve malheureusement leur inefficacité.

C'est sürtout contre l'élément douleur, qu'on s'est eftorcé de lutter.

Très longtemps on a prescrit les saignées locales, les ventouses, les sangsues, avec quelque succès dans les formes bénignes ; les vésicatoires volants pansés à la morphine ont été aussi longtemps à la mode, ainsi que les pointes de feu et toute la série des révulsifs : huile de croton, essence de térébenthine, etc. Duchenne, de Boulogne, a été pendant longtemps un grand partisan de l’électrisation cutanée.

On a ensuite recouru aux médicaments anesthésiques, stupéfiants, narcotiques : injections de morphine, de chloro-

forme, sans négliger la médication interne, {trop nombreuse pour être rapidement énumérée et que nous laisserons de côté comme n’entrant pas dans le cadre de notre thèse.

c Nous cirons seulement que vu son inelficacité trop fréquente, on fut obligé de revenir aux dérivatifs : bains de sable, douches froides, bains de vapeurs, fumigations sèches, bains électriques, qui ont donné dans certains cas d'assez bons résultats, joints aux massages. |

Un procédé actuellement très employé est le stypage préconisé par Baïlly, ou la simple congélation le long du sciatique par le chlorure de méthyle (Debove).

Toutes ces observations comptent des succès à leur actif, mais combien nombreux sont les insuccès et les récidives rapides ! Quand, en présence de sciatiques très rebelles, tous ces moyens avaient échoué, le médecin se voyait souvent obligé, à bout de ressources, de conseiller l'élongation sanglante du nerf, opération généralement refusée par le patent, qui préférait de beaucoup la morphine, malgré ses fâcheuses conséquences.

C'est devant celte réelle impuissance de la médecine à guérir la névralgie sciatique, que Cordier et Jaboulay, de Lyon, eurent l’idée d'un procédé nouveau. Partant de ce principe que l’élongation du sciatique amenait une sédation dans les phénomènes douloureux, ils imaginèrent de produire celte élongation par des injections d’air dans la cuisse.

Nous allons exposer succinctement cette méthode, très employée à Lyon, et qui compte à son actif de nombreuses guérisOns.

Marie et Chauffard l'ont longuement expérimentée, et dans la Semaine médicale du 24 décembre 1902 on pourra lire le compte-rendu des nombreuses expériences auxquelles ils se sont livrés. Nous allons en donner rapidement le manuel opératoire, car, selon nous, avec l'entéroclyse chaude, c'est peut-être le seul traitement réellement efficace de la névral-

gie sciatique.

| Imaginée, nous l'avons dit, par Cordier, de Lyon, cette

ANT | ee méthode consiste à injecter au niveau des points douloureux une quantité d'air filtré variant de un tiers de htre à un demilitre.

Pour stériliser l'air et l'insuifler, il n'est pas besoin d'instrumentation spéciale. On se sert couramment d'une aiguille tubulée quelconque, celle du Potain, par exemple et d'une soufflerie de thermo-cautère. Si l'on tent à se servir d'OXYgène ou d'acide carbonique, on fait communiquer, au moyen d'un gros tube en caoutchout, l'orifice d'aspiration de la soulflerie avec le ballon contenant le gaz en question. Entre l'aiguille et la soufilerie on interpose un tube en verre de dix centimètres de longueur et de un centimètre de diamètre. On peut lubréfier les parois avec un peu de glycérme et on Île remplit de coton stérilisé, puis on le ferme à ses deux extrémités par des bouchons de caoutchouc percés d'un orifice : l’un recoit un embout métallique devant s’adapler à la canule de l'aiguille, l'autre un tube en verre sur lequel se fixe le caoutchouc qui fait suite à la souillerte.

L'asepsie de l'aiguille et de la peau du malade assurée, on enfonce brusquement l'aiguille, et après avoir eu soin de voir si elle n’a pas pénétré dans un vaisseau, on commence l'insutflation, en exerçant une pression de plus en plus modérée, suivant la région à laquelle on à allaire.

Jaboulay conseille ensuite de praliquer un massage énergique. Par des pressions alternatives, 1l faut relouler el ramener le gaz,. de façon à le faire agir sur les points où il est nécessaire d'exercer une distension plus considérable.

Jamais Cordier n'a remarqué de réaction inflammatoire ou fébrile : cependant il persiste quelque temps après un peu d'hyperesthésie à la température et au toucher, ainsi qu'un prurit plus ou moins pénible. Voici, parmi de nombreuses statistiques, une publiée dans le Lyon Médical et particulièrement convaincante sur les résultats de cette méthode. Sur

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