‹ Contributions à l'étiologie de la dacryocystite [microforme]Chapitre 10 sur 13 · ENT · texte numérisé non relu

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Nous ne croyons pas que la virulence blennorrhagique soit indispensable pour produire les rétrécissements; il y a d'autres états purulents qui peuvent agir de la même façon dans l'œil, tel serait par exemple la sécrétion de la conjonctivite granuleuse, leucorrhéique, rubéolique, variolique ou autre. Les transformations qui suivent la conjonctivite granuleuse sont suffisantes pour expliquer le mécanisme des rétrécissements du canal ; en effet le caractère essentiel de la conjonctivite granuleuse c'est de laisser à sa suite des cicatrices rétractiles qui déterminent généralement l’inversion des paupières, Nous avons noté six cas de trachôme chez nos mulades, et nous croyons avoir donné un chiffre bien au-dessous de la moyenne, car au début de notre travail nous avions surtout en vue d'établir le chiffre de la mortalité chez les parents des malades et nous avons omis plusieurs autres détails qui auraient servi à compléter cette étude. Quoiqu'il en soit, ces quelques ca font présumer que la muqueuse du conduit lacrymal a subi le même sort que la muqueuse palpébrale et qu’il er est résulté un

rétrécissement cicatriciel.

Une inflammation moins violente de la conjonctive peut avoir autant de retentissement sur le canal lacrÿymo-nasal qu’une violente blennorrhagie dans le canal de l’urèthre, parce que dans le canal lacrymo-nasal on observe une disposition qui n'existe pas dans le canal de l’urèthre. En effet, dans l’urèthre l'urine est chassée avec vigueur, ne séjourne pas dans le canal et par conséquent ne produit pas sur place une irritation aussi manifeste que

eut le faire une sécrétion anormale de la conjonctive tom- Ent dans un canal qui ne possède qu'une force restreinte : la capillarité et la pesanteur pour se débarrasser des liquides qui s'y déversent. Il résulte de Ilà que le produit d’une sécrétion catarrhale déjà irritante et septique, en séjournant longtemps dans le canal lacrymal peut acquérir des propriétés plus irritantes encore et analogues au virus blennorrhagique quant à ses effets et causer les mêmes désordres sur la muqueuse lacrymale que ceux observés sur la muqueuse uréthrale. De plus, le refoulement en haut de la valvule de Huschke favorise la fermeture du conduit lacrymal et la stagnation des iiquides. Il résulte de là que les voies lacrymales sont dans des conditions plus favorables que le canal de l’urèthre pour développer un rétrécissement,

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Il y a dans le canal lacrymal un point rétréci qui est le siège d'élection des sténoses, mais le conduit peut être congénitalement plus étroit chez les uns que chez les autres et prédisposer ainsi à la dacryocystite. C'est peut-être le meilleur moyen d'interpréter la fréquence plus grande de la maladie à gauche qu’à droite,

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L'hérédité de l'affection peut s'expliquer pour une part de la même manière, mais dans ces cas, en outre d’un défaut de conformation du squelette osseux, il y a aussi la transmission de diathèses qui rendent plus aptes à contracter la maladie, Cette hérédité apparaît dans nos chiffres pour un petit nombre de cas, mais elle a été signalée par Neïider en 1885 ; sur 95 sujets (59 femmes et 36 hommes), dans 26 cas l'affection siégeait chez les parents et enfants des deux côtés, dans 18 autres du même côté, 12 fois à droite, 6 fois à gauche. Mackenzie a opéré de dacryocystite deux sœurs jumelles, l’une à l’âge de 44 ans ot l’autre à l’âge de 45 ans.

Lorsqu'il y a hérédité, ça peut être un défaut de conformation du conduit lacrymo-nasal qui se transmet, ça peut être une diathèse quelconque telle que la syphilis ou la scrofule, enfin ga peut être une affection de voisinage telle que la rhinite atrophique.

Dans le même ordre Tidéos, on à aussi signalé l'écartement des os de la face et une forte dépression des os du nez comme cause de rétrécissement du canal lacrymal; d’un sutre côté, de Wecker a invoqué une disposition diamétralement opposée comme cause prédisposante, c'est-à-dire une saillie des os du nez jointe à la profondeur du creux sous-orbitaire, désignant par là la race sémitique. Cette contradiction peut n’être qu'apparente, car la race juive peut tenir d’ailleurs sa prédisposition aux affections des voies lacrymales. On sait déjà que cette race est une à vue courte, d’un autre côté il n'y a pas d'exemple, dans l’histoire, de nation qui ait été plus maltraitée, soumise à plus de misère et de privation qu’elle, rien de surprenant, alors, que des constitutions ainsi affaiblies de générations en générations se prêtent plus facilement que toute autre, soit par atavisme, soit autremert, à certaines maladies parmi lesquelles on a déjà signalé les granulations, la dacryocystite et la myopie. Nous serions plutôt porté à admettre ce genre de prédisposition de préférence à une évroitesse naturelle du conduit lacrymo-nasal,

#4 Il peut arriver qu’en dehors d’une étroitesse congénitale du con- . duit lacrymal, le conduit se t'ouve secondairement rétréci par un traumatisme ou une maladie des os, dans ces cas rares la dacryocystite résulterait directement a’un retrécissement préalab'o, mais, nous le croyons, ces cas sont très sares, et les autopsies qui vnt été r« latées ont démontré qu'il s'agissait presque toujours de lésions pouvant se rapporter à l’inflammation de la muqueuse. Ainsi les . coarctions fibreuses ne se rencontrent guère que dans les cas invéà térés, alors que l’inflammation prolongée a pu produire un tel état.

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Etant donné que la dacryocystite succède à des inflammations | épétées de la muqueuse lacrymo-nasale, il est difficile d'établir

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si la cause de ces inflammations réside plutôt dans le nez ou dans l'œil. A l’époque où les | roanc se présentent pour faire traiter la dacryocystite, on observe souvent des affections oculaires ou nasales et quelquefois toutes deux conjointement, L'une peut être le résultat de l’autre, et il est difficile de dire laquelle des deux a commencé la première. La dacryocystite, en laissant séjourner dans les cuis de sacs conjonctivaux, le liquide des larmes, détermine une conjonctivite que Galézowski a désignée sous le nom de conjonctivite lacrymale ; celle-là est le résultat et non la cause de la maladie, mais au début les rôles oùt pu être changés. La rhinite atrophique annonce une maladie à plus long terme, et sa co-existence fréquente avec la dasryocysatite (18070) fait prévoir des relations plus intimes entre les deux.

La riche flore bactériologique qui se développe alors dans le nez nous rend bien compte de la facilité avec laquelle le pus peut se développer dans le sac et inoculer si facilement la cornée en produisant l’ulcère à hypopion. La rhinite atrophique n’est pas limité au nez comme processus inflammatoire spécial, elle se rencontre aussi dans le pharynx sous le nom de pharyngite sèche, et nous serions tenté de considérer les résultats de la conjonctivite

ranuleuse sur la conjonctive même comme l'expression d’une maadie à peu près identique; en effet, dans le nez, le pharynx et la conjonctive gere il y a sclérose de la muqueuse. Ce qui nous porte encore à faire un tel rapprochement, c'est la co-existence fréquente de la rhinite atrophique avec la pharyngite sèche et la conjonctivite granuleuse ancienne suivie d’entropion et de trichiasis. Les confrères oculistes n’ont qu'à se rappeler l'odeur désagréable qu'ils ont dû rencontre: souvent en traitant les entropions, les trichiasis et les conjonctivites granuleuses,

Un autre rapprochement qui découle encore de nos observations, c’est la co-existence fréquente de la variole ancienne avec la dacryocystite, la conjonctivite granuleuse, la rhinite et la pharyngite atrophique; nous avons noté 14 cas analogues dans nos observations. Nous ne faisons que signaler ce fait sans prétendre aucunement en donner l'explication, peut être la variole crée-t-elle un terrain propice pour ia culture de certains micro-organismes, entr’autres celui qui transforme la conjonctive et la muqueuse du pharynx en tissu cicatriciel et celui qui détermine la disparition par absorption des cornets du nez, enfin celui qui se développo dans le canal nasal en laissant après lui une cicatrice cause de retrécissement,

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