Viola e Gaspardi, Arch. ital. de Biol., XII, 3, p
2. Hubert Luschka, Anat. des Menschen, II Bd, 1. Th. Tubingen. 1863.
Larger i sur un chien éventré, et une autre de M. Laborcle 2 sur le cadavre d'un guillotiné. Ces auteurs ont vu la contraction des fibres obliques, mais ne l'ont pas observée lors de la déglutition d'un liquide. J'ai tenté de vérifier cette théorie qui me paraissait suspecte, étant donné que le lait stagne toujours comme on sait dans l'estomac, et j'ai exécuté les expériences suivantes :
Sur un chien curarisé et dont la vie est entretenue par la respiration artificielle, on injecte par une boutonnière faite à l'œsophage de l'eau dans l'estomac. Ce viscère s'est laissé distendre peu à peu par l'eau sans la chasser dans le duodénum mis à nu et ouvert.
Si l'on fait boire un chien à fistule gastrique béante, on voit l'eau s'écouler au fur et à mesure par l'orifice pratiqué sur le grand cul-de-sac, et quelquefois un jet de liquide est projeté violemment au dehors. L'estomac doit alors se contracter en masse pour envoyer le liquide dans le duodénum.
Si l'on explore avec le doigt la petite courbure de l'estomac pendant que ce chien boit, on ne sent se produire aucune contraction de nature à former un canal tendant à réunir directement le duodénum et l'œsophage. J'ai fait la même remarque sur le sujet à fistule gastrique dont j'ai parlé tout à l'heure, alors que son œsophage était devenu perméable.
Enfin, après avoir avalé plusieurs verres d'eau, étant à jeun, et dégluti une certaine quantité d'air, j'ai pu en agitant brusquement mon corps produire un clapotement significatif indiquant que le liquide dégluti se trouvait dans l'estomac qu'il remplissait en partie. J'ajouterai que je n'ai pas l'estomac dilaté.
J'ai constaté aussi sur moi-même, par méricysme, que les liquides séjournent quelque iemps dans l'estomac, même vide d'aliments. Souvent ils y restent plus d'une demi-heure, et davantage encore, si l'on est en pleine digestion.
Pour toutes ces raisons, il me semble que la cravate de Suisse ne joue aucun rôle lors de la déglutition des liquides et que la théorie de Luschka doit être rejetée 3.
Je terminerai ce chapitre par l'exposé de quelques expériences que j'ai faites pour étudier Y absorption de V estomac. Magendie4 avait constaté que l'estomac du chien absorbe rapidement l'eau; Colin 3 avait obtenu des résultats analogues en expérimentant sur le chien,
1. Larger, Thèse de doctorat, Strasburg, 1S70, n° 262, p. 59.
2. Laborcle, Comptes rendus de la Soc. de Biol., 9 avril 1887, p. 217.
3. Sappey (Trait<! d'anat. descriptive, Paris, Delahaye, 1889. 4<= édit., t. IV, p. 161) donne le nom de cravate de Suisse à une partie des fibres longitudinales de l'estomac.
4. Magendie, Précis élém. de physiol., t. II, p. 139, Paris, 182.">.
5. Voir Colin, Traité de physiol. cornp. des anim., Paris, 1888, II, p. 95 et suiv.
le chat, le lapin et le porc avec delà strychnine, tandis que Bouley l et Colin, opérant sur le cheval, voyaient cet animal supporter impunément l'introduction de strychnine dans son estomac quand on lui avait lié le pylore et en concluaient que l'estomac n'absorbait pas. Perosino, Berruli, Triolani et Vella 2, reprenant l'expérience de Bouley, constatèrent à leur tour l'exactitude de ce fait, mais virent en outre que le cheval ne s'empoisonnait plus lorsqu'on déliait tardivement le pylore. La strychnine, dirent-ils, lentement absorbée par l'estomac, était éliminée au fur et à mesure par les reins; c'est pourquoi l'animal ne s'intoxiquait plus lorsque la ligature pylorique était supprimée. Bemplaçant dans l'expérience la strychnine par le ferrocyanure, ils virent cette substance, déposée dans l'estomac d'un cheval à pylore lié, apparaître deux heures après dans l'urine. Schiff, de son côté, a constaté que l'estomac du chien et du chat absorbe rapidement l'atropine. Mais, dans toutes ces expériences, on a rarement donné de chiffres précis indiquant le temps nécessaire pour l'absorption d'âne substance déposée dans l'estomac. Citons cependant Anrep 3, qui a vu le ferrocyanure et l'iodure de potassium, introduits dans l'estomac du chien après l'occlusion du pylore, passer en une demi-heure dans l'urine. Colin (loc. cit.) a constaté que l'absorption stomacale de l'extrait de noix vomique nécessitait de 12 à 30 minutes.
J'ai exécuté seize expériences à ce sujet : deux, en liant le pylore, et introduisant ensuite dans l'estomac du chien 20 centimètres cubes d'une solution saturée de ferrocyanure plus ou moins diluée; on recherchait le ferrocyanure dans l'urine; une, en bouchant le pylore avec un bouchon de caoutchouc fixé à l'extrémité d'une sonde en gomme et introduit par une fistule; 3 centigrammes d'alropine dissous dans 10 grammes d'eau sont ensuite versés clans l'estomac; une, en bouchant le pylore comme précédemment, puis 8 grammes d'iodure de potassium en solution aqueuse sont placés dans l'estomac; on met à nu le conduit de Wharton ; toutes les cinq minutes, on galvanise la corde du tympan, et dans la salive sous-maxillaire on recherche l'iodure par l'empois d'amidon et l'eau oxygénée. Les autres expériences ont été faites avec du ferrocyanure (20 centimètres cubes d'une solution saturée plus ou moins dilué^); le pyLore était obturé, comme il a été dit plus haut, avec un bouchon en caoutchouc ou avec une grosse éponge serrée avec de la ficelle et fixée à l'extrémité d'une bougie. Une