‹ Contributions à l'étude de la physiologie de l'estomacChapitre 18 sur 32 · Adrian, Eckhard's Bcitr. z. Anal. u. Physiol., NI, S · texte numérisé non relu

Adrian, Eckhard's Bcitr. z. Anal. u. Physiol., NI, S

4. Pfliiger, Ueber d. Hemmungsnervensystem f. d. peristaltischen Bewegungen der Gedârme, Berlin, 1857.

5. V. Braam-Houckgeest, Arch. f. die ges. Physiol, VI, S. 266, 1872, et VIII, S. 163, 1874.

6. Bastianelli, Atti délia reale Acad. di Med. di Borna, anno XV, vol. IV, ser. n, p. 65. — Moleschott's Untersuch. z. Naturlehre, XIV, 1, S. 59.

7. Hofmeister u. Schiïtz, Arch. f. exp. Path. u. Pharrnak, XX, S. 1, 1885.

8. Openchowski, Du Bois-Beyrnond's Archiv., 1889, S. 149. — Centralblatt f. Physiol., III, S. 1, 13 April 1889.

9. A von Knaut, Innervation des Magens. Inaug. Diss. Dorpat, 1886. — Centralbl. f. d. Med. Wissensch., 1888, n° 50, S. 930.

merait des filets moteurs et des filets dilatateurs pour le cardia, avec des filets moteurs pour les parois de l'estomac et pour le pylore. Les deux splanchniques fourniraient des filets moteurs au cardia; en outre, le sympathique thoraciq ne et le petit splanchnique renfermeraient des filets dilatateurs pour cette région de l'estomac. Les nerfs d'arrêt pour les parois stomacales sont contenus dans le sympathique et les splanchniques. D'après Openchowski et surtout Oser l, le sympathique et les splanchniques envoient des nerfs moteurs et inhibiteurs au pylore. Chez le lapin, les nerfs moteurs dominent dans les splanchniques; l'inverse a lieu chez le chien. Ces auteurs ont déterminé ensuite les centres nerveux d'où émanent ces différents rameaux; dans cette partie de leurs travaux je ne noterai que ce point curieux : le centre dilatateur du cardia (région moyenne du sillon crucial) est en même temps constricteur du pylore; les filets qui y prennent naissance passent par les nerfs vagues.

Bechterew et Mislawski 2 ont confirmé la plupart des résultats auxquels est arrivé Openchowski. Pour ces derniers auteurs, les splanchniques sont les nerfs modérateurs des mouvements du pylore; mais, en même temps, leur excitation provoque une contraction durable et faible de l'estomac.

En somme, on voit que les opinions varient sur le rôle du sympathique et des splanchniques, bien que généralement on les envisage comme des nerfs d'arrêt.

J'ai fait quelques expériences pour m'éclairer sur leurs fonctions. L'excitation des nerfs a été pratiquée avec des courants juste suffisants pour obtenir un effet, toujours très faibles, et sur des animaux récemment tués par hémorragie ou encore immobilisés par le curare et la section du bulbe. Comme il fallait s'y attendre, les résultats sont souvent peu satisfaisants. Je citerai pourtant deux de ces expériences :

23 novembre 1891. — Chien-mouton très vigoureux. On place une canule dans la trachée, on sectionne le bulbe et on pratique l'insufflation pulmonaire.

10. B. Hlasko, Beitruge zur Beziehung des Gehirns zum Magen.ln. Dis?ert. Dorpat, 1886. — Centralbl. f. d. Med. Wissensch., 1SSS, n° 50, S. 930.

11. Th. Dobbert, Beitrdge zur Innervation des Pylorus, In. Diss. Dorpat, 1886. — Centralbl. f. d. Med. Wissench., 1888, n° 50, S. 930.

1. L. Oser, Med. Jahrb. Wien., ISSi, S. 3S5. — Centralblatl f. die Med. Wissensch, Berlin, 18S4, n° 22, S. 449.

2. Bechterew et Mislawski, Neurol. Centralblatl, n° 6, S. 195, 1890.

L'abdomen est ouvert par une vaste incision cruciale. L'animal était à jeun depuis vingt-quatre heures. L'estomac et les intestins vides exécutent de faibles mouvements.

On met à nu le ganglion solaire droit, et on l'excite avec un courant à peine sensible au bout du doigt. La région pylorique se contracte en bloc à plusieurs reprises et les mouvements de la masse intestinale ne sont nullement suspendus.

L'excitation du grand splanchnique droit donne le même résultat. A ce moment, les phréniques, excités par la variation négative du cœur, font tressaillir le diaphragme à chaque pulsation cardiaque. Ces secousses provoquent des contractions de l'estomac troublant l'observation.

On ouvre la cage thoracique et on sectionne les deux phréniques, puis, quand tout est rentré dans le repos, on excite le ganglion solaire gauche. On observe une contraction du pylore et des mouvements dans la région pylorique de l'estomac.

L'excitation du sympathique thoracique produit le même effet.

Tous les mouvements observés dans cette expérience n'avaient pas l'intensité de ceux que détermine l'excitation du pneumogastrique pratiquée avec le même courant, comme je m'en suis assuré.

4 janvier '1892. — Chien-loup maigre, mais vigoureux. Canule dans la trachée. Section du bulbe. Respiration artificielle. Incision cruciale de l'abdomen.

On découvre le ganglion solaire droit, et on l'électrise avec des courants variant de 200 au maximum (divisions du grand chariot de Du Bois- Reymond). Toujours on observe de faibles mouvements dans la région pylorique.

On met à nu le pneumogastrique gauche, et on l'excite, en mettant la bobine secondaire à 200, à K00 et à 700. L'estomac exécute de superbes mouvements péristaltiques, tandis que la masse intestinale reste parfaitement immobile.

On excite alors le ganglion solaire droit avec l'extra-courant de la bobine primaire, et le pneumogastrique avec le courant de la bobine secondaire mise à 200.

En électrisant d'abord le ganglion d'une façon continue, puis, au bout de 15 secondes environ, le pneumogastrique pendant quelques secondes, l'excitation de ce dernier reste sans effet, et des mouvements obscurs s'observent seulement du côté du pylore comme si l'on excitait le ganglion solaire seul.

Si l'on excite d'abord le pneumogastrique, puis, cessant l'excitation, le ganglion solaire, les mouvements stomacaux sont peut-être un peu diminués, mais persistent fort nettement.

Ces expériences ont été répétées deux fois avec le même résultat.

On excite simultanément le pneumogastrique et le ganglion cœliaque. Mouvements péristaltiques fort nets.

On répète les expériences précédentes en électrisant le pneumogastrique,

la bobine secondaire étant placée aux divisions 500 et 700. Toujours on provoque d'intenses mouvements péristaltiques.

On recommence encore une série d'expériences en ramenant la bobine secondaire à 200 pour exciter le pneumogastrique. Cette fois l'excitation du pneumogastrique reste toujours effective i.

Ces expériences montrent que l'électrisation du plexus cœliaque ou des splanchniques peut déterminer des mouvements faibles clans la région de l'antre du pylore, et qu'elle peut empêcher l'excitation du pneumogastrique de produire son action motrice habituelle, si le courant excitant ce nerf est faible et de courte durée et si l'électrisation prolongée du ganglion cœliaque a débuté avant celle du vague. Le sympathique est en outre dans une faible mesure modérateur des mouvements provoqués par le pneumogastrique.

Il semble donc que chacun de ces deux nerfs sympathique et pneumogastrique, à des degrés d'intensité respectifs, agit différemment sur l'estomac suivant que ce viscère est au repos ou en mouvement, c'est-à-dire suivant l'état de réceptivité de l'organe.

L'estomac est-il en mouvement sous l'influence du pneumogastrique, le sympathique agit comme inhibiteur; l'estomac est-il au repos, le sympathique peut manifester son action motrice. Si l'estomac est en mouvement sous l'influence du sympathique, l'électrisation faible et de courte durée du pneumogastriqne est inefficace. Ainsi pourraient peut-être s'expliquer les divergences que l'on constate entre les résultats auxquels sont parvenus les différents expérimentateurs.

Section des deux pneumogastriques. — Nous allons étudier maintenant l'effet produit sur la physiologie générale de l'estomac par la section des deux pneumogastriques.

L'historique de cette question est traité d'une façon complète dans le Handbuch de Hermann (t. V, lrc partie, p. 116 et suiv.). Je vais le tracer en quelques mots, en y ajoutant les recherches récentes.

Je diviserai tout d'abord les travaux en deux catégories : ceux où la section des pneumogastriques a été pratiquée sous le diaphragme, et ceux où cette opération a été faite au cou.

Dans la première catégorie, il faut éliminer les expériences de

1. J'ai tenté d'inscrire les mouvements du pylore dans des expériences analogues; mais j'ai dû y renoncer, l'introduction d'une ampoule sphygmographique par le duodénum provoquant des mouvements continus dans l'antre du pylore; les phénomènes observés dans ce cas n'avaient aucune netteté et perdaient toute signification.

Pincus \ dont les animaux sont morts en peu de temps et qui aurait observé la sécrétion d'un suc alcalin inapte à la digestion. Kritzler 2, Schiff 3 et récemment. Duron 4, ont observé dans ces conditions la sécrétion d'un suc acide permettant aux animaux opérés d'effectuer leur digestion stomacale 5. Pour Schiff, l'opération ainsi pratiquée n'amène aucun trouble du côté de l'estomac, dont les mouvements ne sont pas abolis et dont la sécrétion reste normale. Seule la sensibilité est abolie. Duron confirme ces observations. Cependant il constate une diminution de la pepsine renfermée clans la muqueuse stomacale.

Toutes ces expériences sont sujettes à une même critique. La section des pneumogastriques sous le diaphragme, même pratiquée comme le conseille Schiff, en incisant circulairement la gaine celluleuse péri-œsophagienne, n'est pas une section complète. Plusieurs filets sous-muqueux sont épargnés; Schiff le remarque lui-même; mais, dit-il, ces nerfs sont destinés uniquement à l'œsophage et ne pénètrent pas jusqu'aux parois stomacales. Cela est bien difficile à constater et n'est nullement démontré.

Dans les expériences où la section est pratiquée au cou et par suite est complète, les résultats observés sont différents. Tous les auteurs s'accordent sur ces points : les mouvements de' l'estomac sont notablement diminués, et la digestion stomacale est plus ou moins troublée.

Pour les uns (Frerichs 6, Cl. Bernard 7, Lussana 8), le suc gas-

1. Pincus, Expérimenta de vi nervi vagi et sympathici. Inaug. Diss. Breslau, 1856.

2. Kritzler, Ueber den Einfluss des N. vagus auf die Beschaffenheit der Sécrétion dcr Magendrùsen. Giessen, 1860.

3. Schiff, Leçons sur la physiologie de la digestion, Florence, 1867, t. Ii, p. 336 et suiv.

4. E. Duron, Influence de la section sous-diaphragmatique des nerfs pneumogastriques sur la digestion stomacale, Thèse de Nancy, 1890.

5. Magendie (Précis élém. de physiol., Paris, 1833, p. 103 et suiv.) a pratiqué la section des pneumogastriques dans le thorax, et la digestion n'était pas entravée. Il cite des expériences de Wilson Philipp, où, par la faradisation de l'estomac, on réveillait les facultés digestives après la vagotomie.

6. Frerichs, Art. Verdauung in Wagner's Handivôrterbuch, 1846.

7. Claude Bernard, Leçons sur la physiol. et la pathol. du système nerveux, II, p. 417 et suiv. Paris, 1858. — Physiologie opératoire, p. 552 et suiv. Paris, 1879.

8. Dans des recherches sur la sécrétion biliaire, Pli. Lussana (Riv. di clinica med. e farmac, I, p. 455, Arch. ital. de Diol., V, 1884, p. 26) constata sur un chien, qui survécut vingt-quatre jours à la double vagotomie, que les matières vomies, et les résidus alimentaires trouvés dans l'estomac à l'examen nécroscopique, ne présentèrent jamais la moindre acidité; et l'auteur en conclut que la sécrétion de l'acide gastrique dépend particulièrement des nerfs vagues.

trique est profondément altéré. Il est alcalin et ne peut agir sur les aliments qui se putréfient. Cl. Bernard considère le pneumogastrique comme le nerf moteur des glandes de l'estomac; c'est l'analogue de la corde du tympan pour la glande sous-maxillaire (Phys. opér., p. 573); la section fait pâlir la muqueuse gastrique et la sécrétion cesse; lorsqu'il trouve un suc acide dans l'estomac des animaux opérés, il attribue la présence de cet acide à la fermentation lactique subie par les aliments. Cependant il a conservé pendant dix-sept jours un chien ayant subi la double vagotomie et il reconnaît que sur cet animal les fonctions digestives de l'estomac s'étaient en partie rétablies l.

Pour d'autres (Breschet et Mime Edwards 2, J. Mûller 3, Longet4, Bouchardat et Sandras 5, etc.), la digestion stomacale est considérablement ralentie par l'abolition plus ou moins grande des mouvements de l'estomac. La sécrétion du suc gastrique se fait à peu près normalement, quoique en quantité moindre que sur un animal intact. D'après Miiller et Dieckhoff, l'acidité du suc gastrique serait aussi diminuée (Expér. faites sur des oies).

Enfin pour Bidder et Schmidt G, Panum 7, la sécrétion du suc gastrique est indirectement troublée par l'état d'inanition aqueuse dans lequel l'opération place l'animal en expérience, qui, en général, ne pourrait plus ni boire ni manger. L'injection d'eau dans l'estomac par une fistule provoquerait après résorption la sécrétion abondante d'un suc normal. Cette dernière hypothèse n'a pas grand fondement, car bien des chiens boivent beaucoup et mangent après avoir subi la section des deux vagues.

A ces troubles moteurs et sécrétoires de l'estomac viendraient encore s'ajouter des troubles de l'absorption gastrique. L'absorption stomacale est diminuée, d'après les observations de Dupuy d'Alfort et de Bouley 8. Cl. Bernard (Leçons, etc.. p. 429) aurait remarqué que les chiens à pneumogastriques coupés s'empoisonneraient plus.

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