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Peiper, Zeitschr. f. Klin. Med., XVII, S

employé pour désinfecter le champ opératoire. J'avais évité cette cause d'erreur, et d'ailleurs Luslig n'y était pas tombé, mais on sait par les travaux de Markownikoff l et de Jaksch 2 que l'acétone apparaît dans l'urine, au cours de plusieurs maladies : diabète, pleurésie, pneumothorax, etc. Cette apparition de l'acétone ou plutôt cette exagération de la production journalière d'acétone pouvait être en quelque sorte un épiphénomène se présentant toutes les fois que l'on pratique un traumatisme plus ou moins grave.

Lustig a en effet vu apparaître ce corps dans l'urine à la suite de diverses opérations intéressant le système nerveux : lésions du sympathique abdominal, du sympathique thoracique, du cervelet, du cerveau, etc. Moi-même je l'ai vu apparaître pendant 4 jours dans l'urine d'un chien ayant subi la section sous-diaphragmatique des vagues, pendant trois jours dans l'urine d'une femme opérée d'une salpingite. Enfin pendant plus de deux semaines, j'ai obtenu un précipité iodoformique très abondant en analysant l'urine d'une chienne qui avait reçu à huit jours d'intervalle, dans la cavité péritonéale, deux injections de 45 grammes chacune d'une solution de nitrate d'argent à 1 p. 300.

Devant ces faits, il me semble que l'on peut dire que l'apparition de l'acétone dans l'urine après l'extirpation du plexus cœliaque n'a rien de spécifique. Ce corps se produit dans l'organisme de tout animal auquel on fait subir une lésion grave ; peut-être même seraitce la conséquence d'une inflammation ou d'une infection microbienne résultant d'une asepsie insuffisante pendant l'opération. En effet, j'ai vainement cherché plusieurs fois l'acétone dans l'urine du jeune chien auquel j'avais lié les vaisseaux de l'estomac en opérant sans le secours du garçon du laboratoire.

Quoi qu'il en soit, j'avais alors constaté, avec Lustig et Oddi, dans l'urine des chiens ayant subi la destruction du plexus cœliaque la présence d'un corps donnant abondamment le précipité iodoformique. Mais ce corps était-il bien l'acétone ordinaire? L'alcool, différents éthers, l'acide éthyldiacétique, différentes acétones ou aldéhydes, corps tous volatils et distillables, peuvent donner la réaction de Lieben.

1. Markownikoff, Deutsch. chem. Gesellsch., VIII, S. 1683, u. IX, S. 1604.

2. Jaksch, Zeitschr, f.phys. Ch., IV, 1883. — Zeitschr. f. Min. Med., VIII, 18S4, u. X, 1886.

Viola1, du reste, nie que le corps en question, qu'il ne trouve du reste que dans l'urine normale, soit de l'acétone, parce que, dit-il, ce corps ne donne pas la réaction de Reynold 2, et ne donne qu'incomplètement celle de Légal.

On peut répondre aux affirmations de Viola que la réaction de Reynold est insuffisante lorsque l'acétone est en faible quantité dans une liqueur, comme l'ont constaté Strache 3 et Jolies *. Quant à la réaction de Légal, c'est une réaction colorée qui a déjà été fortement critiquée et qui n'est nullement caractéristique de l'acétone. Des urines qui ne donnent pas la réaction de Lieben donnent celle de Légal qui, du reste, comme l'a montré Jaksch, réussit bien avec le paracrésol, corps que l'on trouve souvent dans l'urine.

Pour m'éclairer à ce sujet, j'ai fait les recherches suivantes avec l'urine de la chienne citée plus haut, qui avait reçu des injections de nitrate d'argent dans la cavité abdominale :

1° On sature l'urine de bisulfite de soude, et on distille. Le produit distillé ne donne pas la réaction de Lieben. On ajoute au résidu delà distillation une lessive de soude en excès et on continue la distillation interrompue. Le produit passant à la distillation donne la réaction de Lieben.

Le corps qui se trouve dans l'urine est donc une aldéhyde ou une acétone puisqu'il se combine au bisulfite de soude.

Réaction de vérification : Ce corps se combine à la pliénylhydrazine en donnant une hydrazone qui ne réduit pas la liqueur de Fehling (Fischer 5). On titre une solution de chlorhydrate de pliénylhydrazine par la liqueur de Fehling; on répète l'opération sur le même volume de la même solution de chlorhydrate de pliénylhydrazine additionnée d'urine distillée. Le titre a diminué.

2° Le corps en question (urine distillée) ne réduit pas à froid les sels d'argent même au bout de vingt-quatre heures. Il est donc probable que ce n'est pas une aldéhyde.

Les aldéhydes, comme l'a montré Hugo Schiff G, sont détruites par l'aniline il s'élimine de l'eau et il se forme une diammine diphénylique, suivant l'équation :

' 2C,HS

2CJL0 + 2NII,C6H5 = 211,0 + N2

1. Viola, Alli dclï Acad. medico-chirurg. di Perugia, III, 1891.

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