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CONCLUSIONS

Voici en quelques mots les principaux résultats auxquels nous ont conduit ces recherches ; quelques-uns ne sont pas entièrement neufs, mais alors nous en avons donné une démonstration nouvelle ou nous* avons tranché des questions controversées.

Chapitre I. — L'acide principal du suc gastrique, chez les mammifères et les batraciens, est l'acide chlorhydrique, comme il est aisé de le démontrer en préparant son sel de cobalt.

Le suc gastrique du chien ne renferme jamais d'acide chlorhydrique libre, en dehors des cas pathologiques.

Il y a toujours des traces d'acide lactique dans le suc gastrique du chien, même absolument pur et exempt d'aliments.

Quoique faiblement combiné, l'acide chlorhydrique du suc gastrique est capable, avec le temps, de déplacer partiellement des acides énergiques, vis-à-vis des bases alcalines. Nous l'avons démontré par l'acide nitrique.

La muqueuse stomacale peut sécréter un acide différent de l'acide chlorhydrique si l'on sature l'organisme d'un sel autre que le chlorure de sodium.

Dans le cas de la digestion de l'albumine coagulée, la parapeptone de Meissner est identique à la syntonine de l'œuf.

La propeptone est bien une individualité réelle et ne peut être considérée comme un mélange ou une combinaison de syntonine et de peptones.

En déshydratant de la peptone pure, on peut obtenir des traces de propeptone.

Il est fort difficile, sinon impossible, de transformer totalement dans une digestion in vitro la propeptone en peptone. Une des causes principales de la difficulté de cette transformation est due à

ce fait que la pepsine est affaiblie et gênée dans son activité, par l'acidité du milieu où Ton est obligé de la placer pour qu'elle puisse peptoniseries albuminoïdes.

La propeptone résiste à trois jours de congélation, tandis que la pepsine en infusion acide est presque totalement détruite par ce froid prolongé.

La pepsine transforme totalement l'albumine coagulée en syntonine, la syntonine en propeptone, et enfin la propeptone presque complètement en peptone .

L'antialbumose de Kùhne et Chiltenden n'existe pas dans les digestions artificielles. Ce corps est une production artificielle, c'est de la syntonine modifiée par les précipitations successives que nécessite sa préparation, et rendue ainsi plus ou moins réfractaire à l'action ultérieure du suc gastrique.

Chapitre II. — Contrairement aux recherches de H. von Swieciçki, les glandes stomacales delà grenouille, tout en sécrétant des acides, fabriquent aussi des ferments digestifs.

La pepsine sécrétée par les glandes œsophagiennes de la grenouille est plus abondante ou plus active que la pepsine stomacale.

Les glandes œsophagiennes de la grenouille présentent des croissants de Gianuzzi.

La sécrétion pylorique du chien, recueillie par un procédé différent de celui qui a été employé par Klemensiewicz et Heidenhain, est acide.

Les glandes gastriques des chats nouveau-nés renferment des cellules principales, alors qu'elles ne sécrètent pas encore de pepsine. Le développement des cellules principales paraît être en rapport avec la quantité du suc gastrique sécrété.

Tous ces faits montrent que la production des acides ne saurait être localisée dans les cellules de bordure, pas plus que celle des ferments dans les cellules principales, et il me semble nécessaire de modifier comme il suit la théorie de Heidenhain :

Toutes les cellules des glandes de l'estomac concourent à l'élaboration du produit donnant naissance aux acides du suc gastrique; les cellules principales sécrètent les éléments liquides de ce suc et renferment de la propepsine soluble; les cellules de bordure fabriquent surtout de la propepsine insoluble.

Chapitre III. — Je n'ai trouvé ni chymosine ni ferment saccharifiant l'amidon dans la muqueuse œsophagienne et dans la muqueuse stomacale de la grenouille.

En réduisant la circulation stomacale chez la grenouille, on peut rendre la sécrétion gastrique alcaline. Un fait semblable peut s'observer sur la femelle, lorsque, pendant la gestation, la circulation stomacale est réduite au profit de celle de l'ovaire hypertrophié.

Il n'en est pas de môme si l'on réduit la circulation sanguine en salant un individu, parce qu'alors on fournit aux glandes stomacales le chlorure de sodium nécessaire pour l'élaboration de l'acide chlorhydrique.

La réduction de la circulation sanguine chez le chien donne des résultats analogues : alcalinité du suc ou diminution de son acidité, et sécrétion abondante de mucus.

La région pylorique de l'estomac est plus sensible que la région du fundus. Ce fait a été aussi constaté sur l'homme. Par suite de cette sensibilité, grande chez le chien, les corps étrangers séjournent longtemps dans l'estomac, et tout ce qui sort de ce viscère pour passer dans le duodénum doit être liquéfié ou porphyrisé.

L'estomac résiste à l'autodigestion parce que les parois de cet organe, même après la mort, fixent la pepsine avec très peu d'affinité; par suite, les petites quantités de ferment qui peuvent imprégner la muqueuse vivante sont aussitôt balayées par la circulation sanguine.

La cravate de Suisse ne joue aucun rôle dans la déglutition des liquides.

L'estomac du chien absorbe avec une énergie assez considérable. Du ferrocyanure de potassium placé dans l'estomac apparaît dans l'urine au bout de 35 ou 40 minutes.

Chapitre IV (Batraciens). — Le nerf pneumogastrique est, chez les Batraciens, le nerf coordinateur des mouvements de l'intestin antérieur. Il renferme des filets moteurs commandant surtout aux fibres longitudinales, et aux sphincters cardiaque et pylorique. Il renferme en outre des filets inhibiteurs pouvant suspendre les mouvements réflexes de l'estomac.

Le sympathique fournit aussi, chez la grenouille, des filets moteurs à l'estomac. Son action est limitée à l'estomac, et elle s'exerce spécialement sur les fibres circulaires.

Le pneumogastrique fournit à l'estomac des filets vaso-dilatateurs et vaso-constricteurs.

Le sympathique agit principalement comme vaso-constricteur sur la circulation stomacale.

Le pneumogastrique exerce, chez la grenouille, une influence excitante sur toutes les sécrétions gastriques, la sécrétion du mucus prédominant à tel point qu'elle peut masquer, par son alcalinité, la sécrétion acide.

Le plexus cœliaque paraît sans effet sur les sécrétions. Il agirait plutôt comme inhibiteur; par suite :

Le nerf vague et le sympathique, l'un par son action excitante, l'autre par son action inhibitrice, constituent dans leur ensemble un appareil régulateur des sécrétions des glandes gastriques.

Le centre du réflexe présidant à la sécrétion des glandes gastriques se trouve dans les plexus nerveux intra-stomacaux.

Des lésions des lobes optiques et de la moelle allongée déterminent un catarrhe temporaire de l'estomac, avec une paralysie plus ou moins considérable de la tunique musculaire entraînant la dilatation de l'organe. Ces effets produits sur l'estomac cessent en quelques jours.

Chapitre V (Mammifères). — A des degrés d'intensité respectivement différents, chacun des deux nerfs pneumogastrique et sympathique agit différemment sur les mouvements de l'estomac, suivant l'état de réceptivité de l'organe. Ils tendent à provoquer un état de repos ou de mouvement suivant que, lors de l'excitation nerveuse, le ventricule se trouve lui-même en état de mouvement ou de repos.

Après la section des deux pneumogastriques au cou, on constate du côté de l'estomac les désordres suivants :

1° La tunique musculeuse a perdu de sa tonicité, et les mouvements de l'estomac sont notablement diminués ;

2° Le suc gastrique est sécrété en très faible quantité et d'une façon presque continue ;

3° Le suc gastrique est altéré dans sa composition. Il paraît renfermer des sels d'ammoniaques composées ;

4° La bile reflue fréquemment et en abondance dans l'estomac, en quantité suffisante pour neutraliser le suc gastrique peu abondant;

5° Il y a des troubles vaso-moteurs que la coloration variable de la muqueuse met en évidence.

En revanche, l'absorption ne semble pas entravée, et la sensibilité n'est pas totalement abolie, au moins dans la région pylorique.

La propepsine s'accumule toujours dans la muqueuse gastrique. Quant à la sécrétion du mucus, elle paraît exagérée.

Ces troubles se présentent aussi, mais à un degré moindre, sauf peut-être pour la diminution de la sécrétion gastrique et les désordres vaso-moteurs, lorsque la vagotomie a été pratiquée sous le diaphragme.

L'excitation électrique du pneumogastrique montre, en outre, que ce nerf fournit des filets sécrétoires et vaso-dilatateurs à l'estomac.

L'extirpation du plexus cœliaque ou son excitation électrique paraît ne pas avoir grande influence sur l'état de l'estomac et sur ses fonctions. Quand on observe des troubles, ils sont passagers, et sont probablement l'effet direct du traumatisme et non de la destruction de ces ganglions du sympathique.

Lorsqu'on pratique celte opération, il apparaît fréquemment dans l'urine une acétone, comme l'a annoncé Lustig. Mais comme le fait n'est pas constant, comme, d'autre part, l'acétone apparaît dans les urines au cours d'une foule de maladies, je crois devoir rejeter encore ce désordre organique sur l'opération elle-même exécutée avec une asepsie insuffisante, probablement.

L'énervation de l'estomac, pratiquée aussi complètement que possible, ne détermine pas des troubles plus considérables sur la digestion gastrique que ne l'aurait fait la section sous-diaphragmatique des pneumogastriques.

Cette opération, comme la section des vagues dans l'abdomen, ne détermine pas la mort à bref délai de l'individu qui l'a subie.

On voit donc que, chez les Mammifères comme chez les Batraciens, les centres nerveux commandant par voie réflexe à la sécrétion du suc gastrique se trouvent dans les plexus myentériques. Mais chez les Mammifères, la sécrétion stomacale est loin d'avoir la même indépendance que chez les Batraciens vis-à-vis du nerf pneumogastrique.

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