‹ Contributions à l'étude de la physiologie de l'estomacChapitre 27 sur 32 · ADDENDA · texte numérisé non relu

ADDENDA

M. Henry de Varigny et moi avons eu l'occasion d'observer quelque temps, au laboratoire de M. le professeur Richet, un homme porteur d'une fistule gastrique. Ce sujet, nommé Lemarchand, âgé de cinquante-huit ans et alcoolique invétéré, avait été opéré par M. le chirurgien Le Bec à la suite d'un rétrécissement du cardia ayant déterminé la formation d'une poche œsophagienne et ne permettant plus que le passage d'aliments semi-liquides.

L'estomac de ce malade était en fort mauvais état. La muqueuse, constamment rouge et congestionnée, présentait des replis volumineux. Le suc gastrique était sécrété en très faible quantité et peu acide; la bile refluait à tout moment dans l'estomac. La viande, même crue «ai hachée, n'était pas digérée après un séjour de cinq heures dans ce viscère. Il en était de même à plus forte raison pour l'albumine coagulée. Au sortir de l'estomac, après y être restée plusieurs heures, la viande, placée dans de l'acide chlorhydrique à 1 p. 1000, se dissolvait imparfaitement en vingt-quatre heures à l'étuve à 38°.

Nous avons vainement tenté de rétablir la sécrétion du suc gastrique normal en faisant administrer à ce sujet, une heure avant les repas, des lavements de 300 grammes de bouillon de bœuf. Bien entendu, nous ne voulons rien conclure de ces essais infructueux, répétés d'ailleurs un petit nombre de fois, contre la théorie des peptogènes de M. Schiff.

Ce malade nous a paru présenter les symptômes d'une altération des rameaux gastriques des nerfs vagues.

Nous avons fait quelques observations relatives à la sensibilité de l'estomac et à la déglutition des boissons. Elles sont relatées dans le précédent mémoire.

Nous avons mesuré, à deux reprises, la température de l'estomac immédiatement après l'extraction de viande non digérée, introduite quatre heures environ auparavant. Nous avons trouvé la première fois, 38°, 6 dans le grand cul-de-sac, et 38°, 3 dans la région pylorique; la deuxième fois, 38°, 5 dans le grand cul-de-sac, et 38°, 6 dans le petit.

Enfin, nous avons inscrit les mouvements de l'estomac vide d'aliments en introduisant dans le grand cul-de-sac et dans l'antre du pylore deux ampoules de caoutchouc en doigt de gant, remplies par des éponges humides et très élastiques. Elles étaient fixées à l'extrémité de sondes en gomme et reliées directement à des tambours de Marey.

Les tracés ci-joints montrent les résultats que nous avons obtenus. L'ampoule placée dans la région cardiaque inscrit en même temps la respiration et les battements du cœur, et les mouvements de l'estomac se traduisent par les oscillations du tracé, qu'une ligne horizontale rend très appréciables. L'ampoule pylorique donne un tracé presque rectiligne; tracé qui ne présente des accidents que lorsque le sujet parle, tousse, ou que la bile reflue dans l'estomac. Il est à remarquer que chaque compression de l'ampoule de la région pylorique est suivie d'un relâchement, ce qui n'a pas lieu dans la région cardiaque. Ce résultat est dû en partie, sinon en totalité, à une fuite du tambour inscrivant les mouvements du pylore.

Les légendes accompagnant les tracés nous dispensent de plus amples détails.

Le tracé original, réduit à l'imprimerie, présente 13 centimètres de large. Le cylindre de Marey fait un tour complet en une demi-heure (14 juin 1892).

A. Tracé de l'ampoule placée dans la région cardiaque. L'allure générale du tracé est due aux mouvements fort lents de l'estomac. Les grandes oscillations sont dues à la respiration; de petites oscillations visibles à la loupe surtout pendant les expirations, beaucoup plus nettes sur l'original, sont, dues aux battements du cœur.

B. Tracé de l'ampoule placée dans la région pylorique. Le tambour fuit un peu.

a. Réponses (oui ou non) du sujet à des questions qu'on lui pose.

b. Reflux de bile dans l'estomac, déterminant des mouvements dans la région pylorique. t. Toux.

Tracé réduit comme le précédent. Le cylindre fait un tour en un quart d'heure '14 juin 1892).

A et B. Comme pour le précédent tracé. C. Le sujet compte à haute voix.

Mouvements respiratoires inscrits par une ampoule volumineuse placée dans la région cardiaque. Petite vitesse du cylindre de Marey (11 juin 1392).

Tracé pris dans les mêmes conditions que le précédent. Variations respiratoires pendant que le sujet compte à haute voix.

TNDEX

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