P.. Heidenhain, Arch. f. mikr. Anat., VI, S
5. Nussbaum, Arch. f. mikr. Anat., XIII, S. 723, 1877; XV, S. 119, 1878; XVI, S. 532, 1879.
G. Edinger, Arch. f. mikr. Anat., XVII, S. 193, 1879.
7. GriJtzner, Arch. f. die ges. Phys., XVI, S. 105, 1878; XX, S. 395, 1879.
S. Partsch, Arch. f. mikr. Anat., XIV, S. 199, 1877.
plupart de ses expériences ont été faites sur la Grenouille. Il trouve de la pepsine en abondance dans les glandes œsophagiennes de cet animal, etles faibles quantités de ferment que ses digestions artificielles révèlent dans la muqueuse de l'estomac, proviennent, dans son opinion, des glandes de l'œsophage, ont été entraînées par déglutition et imbibent la muqueuse gastrique. Cette imbibition est peu vraisemblable. Ebstein et Griïtzner l ont fait justice de cette théorie de l'infiltration des muqueuses vivantes par la pepsine lorsque von Wittich, Wassmann et Herrendôrfer2 prétendaient que la pepsine contenue dans la muqueuse de l'antre du pylore provenait du fond de l'estomac.
Du reste, la muqueuse du sac gauche de l'estomac, prélevée sur un Rat en pleine digestion, et dont la totalité du ventricule est remplie de suc gastrique, fournit après lavage préalable et infusion dans de l'acide chlorhydrique à 1 p. 1000, une liqueur absolument inactive, comme nous l'avons constaté. L'albumine se gonfle un peu aux angles, mais ne se dissout pas. De l'infusion acidulée de muscle ou de tout autre tissu de l'organisme produirait le même résultat. Pourtant cette muqueuse est largement baignée parle suc gastrique sécrété exclusivement par le sac droit, et elle ne s'est point imprégnée de pepsine.
Récemment, les expériences de Swieciçki ont été combattues en Allemagne par S. Frânkel 3. Lorsque j'ai eu connaissance de ce travail, j'avais déjà, dans une note à l'Académie des Sciences 4, attaqué les résultats auxquels était arrivé Swieciçki. Le travail de Frânkel est antérieur au mien, mais ses conclusions diffèrent en quelques points des miennes. Il prétend notamment que les glandes de l'œsophage renferment autant de pepsinogène et de pepsine que celles de l'estomac. Ce quia dû contribuer à l'induire en erreur sur ce dernier point, c'est qu'il a exécuté ses digestions artificielles avec la fibrine, substance dont la digestibilité est très grande, et dont j'ai cru devoir rejeter systématiquement l'emploi pour faire l'essai d'une liqueur digestive 3. Des liquides agissant à peine sur l'albu-
1. Ebstein et Grùtzner, Arch. f. die ges. Plvjs., VI, 1872; VIII, 1874.
2. Von Wittich, Wassmann et Herrendôrfer, cités dans Hermann, Handbuch dcr Phjsiol., Bjnd V, Theil I, S. 131 u. folg., et dans le travail précédent.
3. S. Frânkel, Pflilger's Arch. f. d. ges. Phys. Bd XLVIII, S. 63.
4. Ch. Contejean, Comptes rendus de l'Acad. des Se., 27 avril 1891.
5. Les expériences de Frânkel ont été violemment attaquées par Griïtzner et von Swieciçki in Pftuqer's Archiv., XLIX, S. 638, 1892. — Frânkel a défendu sou travail dans le° Bd L, S. 293.
mine coagulée liquéfient souvent très bien la fibrine, comme on sait du reste.
Voici les expériences que j'ai exécutées dans le but de contrôler les faits avancés par Swieciçki.
Expérience I. — Sur une série de grenouilles, l'œsophage est ligaturé au-dessus du cardia. Le cul-de-sac œsophagien ainsi formé est lavé à plusieurs reprises par des injections d'eau salée pratiquées par la bouche. Les jours suivants, on s'assure que la sécrétion de l'œsophage est bien alcaline au tournesol. Additionnée d'acide au millième, cette sécrétion, très riche en mucus, dissout l'albumine. De la viande ou de l'albumine introduite dans ces culs-dc-sac œsophagiens y reste indéfiniment sans se digérer, mais se dissout complètement si on la place ensuite dans de l'acide chlorhydrique au millième. Après avoir précipité dans les liqueurs ainsi obtenues les matières albuminoïdes autres que les pepsines par la méthode de Hofmeister i, et, après filtration, la présence des peptones a été constatée par différentes réactions (réaction de Millon, réaction du biuret, réaction xanthoprotéique). Si la viande avait été préalablement imbibée d'acide à 1 p. 100, elle se dissolvait totalement dans l'œsophage en un ou deux jours. Les bouches des grenouilles ayant servi à ces dernières expériences, avaient été cousues, pour empêcher le vomissement possible.
Cette série d'expériences démontre surabondamment que, comme l'avait annoncé Swieciçki, la sécrétion œsophagienne de la grenouille est alcaline et renferme de la pepsine.
Expérience II. — Sur une nouvelle série de grenouilles, on lave l'estomac, en injectant lentement 200 gr. d'eau salée à 7 p. 1000 par une canule liée sur le pylore; le liquide en excès s'écoule par la bouche. On constate ensuite qu'un papier de tournesol bleu ne rougit plus au contact de la muqueuse stomacale. Le lavage a donc été bien parfait, et toute pepsine provenant de l'œsophage a été balayée. On place alors une ligature serrée en-dessous du cardia; on introduit, par l'orifice pylorique, un morceau de viande ou d'albumine coagulée, et on lie le pylore. Quatre ou cinq jours après, la digestion est complète; l'estomac, qui ne contient pas de gaz, est distendu par un liquide acide, limpide, et ne répandant aucune odeur de putréfaction.
Expérience 111. — Enfin, j'ai préparé une troisième série de grenouilles traitées comme celles de la deuxième série: seulement je fixais sur l'orifice pylorique un petit tube de verre. Le duodénum lié et le pylore étaient ensuite
1. On ajoute à la digestion quelques gouttes d'acétate de soude, puis de perchlorure de fer. On verse une lessive de potasse jusqu'à presque neutralisation; on fait bouillir 10 minutes, et on liltre. Le filtrat doit être exempt de fer (ferrocyanure de potassium). Voir Franz Hofmeistei', Zeitschrift f. physiol. Cliemie, IV, S. 26i, 1880.
assujettis aux lèvres de la plaie par les fils de suture. L'incision avait été faite sur le côté dorsal du flanc gauche, à quelques millimètres des apophyses costifbrmes. Le suc recueilli par ces fistules sur ces animaux ainsi apprêtés était acide, et dissolvait l'albumine; donc il contenait parfaitement de la pepsine.
Ces deux dernières séries d'expériences montrent que, contrairement à l'opinion courante, les glandes stomacales, tout en sécrétant des acides, fabriquent aussi des ferments digestifs.
Des digestions artificielles exécutées en grand nombre avec des muqueuses œsophagiennes et gastriques de grenouille m'ont montré que, en général, la pepsine œsophagienne est plus abondante que la pepsine stomacale. J'ai cherché à établir le rapport des quantités de pepsine élaborées dans l'œsophage et dans l'estomac, et à déterminer leur mode d'action sur les matières albuminoïdes. Je citerai une expérience entre toutes :
La partie antérieure du tube digestif d'une grenouille à jeun depuis plusieurs mois est fendue longitudinalement et étalée avec des épingles sur une planchette de liège. Elle est placée sous un robinet d'eau pendant un quart d'heure au moins, puis la zone cardiaque est réséquée.
L'œsophage et l'estomac sont placés séparément dans deux flacons d'Erlenmeyer, contenant chacun 10 cent, cubes d'acide chlorhydriquc à 1 p. 10OO. Après un séjour de dix-huit heures dans Fétuve à 30°, 90 cent, cubes d'eau acidulée à 1 pour 1000 et un morceau d'albumine coagulée pesant 3 gr. 5 environ, sont ajoutés à chacun des flacons. Vingt-quatre heures après, les flacons sont retirés de Fétuve. La digestion est plus avancée dans celui qui contient l'extrait œsophagien. Les deux liqueurs filtrées sont très limpides; neutralisées exactement, elles présentent une légère opalescence; elles sont ensuite saturées de chlorure de sodium et portées à l'ébullition ; il se forme de part et d'autre un précipité de syntonine que l'on sépare sur des filtres tarés. Ces précipités sont lavés, sèches à Fétuve et pesés. On trouve ainsi entre les poids de syntonine fabriqués par !a digestion
stomacale et la digestion œsophagienne le rapport v— -.
Les liqueurs filtrées et limpides sont divisées en deux portions égales. Les premières portions ne l'ont que louchir très légèrement quand on y ajoute de l'acide acétique, et du ferrocyanure de potassium. Comme des solutions de syntonine de l'œuf dans de l'acide chlorhydriquc dilué, neutralisées et saturées de sel marin, donnent souvent le môme trouble avec ces réactifs, j'en avais conclu tout d'abord à l'absence totale de propeptone dans ces digestions. En me servant ensuite d'acide nitrique pour la recherche de ce produit de digestion, j'ai pu me convaincre qu'il y existait à l'état de traces, en quantités bien moindres que lorsqu'on fait agir sur l'albumine de la pepsine de Mammifère.
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Dans les deuxièmes portions, on dose les matières organiques par le permanganate de potasse à 1 p. 100. On retranche des nombres obtenus le nombre fourni par le dosage des matières organiques dans un même volume de liquide provenant d'un flacon témoin contenant primitivement 2 gr. 5 d'albumine coagulée clans 100 centimètres cubes d'eau acidulée, mis vingt-quatre heures à l'étuve, et ayant subi les mêmes manipulations que les digestions artificielles. Les nombres ainsi corrigés sont proportionnels aux quantités de peptones produites dans ces digestions l. On trouve ainsi entre les chiffres obtenus pour l'estomac et pour l'œsophage le rapport ;r— y D'autres expériences ont fourni un rapport encore plus voisin de l'unité.
En résumé, cette expérience montre : 1° que la pepsine sécrétée par l'œsophage est plus abondante ou plus active que celle de l'estomac. On voit en outre que la prédominance d'action de la pepsine œsophagienne sur la pepsine stomacale se traduit surtout par la plus grande quantité de syntonine qu'elle produit; probablement, parce que la vitesse de transformation de l'albumine en syntonine sous l'influence du suc gastrique est plus grande que la vitesse de transformation de la syntonine en peptone.
J'ai encore conslaté celte prédominance d'activité de la pepsine œsophagienne, en faisant digérer pendant huit jours la même quantité d'albumine à des extraits œsophagiens et stomacaux fortement acidulés (3 à 5 grammes de \^ p. 1000). S'il restait un excès d'albumine non digérée, il était toujours plus volumineux clans les digestions faites avec les infusions d'estomac. Si, de part et d'autre, la totalité de l'albumine était liquéfiée, l'addition de la même quantité d'acide nitrique dans les deux liqueurs neulralisées et salées déterminait un trouble toujours plus considérable (propeptone) dans les digestions stomacales.
1. Voici comment j'ai effectué ces dosages : La solution de peptone à essayer est légèrement acidulée par l'acide chlortrydrique ; elle est maintenue dans un bain-marie à la température de 100°; on y laisse tomber goutte à goulte d'une burette de Mohr, la solution de permanganate de potasse au centième, et l'on s'arrête quand on voit une couleur violette apparaître et persister au moins pendant une dizaine de minutes. En opérant dans ces conditions, je me suis assuré par un grand nombre d'expériences préalables, faites avec des solutions de peptones commerciales, que les chiffres lus sur la burette, diminués des divisions nécessaires pour produire la teinte finale sur un volume d'eau pure égal au volume de la liqueur essayée, étaient toujours proportionnels aux quantités de peptones contenues dans les liqueurs à doser. Le permanganate à la température de 100° oxyde donc les peptones en donnant presque toujours les mêmes produits; et, si complexes que soient les réactions, elles n'en sont pas moins suffisamment comparables pour permettre de doser ces albuminoïdes par ce procédé. Il est même très sensible, bien qu'on soit un peu gêné dans l'appréciation de la teinte finale par un abondant précipité noir de peroxyde de manganèse.
Pourtant je crois devoir faire la remarque que, chez Rana Temporaria, espgce que j'ai surtout employée pour toutes ces expériences, il m'est arrivé quelquefois de trouver exceptionnellement autant de pepsine dans la muqueuse de l'estomac que dans celle de l'œsophage. Jamais je n'ai observé ce fait chez R. Esculenta, où l'importance de la sécrétion œsophagienne sur la sécrétion stomacale au point de vue de la pepsine est encore plus marquée que dans l'espèce précédente.
J'ai fait de nombreuses préparations histologiques d'estomac et d'œsophage de grenouille. Les cellules des glandes gastriques de ces animaux présentent effectivement une grande analogie avec les cellules de revêtement des mammifères. Comme ces dernières, elles sont granuleuses et ont une grande affinité pour le carmin et le bleu de quinolôine. Ce sont des cellules cyanophiles, comme les. nomme M. Ranvier. Cependant sur des animaux en pleine digestion, leur contenu cellulaire devient souvent fort clair, et des vacuoles apparaissent dans leur intérieur; ce que je n'ai jamais vu arriver clans les cellules délomorphes. Je noterai pourtant que Hamburger1 en a observé en faisant des préparations avec des muqueuses d'estomacs de chiens tués vers la sixième heure après le début de la digestion. Stôhr 2 en a aussi décrit chez l'Homme et le Chien. Quoi qu'il en soit, sur des préparations d'estomac de Mammifère fixées avec soin par l'acide chromique étendu, ou la liqueur de Mùller, ou encore sur des coupes faites sur un estomac frais et examinées directement avec ou sans coloration par le bleu de quinoléine, je n'ai jamais pu voir de vacuoles dans les cellules de bordure. Ces vacuoles se montrent quelquefois si les pièces ont été' traitées par l'acide osmique. Je crois devoir les attribuer, dans ce cas, à un artifice de préparation.
Les cellules des glandes œsophagiennes ont un contenu clair à granulations fines, mais plus abondantes que dans les cellules principales de l'estomac des mammifères. Leur noyau est aussi beaucoup plus facile à mettre en évidence que dans ces dernières. Déplus, et cette particularité paraît avoir complètement échappé à Partsch, qui a fait une étude détaillée sur l'histologie de l'intestin antérieur des Batraciens (loc. cit.), ces glandes œsophagiennes présentent des croissants de Gianuzzi. Ces croissants, fort difficiles à