‹ Contributions à l'étude des BopyriensChapitre 2 sur 103 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le 12 octobre 1840, DUVERNOY présentait à l’Académie des sciences, un mémoire « Sur un nouveau genre de crustacés Isopodes et sur l'espèce type de ce genre, le Képone type. » On ne connaissait à cette époque que deux Bopyriens, le Bopyrus parasite des Palæmons, et l’/one, parasite de Callianassa subterranea. Muxe Epwarps avait montré les rapports qui unissent ces animaux entre eux et les liens qui les rattachent aux autres Isopodes sédentaires. DuvErNoY assigna aux Képones une place intermédiaire entre les Bopyres et les Ione. Il ne put d’ailleurs étudier que fort imparfaitement ces animaux dont il n’obtint qu’un petit nombre de spécimens conservés dans l'alcool.

« Les quatre exemplaires que j'en possède, dit-il lui-même, se sont trouvés parmi quelques autres crustacés [sopodes qui m'ont été remis pour mes recherches d’anatomie comparée avec une rare obligeance, par le fondateur de la première société d'Histoire naturelle de l’île Maurice, feu M. Julien Desjardins dont la science regrette la perte récente. Je propose, pour ce genre, la dénomination de K'épône, du mot grec Kñros, jardin, afin de le consacrer au souvenir du naturaliste auquel la science devra d’en avoir recueilli les premiers individus, et qui est d’ailleurs connu par de bonnes observations sur la zoologie de l’île Maurice. » (I. (1) p. 113).

Sur les quatre exemplaires, trois étaient des femelles adultes, le quatrième que DuverNoy considère à tort comme un mâle, n’était qu’une femelle plus jeune.

(1) Les chiffres romains renvoiert à l'index bibliographique du genre Cepon (p. 9).

Nous n’avons malheureusement aucune indication sur l’hôte chez lequel ce crustacé vivait en parasite; les mâles évidemment de taille fort réduite, ont passé inaperçus ou ont été perdus au milieu des autres [sopodes qui accompagnaïient les Képones, et aujourd’hui encore nous n'avons sur cette forme curieuse que les renseignements donnés par DUVERNOY.

Quinze ans plus tard, en 1855, Leiny (Il, p. 150), rencontra dans la cavité branchiale de Gelasimus pugilator, à Atlantic City, un spécimen d’un Isopode parasite qu'il nomma Cepon distortus et dont il donna une courte description. Leipy reconnut parfaitement les deux sexes et signala en passant l'erreur de Du- VERNOY; mais il en donna lui-mème une correction imparfaite en déclarant que l'individu figuré par son devancier comme étant le mâle de Cepon typus est évidemment la femelle d’une autre espèce {is evidently the female of another species).

CorNaLiA et PAxCERI (TITI, p. 115), font un nouveau pas vers la vérité lorsqu ils écrivent : « Con tutta probabilita quest” individuo è il typo femmina di altra specie, oppure una larva della femmina del Cepon typus. » De plus ils établissent pour le Cepon distortus un genre nouveau | Zeydia) insuffisamment caractérisé.

D'ailleurs, les diagnoses données par les premiers zoologistes qui se sont occupés des Bopyriens, sont tellement imparfaites qu'il serait parfois impossible de reconnaitre les espèces dont ils ont parlé, si l'hôte n’était nommé. Aussi FRITz MUELLER pouvait-il encore, mème en 1871 {IV, p. 68), mettre en doute la valeur des coupes génériques /one, Phryxus, Gyge, etc., créées par ses prédécesseurs pour les Bopyriens parasites de la branchie et de l'abdomen des crustacés Décapodes, et proposer de les réunir toutes dans le seul genre Bopyrus.

Frirz MUELLER découvrit une nouvelle espèce de Cepon parasite d'un Grapsus, qu'il rapporte avec doute au Zeptograpsus rugulosus, mais il cite seulement en passant ce parasite dont il ne parait pas avoir fait une étude approfondie.

C'est en 1880 que KossmanN (V. p. 119) décrivit avec quelque détail une espèce de Cepon (C. messoris), parasite du Metopograpsus messor de la Mer Rouge. Dans ce travail, Kossmanx rectifie complètement l'erreur de DUuvERNoY relativement au mâle de Cepon 1ypus et donne une caractéristique plus précise du groupe. Malheureusement il n'eut en sa possession qu'un exemplaire unique (femelle adulte), ce qui explique les lacunes encore bien nombreuses de cette description.

En 1881, le mème zoologiste put, pendant un séiour au laboratoire de Naples, étudier une nouvelle espèce de Cepon , la première qui ait été rencontrée dans es Crustacés Décapodes des mers d'Europe (VI, p. 170). Pour la première fois

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