LES CORPS GRAISSEUX
RATHKE avait décrit et figuré chez Bopyrus (3) un lobe supérieur du foie hepar superius qui nest, comme l’a fort bien reconnu Kossmanx (XI, p 162, et Studien über Bopyriden, 11, p. 675), qu'une partie des corps graisseux, la
(1) Donrn, Entwicklung und Organisation von Praniga maxillaris, in Zeitschrift für Wiss. Zoolog. T. XX,
(2) « In eis denique, quæ branchiisplane carent, id quod in Lernæiïs observatur hepar secundum cl. Nordmanni observationes in Achthere percarum et secundum meas observationes in Lernæopoda stellata institutas itidem permagni esse videtur voluminis ». RATHKE, (De Bopyro et Nereide, p. 12). Nous pouvons citer dans le groupe des Copépodes, le curieux Cancerilla tubulafa, parasite des Ophiures, qui présente deux énormes dilatations hépatiques contractiles , dont la structure anatomique et le fonctionnement physiologique sont absolument comparables à ce que nous avons vu chez les Entonisciens.
G) RaTRkE, De Bopyro et Nereide, p. 10 et 14, PL I, fig. 8 d.
partie antérieure de cette formation. Cette même partie a été prise pour des glandes salivaires par CorNaLIA et PANCERI (Osservazioni sul genere Gyge, p. 16, PI. IT, fig. seto, «) et cette erreur se comprend aisément si l’on jette les yeux sur les fig. 4, 7 et o cg de notre PI. NI etsurles fig et2, cardenotreREMARIe Chez les Entonisciens, comme chez Gyge et Bopyrus toute la partie antérieure des corps graisseux examinée à une faible grossissement présente un aspect glandulaire, mais l'absence de tout canal excréteur et la continuité entre les éléments des corps graisseux et ceux du tissu conjonctif qui les environne permettent facilement d'éviter toute fausse interprétation.
Outre les amas antérieurs, les corps graisseux forment le long de la partie tergale, de part et d'autre du vaisseau dorsal, une série de lobules très visibles surtout chez les jeunes individus (pl. VIT, fig. 7, cg).
Histologiquement, les corps graisseux ont été bien décrits par Kossmanx (XI, p. 163 et pl. IX, fig. 15). Ils sont formés de grosses cellules à noyau très net et à protoplasme plus ou moins chargé de globules graisseux. Aussi ces éléments se colorent-ils d'une façon inégale selon qu'ils renferment plus ou moins de matière grasse.
WRZESNIOWSKI (1) à décrit une formation analogue chez les Amphipodes et l'on retrouve chez un grand nombre de chenilles et de larves d'insectes de divers ordres des éléments de même nature disposés absolument de la même façon, et jouant à n’en pas douter le mème rôle physiologique.
Quel est ce rôle physiologique ?
[1 est double à notre avis. D'abord les corps graisseux sont des organes de réserve nutritive et à ce point de vue ils viennent en aïde au foie qui remplit déjà en partie cette fonction. De plus, on peut les considérer comme servant partiellement à l'excrétion soit par la formation de dépôts uriques tels que ceux figurés (PI. 2, fig. 13) chez Gyge par CorNALIA et PANCERI, soit par la production de pigments diversement colorés. Il faut remarquer, en effet, que les lignes pigmentaires chez les embryons ou les mâles des Épicarides suivent exactement les corps graisseux et nous nous rangons à l'opinion de BLANC (2) qui regarde les pigments des Isopodes comme dérivés de ces corps graisseux.
Comme dans bien d’autres exemples, la formation de ces pigments paraît d'ailleurs liée à l’action de la lumière et à l'influence du système nerveux.
(1) WRzEsniowski, Zool. Anzeïiger, III, N° 79, 1880.
(2) BLaxc, Observations faites sur Tanaïs Œrstedii. Zool. Anzeiger, VI, 1883, p. 637.
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C'est la vie parasitaire et nullement la disparition des corps graisseux qui détermine la suppression presque complète des pigments chez l'adulte. Chez certains Bopyriens, Phyxus paguri, par exemple, les cellules graisseuses apparaissent excessivement tôt chez l'embryon et présentent une distribution très régulière.
La position des corps graisseux chez les Arthropodes, l’aspect d'organes en régression qu'ils offrent à un si haut degré, leur rôle physiologique, font songer à une lointaine homologie avec les appareils excréteurs des Vers plats.