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SYSTÈME CIRCULATOIRE

Le cœur des Entonisciens se trouve dans la femelle au niveau du troisième segment du pleon, immédiatement sous la paroi dorsale. Très visible déjà dans la femelle très jeune (PI. V, fig. 1, cæ) à l'intérieur du corps, il finit par déterminer sur la face dorsale de l'abdomen chez l'adulte une salllie très prononcée (PI. V, fig. 3) dont on distingue facilement les mouvements réguliers. Cette disposition est encore accentuée chez £ntoniscus Mülleri (PI. IV, fig. 6, cæ)et dans Z'nfoniscus porcellanæ (fig. 28). Le cœur est, dans ces espèces, situé dans une poche dorsale, située à la face dorsale du premier segment abdominal, entre les vésicules séminales, et fait une hernie très visible sur cet anneau mince et allongé.

Le cœur a une forme ovoïde parfaitement régulière (PI. VII, fig. 6) ; terminé postérieurement en cul-de-sac il se prolonge antérieurement par le vaisseau dorsal vd. Comme chez tous les autres Bopyriens, il est pourvu de quatre valvules » disposées régulièrement, une paire sur chaque côté; chaque valvule est fermée par deux lèvres qui s’ouvrent et se ferment alternativement. Le cœur est entouré par un sinus ménagé dans la masse du tissu conjonctif qui remplit tout l’abdomen du parasite.

Antérieurement le vaisseau dorsal, en s’enfonçant comme un cône dans le cœur, forme une cinquième valvule vs qui s’ouvre quand les autres se ferment et quand le cœur se contracte, ce qui permet à l’afflux sanguin de se précipiter dans le torrent circulatoire. Ce vaisseau dorsal est très gros, et présente, ainsi que toutes les artères qui en dérivent, des parois rigides qui les font rester béantes quand on les coupe. La résistance des parois préserve ces vaisseaux contre Îles compressions trop énergiques. Le vaisseau dorsal se continue sur la ligne médiane

dorsale jusqu'au niveau du cephalogaster où ilse divise en deux branches latérales. [l est plongé sur presque tout son parcours dans la masse des corps graisseux et dévié, chez l'adulte, du côté gauche de l’organe de Rarxke. Cette déviation du vaisseau dorsal a été exactement figurée par FRAISSE.

Les principales artères qu'émet le vaisseau dorsal sont, d’arrière en avant, les suivantes :

D'abord, au niveau des deux grandes bosses ventrales de l'ovaire, deux ramifications parallèles (40', 40?) qui s'étendent jusqu’à l'extrémité distale de ces prolongements (PI. VIT, fig. 4, »); puis, au niveau de la partie postérieure de l'organe de RATHKE, une paire de petites artères 4% qui entourent la masse hépatique. Un peu plus haut, de part et d'autre du typhlosolis , une nouvelle paire 4 s irrigue cette partie du tube digestif. Toutes ces artères émettent des branches qui se prolongent dans les dernières paires de lames incubatrices en suivant la nervure médiane et en se ramifiant dans toute leur surface. Ces lames minces, baignées par l’eau ambiante, viennent évidemment aider la fonction respiratoire des lames pleurales de l'abdomen chez les £'nfione et suppléent ces dernières chez les £'nfoniscus.

Le vaisseau dorsal se divise, au niveau du cephalogaster, en deux branches parallèles 77 qui contournent cet organe et viennent déboucher à la face ventrale de la partie céphalique où elles émettent des rameaux destinés aux deux premières paires d’oostégites. Quand on enlève, sous les pattes mâchoires, la base de ces lames, on aperçoit deux petites ouvertures béantes qui sont les sections de ces deux troncs artériels. En contournant le cephalogaster, ils émettent, de part et d'autre, une quantité de petites artérioles que l’on retrouve dans les coupes de cet organe.

Le sang poussé par les puissantes contractions du cœur jusqu'aux parties les plus extrèmes de l'animal pénètre dans le tissu conjonctif aux mailles lâches qui constitue la majeure partie de l’animal ; forcé de parcourir jusque dans les moindres replis le parenchyme des lames incubatrices et surtout des lames pleurales qui jouent plus spécialement le rôle de branchies, le sang s’hématose sur toute i’immense surface représentée par ces replis, puis revient au cœur par ces mêmes lacunes du tissu conjonctif. [1 n'y a donc pas de veines proprement dites, ce sont les lacunes du tissu conjonctif qui en jouent le rôle.

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