SYSTEME NERVEUX
Le système nerveux des Entonisciens est très difficile à mettre en évidence. Les coupes transversales montrent bien l'existence des filets et surtout de ganglions à la partie ventrale de l'animal, mais elles permettent difficilement d’en reconstituer l'ensemble. Quant aux coupes longitudinales, les contournements de l’animal rendent leur emploi inutile pour ce point spécial d'anatomie.
Reste donc la dissection. Ceux qui ont manié des Entonisciens se rendront compte de la difficulté de ce moyen de recherches, que KossmanN regarde comme impossible. Après bien des essais infructueux, nous avons pu obtenir quelques résultats en utilisant une femelle de grande taille mais dont les organes génitaux n'étaient pas développés et dont le thorax n'était pas déformé.
Cette femelle vermiforme (1) avait séjourné assez longtemps dans l'alcool : condition avantageuse pour suivre les filets nerveux.
Au-dessus de l’œsophage se trouve le cerveau cer, petite masse encore nettement bilobée d’où partent les nerfs qui se rendent aux antennes (PI. VIT, fig. 7). Des deux angles postérieurs se détachent deux très fins filets nerveux c qui se réunissent assez loin du tube digestif et viennent rejoindre la chaine thoracique. Celle-ci, située sous le thyplosolis, l'organe de RATHKE et le commencement du foie, se sépare en deux masses, divisées par un étranglement; de la première gt sortent deux paires de gros nerfs latéraux. tandis que la deuxième gh n'en émet qu'une seule paire. Il est possible qu’il y en ait plus, mais nous n'avons pu les voir. De la dernière masse ganglionnaire, qui a à peu près la forme d'un pentagone, se détachent aux angles postérieurs deux filets nerveux qui entourent les deux bosses ventrales et se réunissent sur la ligne médiane de l’abdomen en un filet unique aboutissant au ganglion abdominal ge. Ce dernier est situé sous le cœur, au niveau du troisième segment du pleon. [Il a une forme allongée et est perforé de deux ouvertures à sa partie postérieure. Deux paires de nerfs au moins se détachent latéralement, et de la partie postérieure nait une seule paire qui va se terminer dans les derniers segments du corps.
Le cerveau a la même forme que celui des autres Bopyriens, mais :l est plus éloigné des ganglions thoraciques. Ceux-ci, ordinairement très rapprochés et
(1) Voir pour ce qui concerne ces femelles vermiformes la description de Ia première phase larvaire (p. 152) et le chapitre que nous consacrons plus loin à ce que nous appelons la forme asticot,
presque confondus, s’allongent en une masse irrégulière qui représente les sept ganglions des Bopyriens typiques. Enfin, le dernier ganglion est reporté très loin postérieurement presque sous le cœur ; il innerve tout l'abdomen.