‹ Contributions à l'étude des carbures acétyléniquesChapitre 29 sur 48 · C*H^ C = C — CH · texte numérisé non relu

C*H^ C = C — CH

Je me suis demandé si ce corps était identique ou isomérique avec l'heptoylène que M. Truchot a obtenu avec les pétroles : je crois qu'il n'y a pas lieu de les identifier. Le carbure de M. Truchot bout en effet à 103"; celui que je viens de décrire bout à 112-113\ Les propriétés des bromures sont trop peu nettes pour qu'on puisse y chercher un moyen de différenciation ou d'identification.

Il était intéressant de rechercher comment se conduirait la potasse alcoolique sur l'œnanthylèoe chloré pouvant servir à la préparation du carbure acétylénique. Après 72 heures de contact, à la température de 140-150% la solution alcoolique fut traitée par l'eau, le liquide surnageant fut séché et distillé. Le liquide fractionné donnait un point d'ébullition fixe vers HO-IU*; on recueillit ce qui passa entre 108 et 115°. Le liquide ainsi obtenu pesait 7 grammes, il donna des résultats négatifs avec le nitrate d'argent et le chlorure cuivreux tous deux en solution ammoniacale. La solution alcoolique de nitrate d'argent donna naissance à un précipité considérable qui recueilli sur un filtre pesait 3 grammes, ce qui correspond à environ 80 centigrammes de carbure acétylénique vrai (1).

(1) La solution alcoolique traitée par Teau laissa surnager Tœnanthylidène modifié.

Cette cxp(Srience nous raonirc : i'' que robtenllon à l*état de pureté du carbure acétyléniquc vrai avec la potasse alcoolique n'est pas possible si Ton se contente d'une simple distillation, mais qu'il est nécessaire de régénérer le carbure d'une de ses combinaisons métalli<|ues ; 2" que la formation du carbure tétratomiquc est très lente, puisqu'au bout de 72 heures il restait encore des dérivés chlorés, ce qui a permis au carbure acétyléniquc vrai de ne pas cire complètement transformé en carbure acétyléniquc substitué.

TRANSFORMATION DU CAPRYLIDÉNE ACÉTYLÉNIQUE

EN SON ISOMÈRE NON ACÉTYLÉNIQUE

Le caprylidènc a été obtenu par le môme procédé que lananthylidène, mais avec cette différence qu'on est parti du dérivé élhylénique monochloré correspondant à Faldéhyde caprylique.

Par traitement à la potasse alcoolique la transformation a été complète. Le carbure séparé de la solution alcooliquCf séché et distillé, ne précipite plus le nitrate d'argent alcoolique. 11 bout à 131-132° sous 762°^"^ G.

Sa densité à 0" est de 0,7701.

Ce oarburc se combine au bichlorure de mercure en solution aqueuse. Hydraté au moyen de l'acide sulfurîque, il donne une acétone se combinant au bisulfite de soude : c'est donc une mélhylacélone . Les propriétés que nous venons de décrire appartiennent au corps que nous avons obtenu et décrit plus haut sous le nom de caprylidéne du Cfipryléneet qui n'est autre au point de vue de la constitution que le mélhylamylacétylène.

C*ir»-.C=C — CIF

En résumé, rhexylacétylène, CHl^^ — C =CH,sc transforme lentement, sous l'influence de la potasse alcoolique, h 140-150% en son isomère, le méthylaroylacétylènc.

Ou est on droit de se demander si, cotte migration une fois accomplie, la molécule sera stable sous rinfluence de la potasse alcoolique, s'il ne se produira pas un nouveau change-

ment moléculaire, jusqu'à ce que la molécule soit équilibrée le plus possible, par exemple, avec le caprylidènc jusqu'à ce qu'il y ait eu formation tle dipropylacétylène.

CMi^ c = G — cnv

Certains indices semblent me faire croire qu'il doit en être ainsi ; mais c'est là un travail de longue haleine que je me propose de tenter. Quoiqu'il en soit, ces migrations, sous l'influence de la potasse alcoolique, jettent un jour nouveau sur la question des carbures acétyléniques; il y avait jusqu'ici un certain nombre de faits qui n'avaient pas reçu une explication suffisante, et qui deviennent, par le fait de la migration, parfaitement clairs. Nous avons vu que M. Radziszewski avait obtenu avec la potasse alcoolique sur le chlorure C*H* — CH* — CGP — OH* un carbure non acétylénique. Il a suffi, pour cela, que la solution potassique restât assez longtemps en contact avec le carbure, pour transformer le carbure acétylénique primitif qui devait se former, en carbure acétylénique substitué.

Il est possible que les carbures tétratomiques que M. Truchot à dérivés des pétroles, proviennent de bromures éthyléniques terminaux, et que la transformation en carbures acétyléniques substitués soit due au mode opératoire.

M. Truchot opère, en effet, dans la potasse alcoolique, à une température de 140-150», pendant 10 heures environ. Je crois que, dans ces condilionst il devrait quand même rester du carbure acétylénique ; mais nous avons vu qu'on n'était pas en droit de compter sur les réactifs ordinaire pour les déceler. En outre, lorsqu'on opère avec les bromures, la formation du carbure acétylénique est beaucoup plus facile et par suite sa traasformation est peut-être plus rapidement complète ; il est possible, en effet, qu'il ne soit pas nécessaire d'un contact de 36 heures pour amener la transformation intégrale du carbure acétylénique vrai en carbure acétylénique substitué. Je ferai remarquer cependant que je n'ai pu identifier le méthylbutylacélylène avec l'heptoylène qui, dans l'hypothèse que je viens d'énoncer, devrait lui être identique, à moins toutefois que sa chaîne ne soit pas normale.

De ces faits nous tirerons la conclusion suivante : Il est nécessaire d'enlever la molécule d'hydracide dans le car-

bure élhylénique sustitué au moyen de la potasse sèche, si l'on veut obtenir un carbure acélylénique vrai ; on ne doit considérer comme carbure acétylénique pur, lorsque Topération est faite avec la potasse alcoolique, que le carbure régénéré d'une de ses combinaisons métalliques.

Théoriquement, il est cependant certains corps pour lesquels on doit pouvoir employer la potasse alcoolique : ce sont ceux chez qui la migration ne peut se faire.

Je citerai, par exemple, Tisopropyléthylène chloré :

CH

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