CAS ATE AZ A7 CH
Ag Eï appliquant à ce cas particulier la théorie dela formation du diazoamidobenzène que j'ai indiquée précédemment, il fau-
! Gattermann, Berichte, 1890, t. XXII, p. 1218; 1892, t. XXV, P: 1074.
? Sandmeyer, Berichte, 1884, t. XVII, p. 2650.
$ Je n'ai trouvé signalée nulle part la production de bioxyde d'azote par l’action de la poudre de cuivre ou d'un sel cuivreux sur le nitrite d'ammonium $ elle se produit conformément à l'équation :
Cu? CI + 2 (Az O? Az Hi) == Cu Cl? + 2 AzO + » Az HS + Cu O+H?20
#Niementowski et Rozskowski, Zeilsch. f. physik. Chem., t. XXII, 1897,
pe 145. .
Mas
drait qu'il y eût formation de nitrite d’aniline dans la solution.
Or, il est facile de se rendre compte que cette formation ne peut être que très faible théoriquement, en effet :
En solution aqueuse étendue, le nitrite de soude, sel neutre, est dissocié en ions AzO? et Na; cette dissociation est très accentuée.
L'anihine, base frès faible, est, au contraire, très peu dissociée en ions Cf H° Az H° et OH.
La présence simultanée dans la solution d'ions Az O? et CS H5 — Az H° et, conséquemment, la formation de nitrite d’aniline, est donc liée à la proportion d’aniline-base dissociée, qui est excessivement faible.
Je dois cependant ajouter qu'au fur et à mesure de sa formation, le mitrite d’aniline tend à s’éliminer par suite de sa transformation en hydrate isodiazoïque et de la réaction de ce dernier corps sur l’aniline non dissociée qui donne du diazoamidobenzène insoluble.
Quoi qu’il en soit, en raison du faible degré de dissociation de l’aniline, il m'a semblé que la formation du diazoamidobenzène ou de ses dérivés, dans ces conditions, devait être très lente.
D'autre part, les sels alcalins du diazoamidobenzène, et, en particulier, le dérivé sodé, qui a été préparépar Becx et Tarer’, sont des corps éminemment altérables à l'humidité, quine peuvent être obtenus que par l’action du métal sur le diazoamidobenzène en solution dans l’éther anhydre ; leur production en liqueur aqueuse m'a donc semblé impossible à priori.
C'est pour ces deux raisons que je me suis proposé de reprendre les expériences de Niementowski et Rozskowski.
1° Action du nitrite de soude sur l’aniline. — Nie-
mentowski et Rozskowski ont effectué, entre autres, les expériences suivantes :
4 Beck et Tafel, Berichte, t. XXVII, p. 2315.
28 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS
Un litre d’une solution aqueuse! contenant 1 gr. 86 d’aniline à été mélangé à 1 litre d’une solution aqueuse de nitrite de soude conteuant 3 gr. 45 de ce sel. De la solution faiblement alcaline qui se colore en jaune, 1l se sépare, après trente jours, un précipité (J) pesant o gr. o110
Le filtrat, étendu à 3 litres, donne un précipité (IT) pesant o gr. 1230, après trente jours;
Le filtrat, étendu à 4 litres, donne un précipité (III) pesant 0 gr. 0939, après trente jours ;
Le filtrat, étendu à 5 litres, donne un précipité (IV) pesant 0 gr. 0900, après soixante jours.
D'après les auteurs, les précipités sont constitués par des mélanges de diazoamidobenzène et de son sel de sodium.
Le mécanisme de leur formation n’est pas indiqué par les expérimentateurs, lesquels, cependant, ayant remarqué que ces réactions se passaient en liqueurs étendues, admettaient qu'elles étaient dues à la dissociation électrolytique du nitrite de soude en ions AzO*? et Na et de l’aniline, en ions C° H5-Az H et H (ce qui est inexact, puisque, en solution aqueuse, l’amiline doit être envisagée comme une base de formule CHF Az HOH) ;
En examinant les résultats numériques fournis par les auteurs précédemment cités, 1l semble difficile d'admettre que, dans leurs expériences, la formation de diazoamidobenzène ou de ses dérivés doive être attribuée simplement à la dissociation électrolytique du nitrite de soude et de l’aniline en leurs ions respectifs ; en effet, si nous considérons les précipités I, IT et IIT, ils ont été obtenus au bout d’un mois, avec des quantités très sensiblement égales de nitrite de soude et d’aniline en dissolution dans des volumes d’eau respectivement égaux à 2,3 et 4 litres; 1l paraît anormal que, dans ces conditions, les poids des précipités soient respectivement :
O gr. OTI0 O0 gr. 1230 el o gr. 0935
: PTE ! EE On pouvait donc prévoir qu’un autre facteur devait inter-
! Les auteurs n'indiquent pas la nature exacte de l'eau qu’ils employaient,
venir dans ces réactions, et ] ‘ai reconnu, en effet, que l’action de l’acide carbonique Ti dans l’ean influençait la réaction d’une manière très effective.
J'ai opéré d’abord avec l’eau du Rhône et J aiconslalé que le poidsde précipité quise formail dans ces conditions était d'autant plus fort que la quantité d'eau employée était plus considérable.
J'ai abandonné pendant vingt-trois jours, à la température de 16-18 degrés, trois solutions distinctes, composées de :
Aniline Nilrite de soude Eau du Rhône ANODEEST: 1,72. 250 emc./{a) 4,65 — 1,72 — 500 — fb) 4,05 — 1,72 — 1.000 — (c)
Ces solutions ont été conservées dans des flacons pleins et bouchés.
Dans chacune de ces solutions, il y a eu dépôt d’un précipité brun, que l’on a recueilli sur filtres tarés, lavé à l’eau, séché à Fer chaleur, puis pesé exactement.
Ces précipités pesaient :
o gr. 006 pour la solution {a)
0 gr. 0092 — (b) 0 gr. 0150 — (c)
J'ai démontré ensuitre que le précipité qui se forme avec l'eau du Rhône peut encore être obtenu avec l'eau distillée non bouillie; mais avec l'eau distillée fraichement bouillie dans la porcelaine, il est beaucoup plus faible.
Les deux expériences suivantes le démontrent :
J'ai abandonné pendant douze jours, dans des flacons pleins et parfaitement bouchés, à la température de 16-18 degrés, deux solutions composées de : |
Re Nitrite de soude Eau distillée a) 9 gr. 3 3 gr. 49 2000 cmc. (aérée).
b) 9 gr. 3 3 gr. 40 2000 — bouillie
1 Soit une molécule de nitrite pour deux d’aniline,
30 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS
immédiatement avant l'expérience dans une capsule de porcelaine et refroidie rapidement dans un flacon bouché. +
Les deux liqueurs sont filtrées après douze jours sur filtres tarés; les précipités sont lavés à l’eau distillée, séchés et pesés. Ils ont donné :
a) un précipité pesant 0 gr. 0350 ; b) — = 0 gr. 00/2.
La liqueur (a) était d'ailleurs colorée en brun, tandis que la liqueur {b) restait presque incolore.
Il est donc déjà probable, d’après ce qui précède, que l'acide carbonique dissous dans l’eau doit jouer un certain rôle ; on sait, en effet, que l’eau distillée est aussi riche en acide carbonique que l’eau ordinaire, attendu que ce gaz, qui se dégage à l'évaporation, se redissout dans l’eau distillée à la condensation.
Pour me rendre compte du rôle de l'acide carbonique dans ces réactions, j'ai recherché ce qui se passait lorsqu'on faisait passer un courant de qaz carbonique pur dans une solution aqueuse de nitrite de soude et d'aniline. J'ai reconnu qu'il y avait, non pas formation d’un léger précipité, comme dans les expériences précédentes, mais qu'il y avait transformation presque intégrale de l’aniline en diazoamidobenzène pur.
J’ai effectué, pour cela, l’expérience suivante :
Dans une solution formée de :
Aniline 4 gr. 65; nitrite de soude 1 gr. 72; eau
distullée bouillie 250 centimètres cubes,
J'ai fait passer un courant de gaz carbonique lavé dans une solution de bicarbonate de soude pour éliminer toute trace d'acide minéral. Après un quart d'heure, j'ai constaté que la liqueur se troublait; j'ai arrêté le courant et abandonné la liqueur pendant vingt-quatre heures seulement. Au bout de ce temps, j'ai filtré le précipité sur filtre taré; après lavage et dessiccation, il pèse 1 gr. 08.
La liqueur filtrée, abandonnée pendant quarante-huit heures, dépose un précipité pesant o gr. 37.
En faisant passer encore le courant, puis abandonnant à nouveau pendant dix jours, j'obtiens un précipité pesant o gr. 95.
La liqueur filtrante à été saturée à nouveau d'acide carbonique, puis abandonnée pendant cinq jours; elle donne un précipité pesant o gr. 66.
Et ainsi de suite.
Tous ces précipités sont constitués par du diazoamidobenzène pur.
Il n’est donc pas douteux, d'après ce qui précède, que la formation du diazoamidobenzène observée par Niementowski et Rozskowski est principalement due à la présence de l'acide carbonique dans l’eau.
Remarques. — I. À côté du diazoamidobenzène, les auteurs précédemment cilés avaient oblenu un composé sodé qu'ils avaient considéré comme étant le sel de sodium du diazoamidé ; nous avons vu que ce corps ne pouvait se former en solution aqueuse. En raison des très faibles proportions de cette substance que l'on obtient, je n'ai pu l'identifier d'une manière certaine, mais il m'a semblé présenter les caractères du sel de sodium du paraoxyazobenzène
CS HS — Az — Az — C6 Hf— O Na
IT. Dans les expériences de Niementowski et Rozskowski, qui n'étaient pas faites avec des solutions distinctes, la proportion d'acide carbonique dissous dans l’eau était renouvelée à chaque filtration, pendant laquelle la surface d'absorption est considérable; c'est ce quiexplique les résultats numériques obtenus.
III. L’élimination de l'acide carbonique doit se faire par ébullition dans une capsule de porcelaine; j'ai observé, en effet, qu’en faisant usage de capsules de nickel, il y avait dissolution d’une trace de métal, qui manifestait sa présence en déterminant l'oxydation d’une petite partie de l’aniline et sa transformation en noir d’aniline quise précipite et trouble les résultats.
Théorie de la formation du diazoamidobenzène par l’action
32 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS
d'une solution d'acide carbonique sur une solution aqueuse d'aniline et de nitrite de soude. -— Pour expliquer le mécanisme de la formation du nitrite d’aniline et, conséquemment, celle du diazoamidobenzène dans ce cas, je démontrerai préalablement :
° Que l'acide carbonique se combine à l’aniline en solution aqueuse ;
2° Que l'acide carbonique ne déplace pas sensiblement l'acide nitreux dans les solutions de nitrite de soude.
° L'acide carbonique se combine à l’aniline. — Drrre', en faisant réagir l'anhydride carbonique sec sur de l’aniline dans l'appareil Cailletet, a constaté que, sous la pression de 5o atmosphères, et vers + 8° environ, il y avait formation de CO? liquide et apparition de petits cristaux transparents qu'il admet comme constitués par du carbonate d’aniline, lequel se redissocie en ses éléments lorsqu'on diminue la pression.
La formation du carbonate d’aniline semble cependant inexplicable, dans ces conditions, sans faire intervenir les éléments d'une molécule d’eau*; d’ailleurs, dans le même mémoire, Ditte reconnaît que par l’action de l’anhydride carbonique sur l'aniline, même refroidie, à la pression atmosphérique, il n’y a pas la moindre fixation de gaz carbonique.
J'ai reconnu qu'il n’en était pas de même si l’on faisait réagir CO* sur l’aniline en solution aqueuse, c'est-à-dire dans les conditions normales de formation d’un sel; on constate qu'il y a combinaison de l'acide carbonique et de l’aniline en présence de l’eau.
L'expérience suivante le prouve nettement :
On remplit deux flacons d’un litre d’eau distillée et, dues l’un d'eux, on ajoute 10 grammes d'aniline ; on agite pour MÉDRUES la dissolution.
Les deux flacons sont fermés par un bouchon de liège, tra-
! Ditte, Comptes rendus, 1887, t. CV, p. 162.
El DIE plus logique d’admettre la formation d’un carbamate d’aniline analogue au carbamate d’ammonium,
versé par un tube de verre fermé à son extrémité supérieure et rempli de gaz carbonique : l'extrémité ouverte des deux tubes plonge dans le liquide des flacons. On constate alors que l'ascension du liquide, pour le tube plongeant dans la solution aqueuse d’aniline, est beaucoup plus rapide que dans l’autre, ce qui indique que l'acide carbonique est non seulement dissous dans l’eau, mais encore qu'il se combine à l’aniline; les deux tubes contenant le gaz ont évidemment été pris de même longueur et de même diamètre. Il est certain que cette combinaison, qui constitue un sel à acide et à base faibles, est limitée par la décomposition hydrolytique inverse de ce sel qui tend à régénérer d’une part l'acide, d'autre part la base ; l'expérience précédente prouve, néanmoins, très nettement, qu'il y a combinaison et que celle-ci n’est pas complètement hydrolysée.
2° L’acide carbonique ne déplace que très faiblement l'acide nitreux dans les solutions de nitrite de sodium. — La dissociation électrolytique du nitrite de soude donnant naissance à des ions NO? et celle de l’acide carbonique à des ions H, il n’est pas discutable, au point de vue théorique, que la solution contiendra de l’acide nitreux, mais la quantité d'acide nitreux susceptible de prendre ainsi naissance ne peut être que très faible, puisqu'elle est liée à la concentration des 1ons H; on sait, en effet, que les acides faibles comme l'acide carbonique sont très peu dissociés.
J'ai constaté, en effet, que, si on sature d’acide carbonique pur une solution aqueuse de nitrite de sodium et qu'on l’abandonne pendant vingt-quatre heures en agitant fréquemment, la quantité d'acide nitreux mise en liberté n’est pas suffisante pour agir sur le papier iodo-amidoné; des touches faites avec le liquide sur ce papier ne déterminent pas l'apparition de la coloration bleue caractéristique, malgré la grande sensibilité de ce réactif.
D'après MM. C, Marx et R. Marquis’, en employant comme
1 CG. Maricet R. Marquis, Comples rendus, t. CXXX VIII, mars 1904.
34 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS
réactif un mélange de naphtylamine et d'acide sulfanilique, avec lequel l'acide nitreux donne une matière colorante rouge extrêmement intense, il serait possible de mettre en évidence la petite quantité d'acide nitreux susceptible d’être libérée par , l’acide carbonique dans les solutions de nitrite de soude.
Quoi qu'il en soit, 1l n’est pas douteux que cette quantité est extrêmement faible.
Examinons maintenant ce qui se passe au sein d’une solution aqueuse étendue contenant à la fois de l’acide carbonique, de l’aniline et du nitrite de soude.
La formation du nitrite d’aniline dans cette solution proviendra de la coexistence des ions
Az O? et C5 HF — Az H5 Les ions AzO*? peuvent provenir :
1° De la dissociation électrolytique du nitrite de soude ; ce dernier sel est, en effet, fortement dissocié en ses ions consuitutifs — + Az O* et Na
2° De la dissociation électrolytique de la petite quantité d’acide nitreux libérée par l'acide carbonique. D’après ce que nous avons dit précédemment, la quantité d'ions Az O? fournis de ce fait-est très faible vis-à-vis de la première ; elle fournit des ions
= + AzO? et H Les ions CH°AzH® sont libérés :
1° Par la dissociation électrolytique de l’aniline ; ce dernier corps, étant une base très faible, se dissociera peu en ions C6 H5 — Az H3 et OH
2° Par la dissociation notable du carbonate d'aniline non hydrolysé, dont nous avons démontré expérimentalement l'existence dans la solution, en ions
+ — C6 H5 — Az HS et COS
Si nous admettons que les ions AzO? soient en excès vis-àvis des ions C°H°— AH, ce qui est normal, puisque le nitrite de soude est très dissocié, la quantité de nilrite d’aniline contenue dans la solution est fonction de la concentration des ions CH$—AzH3. Or, cette concentration est évidemment plus grande en présence de l'acide carbonique qu'en l'absence de ce corps, et l'on conçoit que la formation conséquente de diazoamidohenzènesoit considérablement augmentée.
Le nitrite d’aniline ainsi formé se transformera ensuité en nitrosamine
CESR A7 0 laquelle, sous la forme desmotropique isodiazoïque CSH5—A7z— Az—OH, réagit sur l’aniline non carbonatée qui se trouve dans la solution, pour donner du diazoamidobenzène insoluble qui se précipite.
Le mécanisme que nous avions signalé dans le paragraphe I s'applique donc encore parfaitement dans ce cas.
2° Action du nitrite d'argent sur l’aniline. — Niementowski et Rozskowski ont signalé que l’action du nitrite d'argent sur les solutions aqueuses d’aniline très étendues donnait, sous l'influence du temps, des précipités constitués presque exclusivement par le sel d'argent du diazoamidobenzène
CH Az — Az -— A7 C°H° Ag
C’est ainsi qu'à la température de 16° et à la lumière diffuse, une solution contenant, pour 2 litres d’eau : 1 gr. 86 d’aniline et 3 gr. 08 de nitrite d'argent, YEN PR APE NS ARE laissait déposer, après 30 jours, un précipilé pesant o gr. 1999. La liqueur filtrée, étendue à 3 litres, donnait après 50 Jours, un précipité pesant o gr. 521 ; la liqueur filtrée, étendue à À litres, donnait, après 30 jours, un précipité pesant 1 gr. 007;
36 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS la liqueur filtrée, étendue à 5 litres, donnait, après 61 Jours, un précipité pesant 1 gr. 026.
Nous pouvons faire, dans ce cas, des observations identiques à celles que nous avons signalées pour le nitrite de soude. Il y a formation de diazoamidobenzène par un processus semblable à celui que nous avons déjà décrit, puis, le diazoamidobenzène naissant est transformé en sel d’argent insoluble en présence du carbonate d'argent qui a pris naissance ou du nitrite d’argent n'ayant pas encore réagi.
J'ai jugé inutile de reprendre dans ce cas toutes les expérlences que j ai effectuées avec le nitrite de soude ; je me suis contenté de vérifier qu’on pouvait activer à volonté la précipitation du sel d'argent du diazoamidobenzène, en augmentant la quantité d'acide carbonique qui intervient dans la réaction.
Pour cela, J'ai fait passer pendant quelques minutes, un courant de gaz carbonique pur dans une solution aqueuse, contenant :
1 litre d’eau distillée ; 2 grammes de nitrite d'argent ; 2 grammes aniline.
J'ai conslaté qu’on obtenait, après un repos de vingt-quatre heures seulement, un précipité de dérivé argentique du diazoamidobenzène pesant 1 gr. 15 et qu'il était possible de transformer rapidement, de la même manière, la totalité de l’aniline contenue dans la solution.
Quant à la croissance que l’on observe avec la dilution dans les poids de dérivé argentique obtenus par Niementowski et Rozskowski, elle tient donc surtout à ce que, en augmentant la dilution, on augmente la proportion d'acide carbonique en réaction ; 1l est d’ailleurs nécessaire de remarquer que chaque observation de ces deux savants était précédée d’une filtration qui renouvelait ainsi l'acide carbonique dissous dans la liqueur.
En résumé, l’action du nitrite de soude ou du nitrite d’ar-
gent en solution sur l’aniline en solution aqueuse, ne donne presque pas de dérivés diazoamidés si l'eau est privée d’acide carbonique ; inversement, en présence d’un excès de ce corps, il y a transformation intégrale de l’aniline en diazoamidobenzène où en son sel d’argent, suivant que l’on opère avec le nitrite de soude ou le nitrite d'argent. Les résultats fournis par Niementowski et Rozskowski doivent être attribués en grande partie à la présence de l'acide carbonique dans l’eau.
IT. Action d'une solution de nitrite de soude sur une solution aqueuse d’un sel d’aniline.
Les modes opératoires de préparation du diazoamidobenzène rentrant dans ce groupe, déjà décrits, sont les suivants :
a) Faire couler sur du chlorhydrate d'aniline cristallisé sec, complètement exempt d'acide, une solution faiblement alcaline de nitrite de soude‘!
D) Par action du chlorhydrate d’aniline sur le nitrite de soude en solution froide {rés étendue? :
c) Par action d’un mélange de ;
2 molécules de chlorhydrate d’aniline ; 1 molécule d'acide chlorhydrique ; 1 molécule de nitrite alcalin
sur une solution concentrée d'acétate de sodium *.
d) Par réaction de 18 parties de nitrite desodium sur une solution de 50 parties d’aniline dans 1500 parties d’eau, contenant 15 parties d’acide sulfurique“.
Ce procédé revient, en somme, tous calculs effectués, à faire
réagir :
1 Martius, Zeitschr. f. Chem., 1866, p. 381.
? Curtius, Berichte, t, XXIII, 1890, p. 3036. 3 Fischer, Berichte, t, XVII, p. 641.
4 Stadel et Bauer, Berichte, t. XIX,; p. 1953.
Üxiv, DE Lyon. — Meunier:
où
38 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS 1 molécule de nitrite de sodium,
sur une solution de :
: a 1 molécule de sulfate neutre d’anihne,
en présence de :
1 molécule d’antline libre.
Je me suis proposé d'étudier la marche de la réaction dans ce cas: de mettre en évidence l'influence de la nature de l'acide du sel d’aniline ; de rechercher ce qui se passe lorsqu'on remplace le chlorhydrate et le sulfate d’aniline par d’autres sels à acides faibles minéraux ou organiques ; enfin, d'expliquer le rôle de l’alcali, dans la préparation fa); de la dilution, dans la préparation /) ; de l'acétate de soude, dans la préparation fc) ; de l’aniline, dans la préparation (d).
Théorie de la réaction. — Le mécanisme de la forma- Uion du diazoamidobenzène par action du nitrile de soude sur une solution aqueuse d’un sel d’aniline est, dans ses premières phases, identique à celui que j'ai déjà décrit dans le paragraphe précédent. Supposons, par exemple, que nous fassions réagir le nitrite de sodium sur une solution aqueuse de chlorhydrate d’aniline. |
La dissociation électrolytique des deux sels détermine la réaction des ions AzO? et CfH°— AzH%, lesquels, comme nous l'avons exposé, conduisent à la formation successive de nitrite d’aniline,
CS H$ — Az H$ — Az O° puis de phénylnitrosamine, C5 H5 — Az H -— Az O et enfin de la forme tautomère, hydrate isodiazoïque, CHA; — 47 0H
Or, le chlorhydrate d’aniline est un sel à base faible, qui, en dehors de la dissociation électrolytique, subit également la dissociation hydrolytique, mise en évidence par ce fait que les
solutions aqueuses de chlorhydrate d’aniline présentent une réaction franchement acide.
L'hydrolyse met donc en liberté, d'une part, de l'acide chlorhydrique HCI; d'autre part, de l’aniline base CSH5 — Az ÉIRO EL Cette dissociation hydrolytique du sel d’aniline sera d'ailleurs beaucoup plus active si, au lieu de prendre un sel à acide fort comme l'acide chlorhydrique, on choisit un sel à acide faible comme l'acide carbonique.
L'hydrate isodiazoïque précédemment formé réagira alors sur l’aniline-base, mise en liberté par l’hydrolyse, et fournira du diazoamidobenzène, conformément à l'équation :
C$ H5— Az — Az OH + CS H5 — Az H° — OH —= C$H5— Az = Az Az H — CSH5 1 2H°0
Ce diazoamidobenzène s’éliminera au fur et à mesure de sa formation, en raison de son insolubilité, ce qui permettra à la réaction de se poursuivre pendant un certain temps.
Il résulte de ce qui précède que l'acidité de la liqueur deviendra de plus en plus grande par suite de l'hydrolyse de nouvelles proportions de chlorhydrate d'aniline.
Examinons quel sera l'effet produit par cet enrichissement de la solution en acide chlorhydrique.
1° Tout d’abord, :il est bien évident qu'en présence de l'acide chlorhydrique libre, l'hydrolyse du chlorhydrate se ralentira de plus en plus : ;
On sait, en effet, que si l’on désigne par Ca, Cn, les proporüons d'acide chlorhydrique et de base aniline fournies par l’hydrolyse du chlorhydrate, et par Cs la proportion de sel non hydrolysé, on a :
Ca XX Cg Cs
Or, s1 on augmente la quantité d'acide chlorhydrique Ca contenue dans la solution, 1l faut que CB diminue et que Cs augmente, autrement dit, la proportion de sel hydrolysé
diminue.
— (te
10 FORMATION DES DIAZOAMIDÉS
2° Il transformera l’hydrate isodiazoïque qui prend nalssance dans la première partie de la réaction en sel de diazOnIUM.
Bamberger a, en effet, démontré que l’action d'un acide minéral froid sur un hydrate isodiazoïque le transforme en sel
de diazonium correspondant Æ C5 H5-— Az — Az — OH + HCI — CHE CIO