Celtic Folklore, II, p. |So, note
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archaïques que le ms. Harleian, donne Etbellt. La vie la plus ancienne de Gruffydd ab Cynan, roi de Gwynedd, mort en 1 137. a la forme Etil. Nous ne trouvons ailleurs que la forme Essyllt '. Ces deux formes Etthill, Essylt, à priori, paraissent inconciliables : jamais une spirante dentale sourde ou sonore //; ou â ne devient en gallois s. Zimmer a cru donner une solution du problème en voyant dans EithilÇ) Etbellt, un emprunt anglo-saxon Etbylda, forme courte d'Elbelbild 2. M. d'Arbois de Jubainville a objecté avec raison qu'une évolution & Etbylda en Essylt est invraisemblable, le tb faisant partie de l'alphabet gallois3. Les Gallois ont toujours rendu la spirante dentale anglo-saxonne par une spirante : Aetbelfred est traduit par Edeljflet dans une triade : d indique une spirante 4. De même, les Anglo-Saxons transcrivent la spirante dentale galloise comme la leur : gallois lud-wal ; anglo-saxon, lutbival, Influai, Iudwal, Indzvald (de Gray Birch, Cari. saxonicum, Index, p. 460, 718, 663, 703).
La difficulté phonétique subsiste donc. Dans la Romania j'ai envisagé une hypothèse : l'orthographe Eihil(J) représenterait un son inconnu ou non classé en gallois, ou Etbill avec //; aurait été substitué dans la Généalogie à Essyllt avec s, par influence de l'anglo-saxon : ce serait une forme non régulière, analogique >. L'hypothèse d'une erreur de scribe est à écarter.
1. Mabinogion, Rhys-Evans, p. 307, 15; 113, 7; cf. J. Loth, I, 92, note 1 ; 224; II, 247, 260, 280, 285.
2. Zeitschrifl Jùr fran^. Sprache uuJ LU., XIII, p. 73-75. F. Lot (Romania, XXV, p. 18) trouve l'hvpothèse de Zimmer très vraisemblable, mais ajoute : « On peut admettre que les Gallois ont substitué Essvlt, nom étranger, à Isolt, tout aussi bien que le contraire. »
3. Revue Celtique, XII, p. 398. Zimmer a avancé une véritable énormité lorsque, pour justifier une prétendue évolution à'Ethylda en Essyllt, il a invoqué l'analogie du gallois breithell avec bresel dans les noms du Liber Land., Con-bresel, Cil-bresel (Zeitschrifl Jïirfr. Spr. und Lit., XIII, p. 74). Cela n'a pas besoin d'être réfuté. Le nom bresel représente le breton actuel bresel, guerre, et se trouve au ixe siècle dans beaucoup de noms du Cartul. de Redon : Bresel-niarcboc, Bresel-conan (J. Loth, Cbrest., p. 3).
4. J. Loth, Màbin., II, p. 233. Elystan (ibid., p. 287) est, non pour Aethelstan, niais pour Aelfstan.