Romania, XIX, p
Romans de la Table ronde. 25
Je n'hésite pas aujourd'hui à reprendre ma première hypothèse : la graphie tlb, ss représente un son qui a disparu et que les Gallois ne savaient trop comment traduire : c'est une sorte d'affriquée ts, tout à fait analogue à l'affriquée gauloisesortie de st (indo-europ. t't), et du vieux celtique ts et qui a été traduit de tant de façons à l'époque gauloise : Sirona, Dirona ; Uradsarius, Urassia, Urabarus; Meââillus MeôOi^Xoç, Messillus, Mcssilla, VeliocaHi, Veliocassi '. Ce n'est pas le seul exemple, en gallois, de ce son. Nous le retrouvons d'une façon encore plus claire dans un nom qui, en moyen-gallois, est Elisseâ ou Elisse. Le fameux pilier que l'on a trouvé à un quart de mille de l'abbaye de Valle Crucis près Llangollen, a été élevé à la mémoire d'un roi de Powys de ce nom, qui régnait entre 700 et 750, par son petit-fils Concenn. Le nom de ce roi sur le pilier se présente sous les formes Eliseg, Eliset2. Dans la généalogie XXVII, du ms. Harleian 3859, il est écrit Elitet ; dans la généalogie XV, c'est Eli^ed, avec un ~ dont on ne trouve pas d'autre exemple en gallois; ~ représente sûrement ts, car le gallois ignore le son .r sonore. Dans les Annales Cambriae, à l'année S 14, c'est également Eli~ed \ Plus tard, on n'a plus qu El issed ou Elisse. Les notes marginales au Codex de Lichfeld ont Elisedi 4; le De rébus gestis Aelfredi Magni du gallois Asser donne Helised ;. On voit donc à la même époque, cette afîriquée transcrite par /, tth, s et enfin ~ (ts) pour aboutir finalement à ss. Ici, il est impossible d'invoquer aucune analogie, aucune influence étrangère, Essyllt est un nom si bien gallois que la région de Gwent est désignée sous le nom d'Essylhug, comme le pays de Morgan (Glamorgan) est connu sous le nom de Morganwg. Essyllt a pu être aussi bien un nom d'homme qu'un nom de femme : la termi-