‹ Contributions à l'étude des romans de la Table rondeChapitre 14 sur 71 · Pétrie, Mon. bist., p · texte numérisé non relu

Pétrie, Mon. bist., p

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shire. Il est probable que le gallois Ergyng représente Ari-coniode l'Itinéraire d'Antonin, qui est sûrement dans le Herefordshire : le nom serait à corriger, si Ergyng est sincère (on trouve Ercin) en Are-congio-. Pour des changements analogues, cf. Ciren-ceastir (Corinium) ; dans les noms communs : ciris de ceresia, pil(e)re = pellicia, myltestre = meretridum '. La possibilité d'une intervention des Anglo-Saxons dans la transmission des romans de la Table Ronde doit être prise au sérieux. J'ai montré 'qu'on s'était trompé au sujet des rapports des Bretons insulaires et des Anglo-Saxons. Si les Bretons restés indépendants étaient le plus souvent en guerre avec eux, il n'en est pas moins établi historiquement qu'ils ont été à diverses reprises alliés ; le roi breton CatwaUon n'avait pas de plus fidèle allié que le roi de. Mercie, Peanda, et c'est avec sa complicité qu'il détruisit le royaume de Northumbrie et s'empara d'York, en 633. Dans les autres parties de l'île soumises, en nombre d'endroits, il y avait eu fusion. En plein viie-vme siècle, les deux langues, bretonne et saxonne, étaient parlées concurremment en Somerset. Il en était de même du Nord au Sud, sur bien d'autres points 3. Les Anglo-Saxons, comme les Bretons, cultivaient la poésie et la musique. Il ressort même, d'un curieux passage d'une saga irlandaise concernant Cuchulinn, qu'ils ont été appréciés des Celtes comme poètes et chanteurs. Cuchulinn voyageant en Alba, entre dans une maison et se trouve en présence d'une jeune fille qui le salue d'un air- de connaissance. Il s'étonne. Elle lui rappelle qu'ils ont été comaîtai, c'est-à-dire nourris ensemble, chez Ulbecan le Saxon, lorsqu'elle apprenait avec lui la mélodie, c'est-à-dire le chant et la poésie. Ulbecan, comme le fait remarquer Kuno Meyer, à qui l'importance de ce passage n'avait pas échappé, est sûrement une transcription irlandaise d'une forme dérivée de Wulf 4.

1. Pogatscher, Lautlehre der griech., Lat. itnd rom. Lehnwôrier in Alienglischen. Strassb., 1880, p. 77 et suiv.

2. Il n'est pas rare de trouver parmi les signataires des chartes anglosaxonnes des noms bretons.

3. J. Loth, Contributions aux romain de la Tabie ronde (Rev. Celt., 1907, pp. 281-282); Des principales théories sur Vorigine des romans Arthurtens (Rn: Celt., XIII, 475).

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