‹ Contributions à l'étude des romans de la Table rondeChapitre 22 sur 71 · J'emploie p (page) au lieu de colonne · texte numérisé non relu

J'emploie p (page) au lieu de colonne

2. e pour v (i bref) devait être fréquent dans l'archétype. Ainsi Pen. 4, p. 30, donne Wynt (pour le pays de Gwent : ar (IVxnl) tandis que le Livre Rouge a correctement Giuent.

3. w pour â voyelle apparaît déjà dans la seconde moitié du XIIe siècle. On ne le trouve pas dans les Privilèges de l'église de Llandav, mais il se montre dans le manuscrit latin le plus ancien des Lois et dans la version du Black Book of Chirk.

4. J. Loth, L'élégie du Black Book of Chirk (Revue Celt., 191 1, 203).

5 8 /■ Loth.

En revanche w pour v rappelle l'orthographe du Livre Noir de Carmarthen ; 6 pour w indiquerait, il me semble, un manuscrit de la fin du xir ou de la première moitié du xme siècle. Ce signe se montre dans le fac-similé du Book of Llandav (éd. Gwen. Evans-John Rhys), manuscrit du xne siècle, copiant des textes antérieurs, en général : c'est un a avec un trait, en général, fort ténu, prolongeant la moitié supérieure gauche de cette lettre; peu à peu, ce trait est devenu moins anguleux, et a fini par former un tout plus ou moins arrondi avec la partie de la lettre qu'il surmontait et dont il était en réalité indépendant. Il est frappant, très net dans le mot ^/' du fac-si mile de la page 121, à la 2e colonne. Ce caractère, dès le début du xme siècle, dans plusieurs mss., a été systématiquement employé pour fi (ou français), voyelle ou consonne ' .

T pour d spirant est régulièrement employé dans le Livre Noir, dont le manuscrit est de la fin du xne ou du commencement même du xme siècle. On le trouve sporadiquement dans le Black Book of Chirk, écrit vers 1200. Il est employé régulièrement, à la finale et à l'intérieur du mot, dans les parties I, II et III du ms. 6 de Peniarth. C'est aussi un trait saillant de l'archétype de la Myv. ArchacoJogy, pour les poèmes du xne siècle et du commencement du xme siècle de cette collection 2. (Pour plus de détails, v. mon Introduction à ma traduction des Mabinogion, actuellement en cours de publication.)

Si l'orthographe seule suffisait à faire remonter la source manuscrite de l'ensemble à la première moitié du xme siècle, et même, vraisemblablement, au premier tiers, la comparaison avec le ms. 6 nous permet d'être encore plus affirmatif. Ce manuscrit se compose de 4 parties. La ire, écrite vers 1225, ne

1. Dans la partie la plus ancienne du ms. 16 (Hengwrt 54) de Peniarth, qui est du début du XIIIe siècle et dont la calligraphie est identique à celle du ms.de Dingestow Court contenant le Brut Gruff. ab A r, 7 'hit r, on trouve 6, surtout dans les diphtongues. 6 est aussi employé encore pour v (Report on IVelsb t>is., I, II, p. 377 ; The Bruts, p. xm). De même dans Pen. 17.

2. J. Loth, /../ principale source des poèmes des XHe-XIl Ie siècles dam la Myv. Arch. (Revue Celt., XXII, p. 13).

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nous a conserve malheureusement qu'un court fragment de Branwen (2 pages), et la 2e écrite à la même époque, un autre de Manawyddan (2 pages)1, mais la 3e partie, écrite vers 1285, contient deux fragments de Gereint et Enid*. Le texte de ces fragments est d'accord avec celui de la partie IV, qui contient la plus grande partie du roman de Gereint 5. Ce texte de la partie IV aurait été écrit vers 1275. Les trois premières parties du ms. 6, ayant clairement la même orthographe, les mêmes caractères linguistiques, doivent être considérées, quoique écritesà différentes époques, comme remontant à une même source écrite du premier tiers du xinc siècle. On peut en dire autant de la partie IV, qui a simplement été rajeunie orthographiquement . Or, si on compare les textes de Peniarth 4 avec ceux de ce ms., il est évident qu'ils remontent à une même source. On peut donc conclure avec certitude que dans l'ensemble, la rédaction des mabinogion et romans gallois, contenus dans les ms. Peniarth 4 et 6, dans le Livre Rouge4, ne peut être postérieure au premier tiers du xinc" siècle.

Si l'orthographe nous a amené à des conclusions sensiblement les mêmes, trouve-t-on dans les formes des mots des arguments permettant de les faire remonter plus loin dans l'ensemble ou en pu nie, dans Kulhwch, par exemple, et d'établir que les scribes copiaient un manuscrit antérieur à cette époque et sensiblement plus ancien ?

On peut le démontrer pour le Gorehan Maelderw, poème du Livre d'Aneurin dont le ms. n'est que de la fin du xme ou du commencement du xive siècle; il est sûr, d'après certaines graphies que le ms. primitif devait être en vieuxgallois, c'est-à-dire remonter au xe ou au commencement du

1. Cf. Livre Rouge, p. 34, 1. 25 à la page 38, 1. 18 ; p. 49, 1. 20; p. 51, 1. 10 (Wliite Book, p. 279-280; 281-282).

2. Cf. Gwen. Evans, Rep. on mss. in the w. Lang, I, Part. 11 : Peniarth. 6,

3. Le texte en a été publié par G. Evans dans la Revue Celtique, 1887, p. 1-29 : il est accompagné d'une traduction avec notes qui m'est due.

4. Comme le dit avec raison Miss Mary Williams (Essai sur la composition dit roman gallois de Peredur,pp. 30-37), Pen. 4 et le Livre Rouge reproduisent le même archétype ; l'en. 7 et 14 sont étroitement apparentés et représentent une source commune assez différente de la première.

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xie siècle. On peut en dire autant des Lois de Gwynedd dans le Black Book of Chirk.

On trouve quelque chose d'analogue dans la version, de Pen. 4 de Kulhwch et Olwen. On peut citer Cat-britogyon au lieu de Cat-vridogyion (Livre Blanc, p. 429); Twr Bliant, surnom de Teirnon (ibid. p. 64). Il faut évidemment, comme l'avait supposé John Rhys ", lire Turb Liant2, tumulte des flots. Le scribe du Livre Rouge n'a pas compris l'expression et l'a transcrite par Twryv vliant au lieu de Twryv liant ; de même, ce qui est plus curieux encore, le scribe dePeniarth 4 dans le mabinogi de Pwyll : ce qui donne le sens plus qu'étrange de tumulte, tapage de bliant 3. Mais la forme] la. plus probante est genhym pour genhyv dans l'épisode de Kulhwch où le héros se trouve en conflit avec le portier Glewlwyd. Ce dernier va en rendre compte à Arthur qui lui demande : chivedleu porth genhyt ? « y a-t-il du nouveau à la porte ? » Glewlwyd répond : yssydynt genhym, « oui, j'en apporte » (oui, il y en a avec moi) 4. On pourrait citer encore a mab pour a vab, à fils (qui se trouve dans la même colonne), mais ces négligences dans les mutations syntactiques ne sont pas rares ailleurs et dans des textes plus récents. En revanche, genhym pour genhyv est une forme vieille-galloise. Si le scribe ne l'a pas changée en genhyv, c'est qu'il a pensé à genhym, avec nous. Les formes de ce genre se trouvent encore mêlées à des formes plus modernes, dans la langue de transition du xic siècle, par exemple dans les délimitations de champs et les Privilèges de l'église de Llandav.

Gwenogfryn Evans a cru trouver dans les trois englyn de Math ab Mathonwy la preuve d'une transcription d'un manuscrit en vieux-gallois. Ses arguments sont des plus faibles 5.

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