Ibid., p. i)7s
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Tamar, au nord-est, dès 1303, l'élément anglais est très considérable1.
On le voit : si le roman de Tristan est dû à la collaboration des Celtes, des Anglais et des Français ; si, comme cela parait sûr, le roman primitif a été composé en Angleterre, il ne peut avoir eu d'autre berceau, a priori, que le Cornwall. En a-t-il été réellement ainsi ?
Nous ne pouvons l'établir, en dehors de tout renseignement direct, que par l'étude des noms d'hommes et de lieux, par la géographie surtout du roman.
La clef de cette géographie c'est le lieu de résidence du roi Marc : c'est le premier point et le plus important à établir. Aussi le nom de cette résidence chez Béroul, a-t-il, avec raison, grandement préoccupé tous les critiques qui se sont occupés de Tristan : Lancien, en trois syllabes2. On ne le trouve que chez Béroul et dans le conte de Tristan ménestrel 3.
Il a ce mérite d'être isolé, de n'avoir pu être inventé ou pris dans la matière courante de Bretagne. Tintagel était devenu banal, comme l'a fait remarquer M. Bédier; on ne concevait pas d'autre demeure pour un roi de Cornwal. On a vainement cherché Lancien jusqu'ici. Or, Lancien, qui n'est aujourd'hui qu'un village sur la rivière de Fowey, a été le chef-lieu d'un très important manor qui paraît dans le Domesday Book sous la forme Lantien et Lanlhien. Aujourd'hui, on écrit Lantien ou Lantyan, et on prononce, dans le pays, Lantin (à la française Lantine) comme on prononce Lanln pour Lanyon, Mara^ïn pour Mara^ion. Les formes du moyen âge attestent, au contraire, une prononciation Lantsien : en 1283-84 Lan~ian (Assise Rolls 121 : 12 Edw. I); dans le même document Nanncyan (hameau de) ; plus loin, à la même époque Lantyan *, etc. Cet important manor a été divisé en deux de bonne