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Caïendar of Fine Rolls, p

j. Hesc, en breton, désigne plus spécialement la lèche, herbe très coupante ( — "sec-scâ). lui comique, dans le Vocabul. du commencement du xni1-- siècle, hersh-en traduit car canna vel arundo.

5. Macbain, Gaeliç Dict. lui donne les sens de moor with sedge, land covered with sedge or dirk-grass.

Sa /. Loth.

tantif composter subit bien une réduction de la seconde voyelle de la diphtongue au profit de la première, mais garde cette dernière parce que la diphtongue est accentuée.

Il y a un pendant à Morose = Mornnsc; c'est le nom â'Exeter en comique, donné par Edw. Lhwyd et d'autres: Car-esk pour Cair-oisc1 : cf. gallois wysc de Eisca qui nous est donné par des écrivains grecs et latins sous la forme Isca (Isca Silurum, Isca Dumnoniorum). Quant aux deux rr, réduits à un seul r, c'est un fait conforme à la phonétique du moyen-comique. Il ne fait aucune différence entre deux r ou deux / dans Tintérieur du mot entre voyelles : on trouve deux liquides là où étymologiquement il n'y en a qu'une seule et inversement.

Par suite de la réduction de la diphtongue, il y a eu vraisemblablement aussi confusion avec un mot de sens analogue cité plus haut : moresc pour mor-hesc, roseau de mer. Par suite de la présence de i dans mor-roisc, se a dû se prononcer palatal, à peu près s. En comique la sifflante même, si elle provient de / ou d, précédée d'une diphtongue avec i comme deuxième élément, est palatalisée; cos, bois, anciennement coït, s'est prononcé de bonne heure cots; il s'écrivait souvent coys. Il est vraisemblable que, même en vieux-cornique, mor-roisc se prononçait à peu près moi-rois.

Le manor de Moresc était encore fort boisé à la fin du xie siècle : le Domesdav Book lui donne 200 acres de bois contre 100 ares de pâture. On ne peut néanmoins établir d'après le Donlesday Book l'existence d'une grande forêt autour de ce manoir. Nulle part, en Cornwall, ce document ne mentionne de vaste étendue sous bois, quoiqu'il indique en général la contenance en bois de chaque manoir. Mais il n'y a aucune conclusion à en tirer. En effet, dans le Domesday Book, comme dans beaucoup de documents du xne et du xme siècle, le terme de forêt, au point de vue domanial, indique que l'étendue de bois ainsi désignée est réservée aux plaisirs du roi ou du grand propriétaire, et que le paysan n'a pas le droit de la cultiver. Tout le Cornwal fut sous la loi dite forestière jusqu'au règne de Jean sans Terre2.

1. Car-oisc est très probablement le Caroaise de nos romans. 1. Pearson, Historical maps 0/ England, p. 49.

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Il y a cependant un sérieux indice qu'il y a eu une grande zone de bois entrecoupée de rivières, bras de mer, marais, landes et bruyères, depuis Moresk (peut-être de plus haut, depuis Lancien), jusqu'à Constantine sur le bras de mer de Helford d'un côté et jusqu'au mont Saint-Michel de Cornwall de l'autre. Le Rev. Taylor à qui j'ai dû plus haut mes connaissances sur Parva Lantien, et qui ne doute pas que je n'aie raison dans mon identification de Morrois, appelle mon attention sur un fait important : c'est que le manor qui englobait la paroisse actuelle de Constantine s'appelait Trecut, écrit aussi Triroi[l], Tucowit, mais aujourd'hui Trecoyes, ce qui signifie clairement, la demeure dit bois ou dans le bois l. Or, Treeoit, comme Morreis, avait pour seigneur le comte de Cornwall et, ce qui est également digne de remarque, Treeoit était en réalité la propriété du Breton Wibumarc : la suzeraineté du comte de Cornwall n'était probablement que nominale. Ces faits éclairent d'un jour éclatant un passage de Béroul qui n'a pas été compris, et ce passage à son tour, bien interprété, confirme mon hypothèse sur l'étendue de la foret de Morrois.

L'ermite Ogrin, chez Béroul, conversant avec Tristan dans la forêt de Morrois, en plein Cornwall, lui rappelle le fameux saut de la chapelle (y. 2384) :

Tel sattl feistes quil na home,

se il le vit n'en ait hisdor

De Coslanlin entres qua Rome.

M. Muret — ce en quoi, il était fort excusable — en a conclu que Béroul est du Cotentin normand.

Comparer un pays à une ville a déjà quelque chose d'anormal. Il est également invraisemblable que Béroul mettant la scène en Cornwall ait eu une pareille idée. En tout cas, il

1. La forme actuelle suffirait à établir qu'il faut préférer Treeoit ou Trecut. Leeornique de bonne heure réduit la diphtongue oi ui à la première voyelle, la dentale finale estassibilée et se prononce palatale à cause de 1'/ précédent : au lieu de Tre-coit on a prononcé Trecoi ou mieux Trecots ou TrecuH. VExon Domesday aussi donne un manor de Ticoii (coith), fol. 247 b. Il est probable qu'on prononce Tre-godj\ autrement, si c'est Trecodj, il faudrait

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est évident que l'auteur primitif n'a pu prendre comme point de comparaison un pays étranger situé au loin sur le continent. La source de Béroul devait porter Coslcutin, mais un Costentin deCornwall. Or, il y en a un, écrit aujourd'hui Constantine, paroisse qui atteint le bras de mer de Helford, au sudest de Moresk, à cinq ou six milles de Falmouth. Ce nom est écrit au Xe siècle Custenîin — Côstautiuus, vieux breton Custentin. Il a été écrit sûrement de bonne heure Coslcutin : dans les Manumissions on the Bodmin Gospel qui sont du xie siècle, avant la conquête de Guillaume, on trouve parmi les témoins Citstentin; le nom est également écrit Costentin; on a prononcé de bonne heure Costentin, comme en fait foi le nom de lieu Tre-gesteyntyn en 1386 et aussi Tre-gostentin, la demeure de Kosteutin. On trouve encore Constantinus dans le Domesday Book (Constantine actuelle) comme propriétaire de terres. On a vu plus haut que le manor qui englobait Costentin était Trecoit, la demeure du bois, et que son seigneur était en même temps maître de Morreis. Il est tout naturel qu'Ogrin ait pris comme terme de comparaison l'extrémité même de la forêt où il vit. Peut-être aussi le conteur primitif vivait-il à l'ombre du manoir de Trecoit et voulait-il iaire sa cour au maitre de ce lieu et de Morreis; peut-être encore était-il conteur attitré de Wihumarc ou d'un de ses descendants ',

Si Ogrin a voulu prendre comme terme de comparaison un des points les plus reculés du Cornwall par rapport à Rome, il y 'a un autre Constantine qui conviendrait encore mieux : c'est Saint-Constantine en Merryn, à peu de distance de la rive gauche de la rivière Camel, à l'est de Cornwall, à quelques lieues au sud de Tintagel. La baie qui touche s'appelle Constantine Bay. L'église envahie par les sables a été abandonnée (Compl. par. hist.,ÏÏL3 p. 3 18).

Quand le roi Marc accepte de reprendre Iseut et que les amants vont quitter la forêt, Ogrin va faire des achats (palefroi, étoffes') pour la reine, au Mont (y. 2735).

supposer Treg-(Trig-)-coit ; trig pour treg est un terme fréquent dans les noms de lieu et signifie séjour. Heu de séjour. La graphie Tricoit me ferait pencher pour cette hypothèse.

1 . Tre-gostentin étant en Lanlivery, à un mille et demi, au nordouest de Lancien, mérite d'être signalé.

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Il est certain qu'il s'agit du Mont Saint-Michel de Cornwall, dans la paroisse actuelle d'Hilary, sur la haie de Peflzance.

Le mont n'est pas loin de Constantine et n'est pas à une grande distance non plus de Moresk. Le nom comique du mont est : Karrek lu.; en Kit~, écrit aussi d'après une orthographe plus usuelle Carrée low%e en Cows ; il est exactement traduit par l'auteur anonyme de la grande Parochial History of Cornwall (II, p. 210) : The hoary rock in the wood, le rocher grisâtre dans le bois1. Ce terme curieux semble bien indiquer qu'il était à l'extrémité d'une grande forêt dont il n'était pas séparé à marée basse. Près de là, à Helston, le Domesday Book signale un bois d'une lieue de long2.

D'après Pearson >, il serait certain, à la suite des travaux des géologues, que le mont, à l'époque historique, était bordé de bois. Le mont Saint-Michel de Cornwall avait étédonné par Robert, comte de Mortain, en 1105, au mont Saint-Michel de Normandie. Saint-Michel de Cornwall fut l'objet de nombreuses faveurs et donations. Robert de Mortain lui avait attribué des terres assez importantes en Cornwall et l'autorisation de tenir un marché tous les jeudis 4 ; Richard Ier autorisa les moines à tenir en plus trois foires annuelles5. Henry, évêque d'Exeter, en 1205 6, leur fait don de diverses églises en Devon et Cornwall, notamment de Morres et de Saint-Hilary dans ce dernier pays, pour l'entretien des pèlerins et des hôtes. On comprend facilement qu'Ogrin pour faire ses achats se soit rendu à un centre de foires et de commerce si connu, le seul probablement dans un rayon étendu, dans ce pays de landes et de bruyères qu'est le Cornwall.

1. On a dit que ce terme se serait appliqué d'abord au mont Saint-Michel de Normandie et plus tard par erreur à celui de Cornwall; ce n'est pas vraisemblable. Max Mùller a écrit un Essay sur The Institution of Saint-Michaeh mount. Il est probable que les auteurs de l'hypothèse que je viens de citer ont entendu parler de la fabuleuse foret du mont Saint-Michel.

2. La leuca, à cette époque, parait valoir un mille et demi de long.

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