‹ Contributions à l'étude des romans de la Table rondeChapitre 48 sur 71 · Complète par. hist. of Connu., II, p · texte numérisé non relu

Complète par. hist. of Connu., II, p

Romans de la Table rotule. 93

L'influence des Anglo-Saxons se manifeste surtout dans le nom du philtre d'amour chezBéroul. : LoucVeitdris el Lovendrant pour Lovendrinc et LovendrUnc ' . Ce terme avait été sans doute adopté par les Cornouaillais delangue brittonique eux-mêmes. Il y a déjà d'importants emprunts anglo-saxons dans le Vocabularium cornicum dont le manuscrit est du commencement du xme siècle, mais qui est vraisemblablement une copie d'un manuscrit du xne siècle. Il est, en revanche, fort possible que le terme anglo-saxon ait supplanté un mot cornique du même sens. On connaissait en Cornwall, l'herbe d'amour : dans le Voc. corn., cesxles-scrchoc (herbe amoureuse, qui donne l'amour), glosant lappa. Actuellement encore, en Basse-Bretagne, on croit à la vertu en quelque sorte amoureuse de breuvages où entrent certaines herbes, et on en a même usé à ma connaissance, dans mon propre pays, vis-à-vis de jeunes filles, dans une intention des plus blâmables.

L'arc de Tristan, VArc-qui-ne-faut, dont parle Béroul, leur appartient, comme l'a fait remarquer M. Muret (Le roman de Tristan, Préface, ix). Une tradition recueillie par Geffrei Gaimar, dans son Estoire des Engles (écrite entre 1 147 et 1151), attribuait l'assassinat du roi Eadmund (en 10 16) à YArc-quihe-faut, dressé par le traître Eadric.

C'est par les Anglais, vraisemblablement, que les Français ont connu Laniienet Tintagel avec les prononciations Lanisien, et Tintadj?lz. La graphie Morreis et Morrois leur parait due également. C'est à eux qu'il faut restituer soit Andret, soit Audred. Andret ou Andred est un nom de lieu répandu en Angleterre, inconnu en Galles et en Armorique J : Andredes-ceaster ', Andredesleage*, Andredes mida \ en Kent; Andredes-ye6 (île)

1 . Il y a un prieur de Landewednack au xive siècle du nom de Joh. Lovedrem qu'on serait tenté de lire Lovedrenc(Grandisson Reg. II, p. 556, dans Episcop. Reg. ofthe dioc. ofExeter).

2. E et <> dans Tintagel, Tintajol, représentent un son intermédiaire entre ô et 0 : v. plus haut.

}. Ethelweardi Chron. I, apud Pétrie, Mou. hist. brit., p. 503.

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