Bédier, Tristan, I, p. 2, note
Romans de la Table ronde. 101
le lèverait. Rouland remonte clairement à une forme écrite insulaire Rualand pour Ruallan : cl. Cadoalant dans le Domesday Book pour le Cornwall. Le groupe Riw est arrive à Ru (li français) et dans Ruait pour Riwalt et dansRuaîlon pour Riwallon . La terminaison -an (et-ant) pour le vieux-breton, vieux-corniqueet vieux-Gallois ôn(ga\\.-auri) et vieux-celt. âno-, ne parait pas en Armorique avant le xv* siècle et n'estguère usitée qu'en vannetais; elle est proprement insulaire. J'ai cité dans le Domesday Book, Cadoalant. Dans une charte de l'abbaye de Margam en Galles, c'est encore Caduuallan en 1129 '. Dans Layamon Riwallon est transcrit par Riwadâlan. De plus, lanà pour lan est également fréquent dans le Domesday Book : Hen-land pour Hcn-lan, auj. Hellan en Probus; Porttalant, auj. Portalla en Ta lan (écrit à tort Taland); Treland, auj. Trelan en S'-Keverne . La forme qui explique Rouland se trouve dans une charte de 11 33 : Ruallan, variantes Ruwathlan, Rwatlan2 {The Bruts, à l'année 1062 : Ruallawn). Une forme Rualand, avec / simple et terminaison d, serait plutôt comique, le comique ne connaissant pas / sourd et ayant indifféremment une ou deux liquides en situation intervocalique, mais avec transcription anglo-saxonne. Eilhart aura lu le u de sa source écrite û (ou français) au lieu de fi\ Il est possible que pour Rouland il y ait eu confusion avec un autre nom. Après avoir envoyé ce travail à l'impression, j'ai relevé, en Devon, le nom de Rouland dans le nom de Rouland-es ton (Feudal Aids, I,p. 314 : an 1284-1286).
Le nom de Donoaleu,Deuoalen, n'est pas exclusivement breton comme l'a avancé M. Bédier. On ne le trouve pas d'ailleurs sous ces formes ni dans le Cart. de Redon ni dans celui de Quimperlé. On ne trouve que les formes avec finale -on, -un ; aucun des noms cités par M. Bédier nelamontre. Je ne vois de forme armoricaine -en pour ce nom qu'en 1434 (Donguallen) 4.