Ibid., à Drostan
3. Ibid., à Drusticc. Drusticc pourrait bien être pour Drusticnâ : cf. gaulois I )
4. Zeitschrift fur fran\. Sprache und Lit., XIII (1891), p. 73. Cf. Paris, Poèmes cl légendes du moyen doc, p. 141 ; Bédier, Le roman de Tristan de Thomas, II, p. 107-! 10.
5. Skene, Chronicîes of the Picts, Chronicles of the Scols, p. 9, p. 400 ; p. iy, Talorcen. Druisleu ; — cf. Stokes. Pict. mîmes, p. 67.
Romans de la Table ronde. 19
Spirante se résout en un son semi-yocalique y, a, w, suivant la voyelle qui précède :
val go-, abondant, gallois gwaly et gwala, en une syllabe; breton gwalch; dalg-, tenir, gallois daly, bret. dalch; lorgtrace, irland. lorg, gallois llwry et llwrw, etc.
Si on le suppose emprunté, il fût resté Talorg ou eût évolué comme précédemment. De plus, r n'eût pas disparu : c'est un phénomène qui ne se produit que dans des mots proclitiques, avant l'accent : ech pour erch = verch, merch dans les généalogies en moyen-gallois.
Le nom de Talorgan est probablement, au fond, comme l'ont supposé John Rhys et Whitley Stokes l, le même nom que le gaulois Argio-talus, front brillant. Les Gallois l'avaient ainsi compris, car dans les Annales Cambriae, document rédigé au xc siècle, à l'année 750, nous lisons : Bellum inter Pictones et Brittones, id est Gueitb Mocetauc (la bataille de Mocetauc), et rex connu Talargan a Brittonibus occiditur2 . A l'année 750, les Annales de Tigernach signalent la même défaite de Talargan mac Fergusa : Talargan est le gallois Talaryan et est aussi brittonique que picte.
Une autre impossibilité est le double // gallois : c'est un / sourd qui ne se présente qu'à l'initiale pour / simple : dans l'intérieur ou à la fin du mot, il représente toujours / plus consonne : àlyo-s vieux celtique donne en gallois ail ; breton et corn, ail, avec / prolongée mais sonore. Devant une dentale, / devient également sourd : allî, rivage ; callaur — calddaria. Ll gallois ne peut jamais entre voyelles représenter / simple irlandais 3.
Les noms Dntst, Druslan sont remarquablement fréquents chez les Pietés.
Que Tristan soit né chez les Pietés, ou y ait vécu, certaines versions du roman semblent l'indiquer. Mais il ne faut pas