Rhys, Lectures3, p. 403 ; Stokes, Pict. naines, p
2. Loth, Mabin,, II, p. 332, Mocetauc est probablement Mugdock dans le Stirlingshiré.
3. Il v a toujours dans les travaux de Zimmer touchant aux langues brittoniqu.es, à coté d'heureux aperçus, de fâcheuses faiblesses accusant une connaissance insuffisante des particularités de la phonétique de ces langues.
oublier que toute la région du sud de l'Ecosse était singulièrement mêlée. La loi de succession chez les Pietés, d'après laquelle, au moins en cas de doute, la filiation se faisait par la mère, avait eu pour effet d'introduire des chefs Bretons, Scots et même Angles ' jusque dans la famille royale de ce peuple. Des Bretons de Strat-Clut, dont la capitale ou forteresse principale était la ville actuelle de Dumbarton, le Dunbrcltan des Scots, étaient en rapports continuels de guerre ou d'alliance avec eux, ainsi qu'avec les Scots émigrés d'Irlande et même les Angles.
Le nom de Tristan, sous cette forme, n'a pu être transmis par les Gaëls d'Irlande ou d'Ecosse :. l'accent chez eux étant dans les noms, sur la première syllabe, on n'aurait eu que Drostan ou Troslan.Et c'est précisément la forme que nous a conservée le Landnama-bôc dans le nom de lieu d'Irlande, Trostans-fiovâ 2 .
Pour la lorme pictique propre, nous ne sommes pas assez au courant de la phonétique de cette langue pour pouvoir rien affirmer : nous n'avons que des noms d'hommes ou de lieux et quelques inscriptions peu limpides et rares. Les noms de lieux de la région pictique sont manifestement celtiques et semblent indiquer une parenté plus étroite avec le brittonique qu'avec le gaélique. Il paraît probable qu'au x-xie siècle, on n'aurait pas eu chez les Pietés, d'affaiblissement de Drostan en Drostan.
En comique, comme en breton, jusqu'au xi-xme siècle, il n'y a pas de tendance à affaiblir // ou o dans des formes analogues à Drustan.
Je n'ai relevé qu'un cas d'affaiblissement de », Ô dans les gloses bretonnes du Xe siècle : gloses à Eutychius, Helabar gl. graecus (qui parle bien, pour hu-labar = irl. sulbair = su-labans). On peut ajouter dans les noms de lieux Les-neuueth ; à
i. Talorcen filius Enfret (Pict. chr.t p. 7): Enfret est un chef anglosaxon, fils d'Aedilfrid, qui se réfugie chez les Pietés (Bède, Hist. Ecries., III, chap. I, chez Pétrie, p. 172). Eanfrid séjourna chez les Pietés de 617 11633.
2. Vigfusson and Powell, Origines islandicae. Oxford, 1905, tome I, p. 103.
3. |. Loth, Chrestom., p. 155. Je dois reconnaître que les exemples analogues a Drostan manquent en comique : voir plus bas, V.
Romans de la Table ronde. 21
l'année 826, mais c'est une forme manifestement rajeunie.
Au xie siècle même, l'affaiblissement de /?, ô est rare : en 1081-1082 kemper1 au lieu de avnper resté sous cette forme archaïque en Haute-Bretagne, par exemple dans un nom de lieu de la forêt de Broceliande.
En gallois, au contraire, l'affaiblissement dans ce cas est de règle. Dans les gloses du ix-xe siècle, on distingue à première vue une glose galloise d'une glose bretonne (ou cornique) à cette particularité; l'accent est plus nettement sur la dernière syllabe en gallois et la voyelle de la syllabe précédente est plus fortement atteinte : gall. cilchet (plur. cilchetou), breton colcet = culcita 2 ; gallois Cinan, breton Cunan, Conan resté aujourd'hui sons la forme Conan (ainsi qu'en comique moderne). L'affaiblissement de û, ô en ô bref se constate dans l'écriture dès le commencement du ixe siècle ; dans les notes marginales au Codex de Lichfield 3 qui sont de ce siècle, on a régulièrement 1 pour o, û non accentué ; finnaun pour funtaun, licat pour Jùcat ou local, cibracma pour comrancma- ; licho iiionr (Jiho pour lochou); cimer pour comher = combero, etc. A remarquer Cincenn qui, dans l'inscription du pilier de pierre trouvé dans le voisinage de l'abbaye de Valle Crucis près Llangollen (Denbighshire) est encore Concenn : l'inscription est de la fin du vme ou du commencement du ixe siècle 4.
On devait avoir dès le ixe siècle. Drôstan ou Troslan : Trostan pour Drôstan s'explique facilement : outre qu'il y a d'autres exemples de changement spontané de dr initial en tr ■ sans raison apparente, il y en a ici une très claire : Drôstan a évolué en Troslan, sous l'influence du / du groupe si qui suit. Les formes Drystan et Trystan paraissent à peu près contemporaines dans les documents gallois, mais Drystan est sûrement
1. Dans lecart.de Quimperlé, à Farinée 1081-1082 (Chrest., p. 116).