J. Loth, Mai., II, p
5. Gall. trum, dos, colline (appliqué métaphoriquement l'arête d'une colline ou d'une chaîne de collines); cf. irl. druitn. De même, drem, vue. visage, et hem; drythyll, assuré par L'irlandais dretell, et trythyll. Cf. J. Loth, Romania, XXV, p. 22.
2 2 /. Loi h.
antérieur et plus fréquent. Dans le Livre Noir de Carmarthen (xne siècle), on a encore Dristan sous la forme qui l'a dérobé aux recherches Diristan avec une voyelle irrationnelle : la mesure assure Dristan1. Le Liber Landavensis, dans un document rédigé vers noo, nous donne Tristan pater Avel 2.
Comment la forme Trôstan (JDrôstan) a-t-elle pu passer sous la forme Tristan aux auteurs français ? Nous avons vu qu'elle ne pouvait guère leur être venue d'Armorique ni peut-être de Cornwall. On peut aller plus loin : la forme Tristan représentant la prononciation Trôstan est une forme écrite plutôt galloise. La graphie habituelle, régulière, en gallois du ixe au xie siècle, pour a, o affaiblis est/: cilcLvl, lichou, Cinan, Jicat, etc., etc. 5. En breton, //, o affaiblis s'écrivent e : ce qui n'a rien de surprenant, î et e s'étant fondus en e dès le ix-xe siècle dans cette langue. La forme équivalente au gallois Trxstan, nous la trouvons dans le Cart. de Quimper, dans un acte de 1368 : Trcstan : insula Trcstanni, dans la baie de Douarnenez, aujourd'hui l'Ile-Tristan. Ce nom n'est pas venu par les Gallois : c'est un patrimoine commun aux deux groupes. La légende de March aux oreilles de cheval est très connue dans cette région. On y trouve même le nom de lieu Porqnarch, où elle a été localisée.
Le nom de Drystan est resté jusqu'à nos jours dans un nom de la région du Snowdon : Carnedd Drystan, le Çaim de Drystan f.
Pour u, ô affaibli, 1'/ a été remplacé peu à peu, à partir du xie siècle par y emprunté aux Anglo-Saxons >. Mais i joue encore couramment ce rôle au xne siècle dans le Livre Noir, et les Lois. Si les Anglo-Saxons avaient pris le nom de Drustan, Drostan, picte ou gallois, ils l'eussent conservé sous cette forme. On peut, il est vrai, supposer qu'ils ont pu l'emprun-