‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 107 sur 367 · TOME XVII · texte numérisé non relu

TOME XVII

lement au bas des buissons. Elle pond ses œufs en anneau autour des petites branches; ils éelosent une quinzaine de jours après. La chenille ressemble beaucoup à celle de 5. pyri; mais ses tubercules sont toujours jaunes. Elle se nourrit de prunellier, ronce, saule, airelle, aubépine, orme, charme, bouleau, fraisier, potentilles, bruyères, etc., fait son cocon près de terre, dans les broussailles, juillet-août.

Fam. — DREPANULID^

G. 34. — DREPANA Schrk.

Chenilles nues à quatorze pattes, celles du dernier anneau étant remplacées par une queue relevée, simple et tronquée. Elles se chrysalident dans un léger cocon caché dans le repli d'une feuille. Les chrysalides sont saupoudrées de blanc ou de bleuâtre. Le papillon a plutôt Taspect d'une phalène que d'un bombyx.

D. falcataria L. — Assez rare en avril-mai et juillet-août dans les bois frais et humides. Chenille en mai et septembre sur chêne, bouleau, aulne, tremble, saule.

D. curuatula Bork. — Deux exemplaires pris en juin dans le parc de Montjeu (C*). Chenille sur aulne, bouleau, chêne, en mai et septembre. Le papillon doit se trouver aussi en avril-mai.

D. lacertinaria L.— Forêts de Planoise, Montjeu, Fragny, etc. , dans les lieux plantés de bouleaux, en juillet. Assez rare (C*). Chenille en juin et septembre sur bouleau. Papillon se trouve aussi en avril-mai.

D. binaria Hufn. — R. Bois, buissons ; bois de Saint-Léger de juin à août. Chenille sur le chêne en juin, septembre et octobre.

D. cultraria F. — Deux exemplaires pris aux environs d'Autunenjuin (C). Chenille sur hêtre, chêne et prunellier.

GATALOGUB RAISONNÉ. — BOMBYGRS. 259

G. 35. — aux Leach.

C. spinula S. V. — 0. En avril-mai, puis en juillet-août, dans les bois, le long des buissons, etc. Chenille en juin et septembre sur prunellier et aubépine.

Fam. » NOTODONTID/K

G. 36. — HARPYIA 0.

Chenilles sans poils ; au repos, elles rentrent la tête sous le premier anneau comme sous un capuchon. Leur corps diminue de grosseur de la tête à la queue. Elles n'ont que quatorze pattes ; les deux dernières étant remplacées par deux cornes creuses, relevées, d'où elles font sortir, si on les inquiète, deux filets mous et très déliés, jaunes, orangés ou rouges, qui leur servent sans doute à chasser les mouches parasites. Elles construisent contre Técorce des peupliers, saules et trembles, une coque très dure, composée d'un mélange de débris d'écorce, collés ensemble par une matière gommeuse, de telle façon qu'il est impossible de les distinguer de Técorce environnante. On ne les trouve qu'après l'éclosion, car alors il est facile de voir le trou de sortie.

H. furcula L. — R. D'avril en juin, contre le tronc des peupliers, saules et trembles, qui nourrissent la chenille en août-septembre.

H. bifida Hb. — Comme la précédente, dont elle est très difficile à distinguer.

//. erminea Esp. — R.R. en mai-juin. Je l'ai trouvée une fois contre un peuplier, sur la route de Paris. Chenille sur peupliers et saules de juin à septembre.

H.vinula L. — Moins rare, au printemps et en été. Chenille en été et en automne, partout où il y a des saules et surtout des peupliers.

G. 37. — 8TAUR0PU8 Germar.

S.fagi L. — Forêts de Montjeu, Planoise, la Chaume, et çà et là dans tout le département, en mai et juin. Rare. Sa chenille est une des plus étranges qu'on puisse voir. La seconde et la troisième paire de ses pattes antérieures sont d'une longueur démesurée, et le der« nier anneau de son corps est muni de deux appendices en forme de fourche, divergents et mobiles. Dans le repos, elle redresse ses deux extrémités, en laissant pendre ses longues pattes. Pour qui ne la connaît pas, il est difficile de la prendre pour une chenille. Elle vit non seulement sur le chêne, mais aussi sur le bouleau, le chêne, le noisetier, aulne, tilleul, prunier, sumac, en août et septembre (C).

G. 38. — HYBOCAMPA Led.

H. Milhauseri Esp. — Sa chenille aie dos muni d'épines fourchues, le dernier anneau fourchu, et porte, comme la précédente, la tête et la queue relevées dans une attitude menaçante; du reste, elle se sert très bien de ses mandibules pour mordre la main qui la prend. Elle vit sur le chêne en août et septembre. Creuse d*Auxy, Montjeu, forêts des environs de Ghalon, etc., en mai et juin. Rare en tout pays. Lorsque Godard publia cette espèce, en 1822, aucune des collections de Paris ne la possédait; il fut obligé de faire copier la Cgure d'Hubner (C*). Je ne l'ai jamais trouvée (And.).

G. 39. — NOTODONTA Ochs.

Les chenilles de ce genre, jamais velues, ont généralement une bosse sur les cinquième, sixième et septième anneaux, et le pénultième est toujours relevé en pyramide.

CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYCES. 261

Pendant le repos, elles se tiennent seulement sur les quatre pattes du milieu et relèvent les deux extrémités du corps, en tenant la tête renversée.

H. dictœa L. — R. en mai et juillet-août, contre le tronc des peupliers. Chenille en juin et septembre, sur peuplier, tremble, bouleau et saule. Chrysalide dans la terre, au pied des arbres.

H. dictœoldes Esp. — R.R. Deux exemplaires pris en juin, l'un à Montjeu, Tautre à Ântully (C). Chenille sur peuplier, tremble, bouleau, aulne, saule; se chrysalide en terre.

H. zigzag L. — 0. en mai-juin, puis en août-septembre. Chenille sur chêne, saule, bouleau, peuplier, de juin à octobre. Elle se chrysalide, entre les feuilles, dans une coque assez légère.

H. tritophua S. V. — R. Saint-Maurice-lès-Couches, Autun, Chalon, Mâcon, en mai et août. Chenille sur peuplier, tremble, bouleau et saule, en juillet et septembre. Chrysalide dans une toile, entre les feuilles.

H, tremula S. V. — Un exemplaire, pris en juin à Montjeu (C*); un exemplaire, à Mâcon, le 3 mai. Chenille en juillet-août, sur le chêne.

If' terua Hb. — Un seul exemplaire, presque en débris, à Montjeu (C*). Papillon en mai-juin, puis en août-septembre. Chenille en juillet et octobre, sur peuplier, tremble et bouleau. Chrysalide sous les feuilles sèches, à la surface de la terre.

*. dromedarius L. — R. Montjeu, Brisecou, Creuse d'Auxy, en mai et août (C^). Chenille, sur aulne, bouleau, noisetier et chêne, en juillet et octobre. Chrysalide en terre ou sous les mousses et les feuilles sèches.

*• (fuerna S. V. — R. Forêts de chênes, en juin, surtout en montagne. Environs d*Autun. Chenille en août et septembre, sur le chêne (C*). Chrysalide dans la terre ou sous la mousse, au pied des chênes.

N. dodonea S. V. — Mêmes mœurs que le précédent. Peutêtre un peu moins rare.

I\l. bicolora S. V. — R.R. Un exemplaire pris par M. Roidot- Deléage, un par M. Proteau et un par M. Constant, en mai 1862, au parc de Montjeu. Chenille sur bouleau en août-septembre.

G. 40. — LOPHOPTERÏX Steph.

L. camelina L. — O. En mai-juin. On trouve aussi Tab*' Giraffina^ qui est plutôt grise, tandis que le type est plutôt roux. Chenille de juillet à octobre sur les arbres forestiers et fruitiers. Chrysalide dans la terre.

G. 41. — PTER08T0MA Germ.

P. palpina L. — 0. En avril-mai, puis en juillet-août, contre le tronc des peupliers. Chenille en juin et septembre sur peuplier, tremble, saule et tilleul. Chrysalide en terre, dans une coque molle et blanchâtre.

G. 42. — DRYNOBIA Dup.

D. oelitaris Hufn. — Bois de chênes, en mai et juin. R. Chenille dans les taillis de chênes, de juillet en octobre (C*).

G. 43. — QLUPHI8IA Bdv.

Q. orenata Esp. — R.R. Deux exemplaires obtenus de chenilles trouvées à Saint-Maurice-lès-Couches, sur le peuplier, en septembre et octobre. L*insecte parfait en mai et, sans doute aussi, en août (C^).

CATALOGUE BAISONNÉ. — BOMBYCES. 263

G. 44. — CNETHOGAMPA Steph.

G. processionnea L. — M. Constant dit : <c N'a été trouvée » jusqu'à présent, en Saône-et-Loire, que dans Tarron- 9 dissement de Gbalon, mais elle doit certainement » habiter d'autres localités, car j'ai trouvé près d'Autun » le Calosoma sycophanta dont la larve vit dans les nids » de cette chenille et se nourrit de leurs habitants. » Je n'ai jamais trouvé cette espèce aux environs de Mâcon, quoique le Calosoma sycophanta n'y soit pas très rare. Il vit probablement aux dépens de la Processionnaire du pin. Les chenilles de C. processionnea (Processionnaire du chêne) vivent en société sous une tente soyeuse qu'elles placent contre le tronc des chênes, souvent à peu de distance de terre. Quand elles en sortent, pour aller manger, elles se suivent exactement par files, ce qui leur a valu leur nom de Processionnaires. Leurs poils occasionnent, si on les touche, de vives démangeaisons qui durent parfois plusieurs jours. Papillon en août; beaucoup plus rare que la chenille.

0. pytiooampa S. V. — Les chenilles de cette espèce vivent sur les pins. Elles habitent des nids placés vers Textrémité des branches. Ces nids, dont la grosseur varie de la taille du poing à celle de la tête, sont formés de toiles de soie très blanche et très brillante. Ils contiennent chacun de cent à cent cinquante chenilles. On les trouve en hiver et au printemps aux environs de Mâcon, partout où il y a des pins. J'en ai vu aussi près du viaduc de Mussy-sous-Dun. M. de Rocquigny- Adanson les signale aussi dans l'Allier. Les chenilles sortent ordinairement la nuit, parfois le jour, quand le temps est couvert. Elles forment alors une file ininterrompue, chacune touchant la précédente avec la tête.

264 E. ANDRÉ. — LÉPIDOPTÈRES DE SAONE-ET-LOrRE.

De temps en temps, la première s'arrête pour laisser à la colonne le temps de se former et elle ne se remet en marche que quand elle se sent suivie. En marchant, chacune d'elles laisse un fil de soie qui servira à les guider au retour. L'ensemble de ces Sis forme un ruban soyeux de 1 ou 2 millim. de largeur. Si Ton vient à séparer la colonne en deux portions, en rejetant au loin quelques chenilles, celles de devant s'arrêtent aussitôt pour attendre que les autres les aient rejointes. Une fois arrivées sur une branche bien pourvue de verdure, chacune s'occupe à manger le plus possible sans s'inquiéter de conserver l'ordre de marche ; mais, au moment du retour, la procession se reforme et reprend le chemin du nid, en suivant le fil qu'elles ont laissé à leur départ. Les poils qui se détachent de leur corps occasionnent aux imprudents qui les touchent ou même qui approchent trop près de leur nid des démangeaisons très douloureuses que Teau phéniquée,ralcali, les bains sulfureux sont impuissants à faire cesser avant plusieurs jours. L'eau blanche réussit mieux, parait-il. En avril-mai, elles descendent, de leur arbre, toujours en procession, et cherchent un endroit propice pour s'enterrer. C'est le moment de les récolter si on veut obtenir le papillon, d'éclosion, car, dans la nature, il est tellement rare que je ne l'ai jamais trouvé. (Il se tient probablement à l'extrémité des branches de pin.) Quand les chenilles sont enterrées à une profondeur de 15 à 20 centimètres, elles tissent un cocon d'un brun foncé, en soie dont tous les fils sont agglutinés, ce qui lui donne la consistance d'une feuille de papier. Long de 3 centimètres environ, il a la forme d'une olive. Quelques jours après, elles se métamorphosent en chrysalides. Celles-ci sont d'un brun clair, très lisses et coniques à chaque extrémité. Le papillont éclôt au mois de juillet suivant. La

CATALOGUE RAISONNÉ. — BOMBYGES. 265

femelle dépose ses œufs en anneau autour des branches de pin et applique dessus les pellicules de son abdomen, en les disposant à la manière des tuiles d'un toit.

G. 45. - PTILOPHORA Steph.

P. plumigera Qod. — Chenille lisse, avec des raies longitudinales et l'avant-dernior anneau légèrement relevé en bosse ; elle vit en mai sur Térable, le saule et le bouleau. Papillon en juin, probablement aussi en novembre et décembre. Un exemplaire à Saint -Laurent! (M. Limard); un autre sur le quai du Breuil.

G. 46. — PrG£RA Och.

P. Bucephala L. — Chenille longue, presque cylindrique, molle, demi-velue et rayée longitudinalement de gris et de jaune, avec la tête forte et globuleuse. Elle vit en petits groupes pendant son jeune âge. Je l'ai trouvée sur le tilleul et l'aulne ; elle mange aussi chêne, peuplier, tremble, saule, bouleau, orme, hêtre, etc., de juillet à octobre. Chrysalide à nu dans la terre. Papillon en mai-juin, assez rare autour de Mâcon.

G. 47. — GL08TERA Steph.

Chenilles à grosse tête, courtes, portant des tubercules, hérissés de poils. Quelques-unes ont en outre un ou deux mamelons charnus, garnis de poils. Leurs mœurs rappellent celles des Tordeuses; elles vivent solitairement cachées dans une feuille roulée, dont elles mangent l'intérieur et en changent quand elles n'y trouvent plus à se nourrir. Pour se chrysalider, elles établissent une légère toile dans leur dernière habitation.

G, anastomosis L. — Environs de Chalon-sur-Saône, sur les peupliers (C). Un exemplaire à Mâoon (place d'Armes), en mai-juin, puis août-septembre. Chenille en mai et juillet, sur peupliers et saules.

G. curtula L. — R.R. en mai et août. Chenille sur peuplier, tremble et saule, pendant presque toute la belle saison. Très abondante en juin, cette année, dans un bois de chênes près de Bussières.

G. anachoreta L. — Mêmes mœurs et époques que Curtula,

G. reoluaa L. — Comme les deux précédents, mais bien moins rare.

Fam. — CYMATOPHORID^

G. 48. — QONOPHORA Brd.

Q. Derasa L. — R. partout en juillet. Chenille sans poils, tenant, au repos, ses pattes anales relevées. Elle vit, en août-septembre, sur le framboisier et les ronces.

G. 49. — THYATIRA Och.

T. Bâtis L. — R.R. en juin. Bois de Saint-Léger. La chenille vit, en juillet, septembre et octobre, sur les feuilles de ronces où elle se tient, au repos, recourbée en fer à cheval. Elle a le dos un peu relevé en bosse, du quatrième au onzième anneau.

G. 50. GYMATOPHORA Tr.

Ce genre, comme les deux précédents, comprend des papillons qui ressemblent beaucoup aux noctuelles. Leurs chenilles sont lisses, à peau 6ne et plissée, aplaties en dessous, à tête grosse, aplatie, élargie par en bas, vivant sur les arbres, entre deux feuilles liées avec de la soie.

CATALOGUE RAISONNÉ. — BOKBYGES. 267

C. Ocularia L. — R. en juin. Chenille en septembre, sur le peuplier.

C. or 3. V. — R. pendant le printemps et Tété. Chenille sur peuplier, tremble et bouleau.

C.duplaris L. — R.R. Chenille sur peuplier et aulne. Mêmes époques que la précédente.

C.fluctuoaa Hb. — R.R. Porôt d'Ornez, en juillet. Chenille sur le bouleau (C).

C. dilata S. V. — Un seul individu pris à Saint-Maurioelès-Couches en septembre 1861 (C). Chenille en maijuin, sur le chêne.

C. flaoicornis L. — R. en mars-avril. Creuse d'Auxy, bois des Revireys, Ornez (C), bois de Naisse, etc. Chenille en juin, juillet et septembre, sur le chêne, le bouleau et le peuplier.

C. ridena P. — R. en avril-mai, dans les bois de chênes. Chenille en juin, sur le chêne, surtout sur les vieux arbres (C*).

PI. VIII bis.

1. Acherontia Atropoa, — 2. Sphinx pinastri. — 3. Deilephila eupborbiœ. — 4. Deilephila Elpenor (réduit). — 5. Deilephila Porcellus (réduit). — 6. Smerinthus tiliœ. — 7. Pterogon œnotherœ.

Page 1