‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 108 sur 367 · PI. XII · texte numérisé non relu

PI. XII

1. Bombyx neustria p. — 2. Bombyx quercus c^. — 3. Saturnia carpini p. — 4. Drepana falcataria. — 5. Notodonta zigzag. — 6. Clostera Anachoreta, — 7. Thyatira Bâtis. — 8. Cymatophora octogeaima.

L'ÉPOQUE AGHEULÉENNE

A ROSEREUIL-IGORNAY

Près AUTUN (Saone-bt-Loire)

Au cours de ses innombrables recherches paléontologiques, M. A. Roche, le savant micrographe, a découvert à rOuest et au Sud-Ouest du hameau de Rosereuil, commune d'Igomay, quelques fragments et outils en silex blond, taillés à très gros éclats, lui paraissant remonter à une lointaine époque. Il en fit, en 1895, une intéressante communication à la Société d'histoire naturelle d'Autun, dont il est l'un des distingués vice-présidents, communication que nous reproduisons ci-dessous en son entier : ^

« Je crois devoir signaler à la Société, une nouvelle station préhistorique qui peut être intéressante.

» Toutes les stations qui nous environnent donnent des instruments en silex variés bien connus : couteaux, pointes, disques, scies, racloirs, grattoirs, percuteurs, etc. Dans toutes on a trouvé des haches polies, ce qui permet de les rapporter à la dernière période de l'âge de la pierre dite néolithique et à l'époque robenhausienne, selon le classement de M. G. de Mortillet.

» Quelques-unes de ces stations, comme celle des graviers de Pierrefitte, près du temple de Janus, et celle du champ de la Justice, célèbre par ses menhirs et ses dolmens, si malheureusement saccagés par le propriétaire,

1. Société d'histoiro naturello d'Âatun» VIII* balletin (1895), 2* partie, page 79.

étaient très importantes. Les nombreuses pièces remar* quables qui y ont été trouvées, parmi des milliers d'éclats, indiquent le long habitat d'une nombreuse population qui a dû sans interruption passer à l'âge du bronze, puis à l'âge du fer.

» La station d'Igomay que nous venons vous signaler se trouve au hameau de Rosereuil, près de la gare, sur un versant peu incliné, bien exposé au midi, à peu de distance d'un petit cours d'eau et de la rivière d'Ârroux. La montagne, aujourd'hui dénudée, devait être boisée et procurer le gibier pendant que l'Arroux et son affluent donnaient le poisson en abondance.

» Toutes ces conditions paraissent avoir été souvent recherchées par l'homme de cette époque.

» Le fait intéressant de cette station consiste dans la nature du silex, dans sa mauvaise qualité ne permettant d'obtenir que de mauvais outils, puis dans une taille grossière.

» Tous les silex taillés que j'ai rencontrés dans cette station sont de même nature et semblables à ceux que je vous présente. Tous proviennent d'un silex argileux, jaune, relativement tendre, ne pouvant donner d'arêtes vives, de lames coupantes, de pointes aiguës, présentant de grandes difficultés à la taille, fournissant enfin de mauvais outils.

» Ce silex se trouve surplace et dans la contrée, au milieu de cailloux roulés de l'époque tertiaire.

» Si nous remarquons que les nombreuses stations environnantes n'employaient généralement que le silex de la craie, étranger à la région, silex très fin, très. pur, facile à tailler, pouvant donner les outils les plus délicats, tranchants ou perçants, permettant une taille souvent artistique, comme celle de certaines flèches, on est amené à penser que si la tribu de Rosereuil-Igornay n'employait pas ces mêmes silex d'une qualité bien supérieure, c'est qu'elle ne les connaissait pas.

» Nous étant assuré par diverses recherches qu'aucune

Page 1