LA STATION DE R03BREUIL
autre nature de silex n'avait été employée par les hommes de la station de Rosereuil-Igornay, nous croyons devoir en déduire qu'elle remonte à une époque antérieure à toutes celles qui nous environnent ; qu'elle doit appartenir à la période paléolithique et probablement à l'époque Mousté- Tienne. »
Avec son désintéressement habituel, M. Roche 6t don de ses découvertes au musée de la Société d'histoire naturelle d'Autun, où elles occupent actuellement une bonne place, dans la salle qui porte le nom du généreux donateur.
L'étude si absorbante des inGniment petits fit interrompre à M. Roche des recherches si heureusement commencées. Il voulut bien nous engager à les poursuivre et, sur ses indications, nous les reprimes à l'automne de 1902.
Toute la région déjà explorée par notre éminent précurseur, à l'Ouest et au Sud-Ouest de Rosereuil, sur la rive gauche du Trévoux, fut à nouveau parcourue et visitée en tous sens, sans donner de résultats appréciables ni même augmenter de quelques unités les récoltes de M. Roche. Seuls quelques débris et outils indéterminables, ne se rapprochant d'aucun type paléolithique de la chronologie humaine, furent trouvés là.
Nous nous proposions d'abandonner nos recherches lorsque nous découvrîmes sur le versant Sud-Est de Rosereuil, — terrain non exploré par M. Roche, — un superbe coup de poing acheuléen de facture irréprochable et de conservation parfaite (planche 15). Cette importante trouvaille, la première réellement intéressante, nous fît explorer plus attentivement cette zone déclive où des instruments de même nature furent, en effet, rencontrés au cours de nos investigations subséquentes. Au delà de la route d'Autun à Dijon, d'heureuses découvertes se répétèrent ; elles nous conduisirent jusqu'aux alluvions de la boucle confluente du Trévoux avec l'Arroux. La station était trouvée. Il ne restait plus qu'à l'exploiter et à l'étudier.
Géologie.
Ce coin convulsé du Morvan fait les délices des géologues en même temps que le désespoir des cartographes. Tout y est bouleversé. Les failles se succèdent sans interruption, à quelques mètres d'intervalle. Les terrains sédimentaires coudoient les roches éruptives. Les tufs porphyritiques alternent avec des coulées de microgranulite parfois très denses qui disparaissent subitement pour réapparaître de même un peu plus loin.
Rosereuil est construit sur la limite Sud de la bande de tufs porphyritiques, de l'âge du Gulm, qui s'étend des alluvions du ruisseau de la Selle (Petite- Verrière), à la forêt de Buan. La région tufière est zébrée de roches microgranulitiques dont la coulée principale s'est épanchée vers Montreuillon jusque au delà de Montsauche.
Des roches granulitiques succèdent aux tufs. Elles forment une bande régulière orientée SSE qui apparait au Sud-Est de Rosereuil, longe la route d'Autun à Dijon et s'étend jusque au delà de Sivry, après avoir rempli quelques dykes. Les habitants actuels de Rosereuil ont utilisé cette roche pour l'édification de leurs demeures.
Les alluvions du Trévoux sont modernes et de nature argilo-sableuses. Elles sont très réduites. Celles de TArroux sont de même nature, mais se développent davantage sur ses rives. Elles reposent sur des limons argileux nuancés de blanc et de jaune, présentant à leur base des lits caillouteux composés de blocs siliceux (silex blonds avec fossiles de la craie, chailles jurassiques, calcédoine triasique) et parfois de fragments anguleux empruntés aux massifs éruptifs voisins ^ Ces limons émergent à Vevrotte, contournent les tufs porphyritiques et les roches granulitiques un peu au delà des limites de Saône-et-Loire et de