LA STATION DE ROSEREUIL
versant Sud-Est du contrefort de Rosereuil, jusqu'aux rives de TArroux et du Trévoux. En Tabsenoe de grottes, de saillies rocheuses, il est présumable qu'ils habitèrent sous des huttes ou cabanes faites de branchages, adossées à des troncs d'arbres. Nous ajouterons que nulle part, dans le centre de la France, à l'exception toutefois de quelques instruments isolés trouvés en 8aône-et*-Loire, — dont nous reparlerons, — on ne rencontre une station acheuléenne en plein air, aussi bien caractérisée, exempte de tout mélange.
Matière employée.
Les acheuléens de Rosereuil, nous l'avons dit, avaient sous la main la matière première, nécessaire à la fabrication de leurs instruments. Elle est uniforme. C'est un silex blond, d'origine liasique, trouvé sur place à l'état de nodules présentant une surface polie avec nodosités et dépressions. Ces nodules sont de grosseurs diverses et affectent toutes sortes de formes plus ou moins bizarres. Toutefois, on en rencontre beaucoup presque plats ayant l'aspect de galets. Le cortex est d'un gris ardoise et la coloration intérieure est celle de la feuille de chêne morte. J'attribue aux courants quaternaires, qui se sont manifestés avec plus de violence dans la vallée de l'Ârroux que dans celle du Trévoux, leur apport à Rosereuil.
M. A. Roche a fait quelques préparations pour l'étude au microscope ; sur les échantillons étudiés, il n'a rencontré que de rares traces organiques et quelques débris de cellules végétales.
La silice parait exister dans la proportion de : 70 7o
Oxyde de fer 15 7o
Alumine tO 7o
Matières pulvérulentes grises parsemées
irrégulièrement 5 "/o
L'ensemble forme une roche amorphe d'une grande dureté, très homogène. Au microscope polarisant, la silice est effacée par le fer, et l'alumine ne laisse entrevoir que de faibles traces de polarisation.
L'époque de la formation de ce silex est établie par un fragment ayant servi de percuteur. Au moment de sa silicification, ce nodule s'est incorporé un Pentacrinus de conservation parfaite, et dans des conditions telles que les cinq branches de l'étoile apparaissent très nettement avec tous leurs détails. Le Pentaorinus se présente à un demi-millimètre au-dessous de la surface d'une cassure et ressemble à un cachet posé sur une pâte molle. On ne saurait dater plus sûrement l'origine liasique des nodules. Nous pensons être en présence du Pentacrinus scalaris, voisin du Basalti" formis. Ce fragment de silex a été trouvé au centre même de la station.
TaiUe.
A en juger par les débris et les instruments trouvés, la plupart des nodules devait se tailler très difficilement. Les ébauches des coups de poing sont nombreuses. On y relève des cassures terminées brusquement à proximité des conchoides de percussion, plus par la mauvaise qualité du silex employé que par Tinexpérience des fabricants. Ces ébauches semblent avoir été négligées comme inutilisables, ce qui explique la grande quantité de débris comparée aux instruments. Les éclats sont courts, épais ; ils ont été détachés du bloc en long, en large, en tous sens. Les facettes des instruments sont inégales, rarement unies, souvent granuleuses; sur quelques-unes, on remarque des ondulations produites par les vibrations de la roche, au cours de la taille. Les préhistoriques de Rosereuil ne pouvaient d'ailleurs, en raison même de la mauvaise qualité du silex, obtenir de meilleurs résultats. Sachons cependant reconnaître que s'ils n'ont pas fabriqué des coups de poing de