‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 336 sur 367 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Vérification du paratonnerre de la sous-^éfectttre. — Je crois devoir ajouter un renseignement qui vient de m'être fourni au dernier moment.

Comme je l'ai indiqué plus haut : « A propos de la foudre en boule tombée à Boulogne-sur-Seine, le !•' octobre 1903, le journal la Nature relatait le fait d'une boule de feu qui avait été vue se promenant quelques instants sur la place de l'Église, sans avoir été détournée par le paratonnerre. »

Supposant alors que le paratonnerre était devenu défectueux, l'auteur de l'article demandait que tous les paratonnerres soient soumis, chaque année, à un contrôle.

D'après nos recherches, le cas de la foudre globulaire passant près d'un paratonnerre sans en être influencée ne paraît pas encore avoir été observé, ni expliqué.

Ce cas serait nouveau et pourrait servir à démontrer que la foudre globulaire, par sa nature différente d'électricité, est réfractaire à la conductibilité des paratonnerres.

Sur ma demande, M. le préfet a bien voulu ordonner la vériGcation du paratonnerre de la sous-préfecture, placé sur le bâtiment qui a ressenti une forte secousse, au passage de la boule de feu.

M. Fesquet, électricien, chargé de ce travail, a constaté que ce paratonnerre était en parfait état sur tout son parcours.

Il n'y a donc plus lieu d'accuser les paratonnerres du défaut de conductibilité de la foudre globulaire, mais de rechercher quelle est la cause de son manque d'attraction.

Il est un deuxième point que nous croyons devoir faire remarquer. D'après nombreux renseignements, la foudre globulaire termine ordinairement un gros orage. Ceci confirme Texplication du savant électricien Planté. Selon lui, la ce foudre globulaire serait due à un flux considérable d'électricité qui provoque la formation d'une boule fulgurante lumineuse, une sorte de condensation de la foudre. » Le nuage orageux, réservoir d'électricité, se trouvant ainsi déchargé, l'orage prend fin.

Grenouille à trois pattes.

II a été question, dans le oompte rendu de la dernière séance, d'une Grenouille à trois pattes envoyée par M. Q. Ormezzano, de Maroigny. II y a quatre ans, cet aimable et dévoué sociétaire nous avait adressé une Grenouille à cinq pattes dont la description, avec photographie et radiographie à Tappui, se trouve dans notre XIII* Bulletin (1900, 2, p. 142). Il était donc intéressant de faire exécuter, relativement à ce nouveau cas tératologique, les mêmes reproductions, dont M. Tabbé Bonnin, professeur de sciences au petit Séminaire d*Âutun, a bien voulu nous tirer d'excellents clichés. II y a lieu, toutefois, pour la photographie, de tenir oompte du séjour prolongé de la Grenouille dans l'alcool, et de la momification partielle des tissus.

Voici la note que nous avons reçue de M. Ormezzano : « Cette Grenouille a vécu, pendant trois ans, dans mon aquarium ; et malgré la patte manquante, elle nageait tout aussi bien et évoluait avec autant de facilité qu'une autre munie de ses quatre membres. Pour cela, elle avait pris rhabitude de déplacer sa patte postérieure, en la tenant, pour nager, bien en arrière et dans l'axe du corps. On aurait dit un gouvernail et, par cette adaptation instinctive, l'équilibre était rétabli et les mouvements de natation étaient aussi vifs et aussi rapides que si la Grenouille avait eu ses deux pattes de derrière. Je crois même que, de ce fait, la palmure s'est agrandie et développée.

X» Par une nuit d'hiver, le bocal fut oublié au dehors et, le lendemain, l'eau qu'il contenait ne formait qu'un glaçon, au milieu duquel était figée la Grenouille, absolument inerte, étendue tout au long et paraissant gelée. J'eus l'idée de faire dégeler très doucement le glaçon et, quelques instants après l'opération, la Grenouille remonta à la sur-

Eh

face, respira un moment, puis s'enfonça, en nageant, au fond de Taquarium, comme si rien d'anormal ne s'était passé. Il y a de cela deux ans! »

La radiographie démontre qu'il n'y a aucune soudure des membres postérieurs, ni absence congénitale du membre gauche à proprement parler, car si le bassin est rétréci du côté droit et la cavité cotyloide atrophiée, on distingue nettement un rudiment de fémur long de quelques millimètres, relevé le long de l'ischion, privé de condyle, tronqué en avant et presque aussi gros que le fémur droit. Il semble donc y avoir eu une amputation traumatique de la patte postérieure gauche chez le têtard, au moment de sa croissance, d'où l'arrêt de développement du moignon et l'intégrité apparente de la peau, sur laquelle on n'aperçoit aucune trace de cicatrice. L'amputation d'une ou plusieurs pattes n'est pas rare chez les grenouilles, et ce méfait est souvent imputable aux couleuvres ; mais il reste toujours, en ce cas, un moignon plus ou moins apparent du membre disparu.

Page 1