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TOME XVII

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Dans certaines fabriques, il y a plusieurs tours, mais tous aussi défectueux les uns que les autres ; ils ne sont pas verticaux sur leur axe, et sont mal ajustés; le haut tourne conséquemment de côté, et ils n'ont pas Tidée de les perfectionner. Il faut une grande habitude pour que le coup de main supplée à ce défaut d'équilibre. Malgré tout, l'exécution s'en ressent et leur poterie est toujours grossière, surtout après la mise au feu.

Dans la cour, se trouvent le puits d'eau saumâtre pour pétrir l'argile, la citerne d'eau douce, puis les mottes d'argile brute empilées, enfin quelques bassins rectangulaires très grossièrement bâtis où Targile est délayée. Le bois pour le chauffage des fours se compose de branchages d'Oliviers, de touffes de Romarins, de Bruyères, de Thuyas et de quelques grosses racines de Thuyas ou de Jujubiers qui servent de combustible une fois le four allumé.

Pour la description du four, je ne puis mieux faire que de citer ce qu'en dit M. V. Fleury, chef de bureau au gouvernement tunisien, dans la Revue du commerce et de Vin^ dustrie :

« Les fours sont des plus primitifs et affectent la forme d'une calotte sphérique, surmontant un cylindre de 3 à 4 mètres de hauteur et de 2 à 4 mètres de diamètre. Ils sont construits en briques sèches que le premier feu allumé dans le four sert à cuire. Il y a le grand four ou Koucha^ et le petit four ou Rouis. Les parois des fours, bien que revêtues extérieurement de terre glaise, laissent perdre par rayonnement, une grande partie de la chaleur ; à l'intérieur, la fumée et la flamme sont en contact immédiat avec la poterie que l'on introduit par une ouverture latérale. Les pièces enfournées à peu près pêle-mêle se touchent, ce qui amène des déformations et des solutions de continuité dans l'enduit. L'encastage qui consiste à enfourner les pièces avec méthode, à les isoler au moyen de rondeaux ou de gazettes, est inconnu du potier tunisien. Le combus-

tible employé est le bois à longue flamme, tel que Romarin, Olivier, etc. Trente à quarante charges d'âne de branchages ou de bois d'Olivier sont nécessaires pour une cuisson de trente heures.

» Afln de suivre la marche de la cuisson, des regards appelés fnenafès sont ménagés dans les parois du four.

» Le gros bois en souches est également employé après l'allumage du four et pendant les premières heures de la cuisson, a6n d'obtenir un feu plus doux et plus régulier.

» L'enfournement devient impossible en hiver, quand il pleut. Les fours ne sont pas abrités et leurs ouvertures, fermées avec de vieux plats. L'eau peut perdre la fournée et, si elle est torrentielle, éteindre le feu dont le foyer se trouve au fond d'un trou percé en contre-bas. Le bois mouillé fait craquer les pièces dans le four. L'auteur a assisté à un défoumement dont toutes les pièces principales étaient brisées. »

Pour appuyer ce que j'ai dit plus haut touchant le tour, M. Fleury le décrit ainsi et explique son fonctionnement :

« Le tour, appelé maoun, est le même que celui dont se servaient les Égyptiens, 2,000 ans avant Jésus-Christ, et dont se sert encore le potier moderne de tous les pays, à cette exception près que le tour tunisien est, suivant la mode orientale, légèrement oblique, au lieu d'être tout à fait vertical. C'est donc un pivot en bois de 1 mètre de longueur, taillé en pointe à l'extrémité inférieure; l'axe lui-même qui n'est pas vertical, comme nous Tavons dit, s'appelle gebb; à 0"^0 de son extrémité inférieure ; cet axe traverse, en son centre et normalement à la surface, un disque en bois appelé mida, c'est-à-dire table, de O'^SO de diamètre. Â la partie supérieure de l'axe, est fixé un disque plus petit, en bois également de O'^SO à 0°^3b de diamètre, appelé ras^ c*est-à-dire tête. C'est la girelle de nos tours, sur laquelle se place la masse d'argile à travailler, en arabe thia. » L'axe du tour est maintenu dans sa position par un

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madrier horizontal, avec lequel il est assemblé à mortaise, madrier qui s*appuie d'un côté à la table du potier, de l'autre au mur de Tatelier. En appuyant le pied sur le disque inférieur, le tour est mis en mouvement. A l'aide d'un roseau, la surface de l'objet tourné est régularisée et les ornements tracés. La pièce terminée, on la détache de dessus la girelle à l'aide d'un fil. »

Quelques fabriques commencent à adopter le tour abso* lument vertical.

En outre de la poterie usuelle, ces potiers s'exercent à fabriquer de la poterie de fantaisie, imitant grossièrement des oiseaux, des chameaux et autres animaux. Pour cela, quand le vase est tourné, ils découpent l'argile à peine durcie par une courte exposition à l'air, avec une spatule tranchante, ou une moitié de roseau de 15 centimètres de longueur, taillée à son extrémité en pointe biseautée ; et ils décorent ainsi, suivant l'inspiration du moment, des modèles de mosquées, des écritoires, des lampes ou des amphores. L'usage des tables est inconnu ; tout ce travail de décoration est fait le plus souvent par déjeunes Arabes qui ne sont pas les moins habiles, assis à terre et tenant entre leurs jambes les objets à orner. Ce genre de travail demande beaucoup de temps et ne leur rapporte pas grand bénéfice ; ils le font payer cher aux Européens, mais les indigènes ont ces objets pour presque rien, ou s'en passent. Il se vend à Nabeul pour 150,000 fr. de poterie par an.

Ce qui donne de la valeur aux poteries de Nabeul, c'est, indépendamment de Thabileté du potier, la qualité de l'argile employée. Les potiers de Nabeul se la procurent dans les environs immédiats de la ville, par des àniers ou entrepreneurs de transport d'argile. C*est à trois kilomètres de la ville, au Djebel Rhas-Tefel, petite ligne de collines à peu près parallèles à la mer, qu'on va chercher l'argile qui se trouve dans des sortes de poches, ou en couches d'étendue variable et recouvertes plus ou moins par la terre végé-

taie OU le sable. Cette exploitation laissée aux Arabes est faite sans méthode, au hasard, et comme ils ne prennent pas la peine de découvrir, Targile est souvent souillée et mélangée avec le dépôt qui la recouvre. Ces couches d'argile s'étendent bien au delà de la partie exploitée et, dans d'autres localités, à plusieurs kilomètres de distance, on retrouve cette précieuse matière, qui serait légèrement siliceuse et ferrugineuse.

D'après la carte géologique de M. Âubert, au 1/800,000, cette formation divisée en trois étages appartiendrait au Pliocène marin ; l'étage supérieur est constitué principalement par des grès; les deux étages inférieurs, par des sables ou des marnes, avec intercalations de parties plus argileuses et même calcaires. La ligne de colline de Rhas- Tefel serait comprise dans ce niveau inférieur.

Il se fait à Nabeul deux genres de poterie : la poterie non vernissée et la poterie vernissée ; c'est surtout la dernière qui domine, mais on ne peut s'imaginer combien elle est grossière, grâce à la négligence et à l'insouciance du potier et de ses aides. Au moment où la pièce sort du tour, elle est déformée même avant d'aller au four ; mais il parait que l'acheteur indigène n'y regarde pas de si près et s'en contente. D'ailleurs tout est livré à la fantaisie ; les poteries de même modèle sont presque toujours irrégulières de grandeur et de forme; aucune mesure n'est prise d'avance et deux pièces ne sont jamais semblables, quand elles sortent des mains de l'ouvrier.

Dans une brochure sur la poterie de Nabeul, M. Théo Boubila, rédacteur à la direction d'agriculture en Tunisie, critique l'organisation des fours qui n'est pas faite pour perfectionner les pièces de poterie. Leur état est des plus élémentaires; c'est un véritable four à chaux, sans supports, ni étagères, ni petites voûtes; le tout est empilé sans ordre. Les petites pièces au milieu et le haut est bourré en tous sens de poteries multiformes. Beaucoup pendant la cuisson

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se collent entre elles ; on est obligé, au sortir du four, de les décoller avec une petite pelle en fer.

D'après Tauteur cité plus haut, M. V. Fleury, « deux glaçures seulement sont employées, toutes deux plombi* fères; le vernis jaune et le vernis vert. Le premier s'obtient à l'aide du mélange suivant : oxyde de plomb, en arabe isequil, 50 kilos; galène, cAemma, 2 kilos, et sable pur, 20 kilogrammes.

» Le vernis vert se compose de : oxyde de plomb, 50 kilos, sable, 28 kilos et oxyde de cuivre, 3 kilos. La galène provient du djebel R'sas. L'oxyde de plomb est obtenu directement par la combustion du métal, dans un four spécial appelé Mahareq et comprenant deux parties : le foyer et le creuset, réunis par un couloir qui laisse la chaleur du foyer arriver au métal. Le plomb et le cuivre sont vendus aux potiers parles négociants de la ville qui importent ces métaux. »

De toutes ces considérations, il résulte que si l'art de la poterie de Nabeul veut se perfectionner et ne pas toujours s'en tenir à la routine, il doit modifier son outillage, et surtout adopter pour son vernissage et ses fours, une installation un peu moins élémentaire. Les quelques spécimens de poterie indigène que j'ai déposés au musée d'Âutun donneront une idée suffisante de cette fabrication toute primitive.

A côté de cette exploitation essentiellement locale, une autre qu'on pourrait appeler mixte est venue, depuis peu, s'implanter à Nabeul. L'établissement a été fondé par un ménage français ; les débuts en ont été très modestes, mais aujourd'hui il prend de l'extension. Le travail porte surtout sur la poterie artistique. Le maître a sous ses ordres de jeunes Arabes de douze à vingt ans, qui sont chargés de la décoration, peinture et vernissage. Pour la mise au feu, les ouvriers sont plus âgés. Dans le choix de ses modèles, le maître potier s'inspire beaucoup de pote* ries antiques retirées des fouilles.

Nabeul est, pour la Tunisie du Nord, le centre le plus important pour la fabrication des Nattes. Elles sont tissées avec un jonc, Junous maritimus L., très abondant le long des oueds et des lacs salés ; ceux-ci sont préférables, peutêtre parce que le sel leur communique une vertu particulière. Ce jonc est très abondant en remontant vers le cap Bon.

Après qu'il a été recueilli, il est séché, puis teint en trois couleurs : rouge, vert, jaune. On Thumidifie ou on le laisse dans un endroit frais, jusqu'au moment de s'en servir. La trame est tissée avec ces joncs, la chaîne est faite en cordelettes d'Alfa tressées vertes et tendues sur des rondins de bois* On l'enroule à mesure que la natte atteint une certaine longueur. Il s'en fait d'ailleurs de toutes les tailles.

Les Coofins (c'est notre cabas) sont tressés avec la feuille du Palmier nain, très abondant versKourba et vers Somma, en dessous du cap Bon ; ces deux centres ont le monopole de cette industrie.

Toujours avec le Palmier nain, on fabrique de petits balais très rudimentaires, en accolant plusieurs feuilles ensemble et les reliant au dessus du pli; leur usage est peu pratique et ne sert qu'aux indigènes, d'autant qu'il faut se mettre à genoux pour en user, les manchee étant peu utilisés.

Pour les ZambilSy ou paniers doubles reliés et servant de bâts, le Palmier nain n'est pas employé; ils sont tressés avec l'Alfa; ils ont la forme du Goufin, mais sont plus grands et plus résistants.

Les Arabes, les Juifs, les Italiens même à l'occasion, sont très friands de la racine du Palmier nain, et non du fruit, comme on l'a écrit à tort. On enlève les écailles de la racine, qui est vendue sur les marchés arabes et mangée comme des artichauts (M. Minangouin).

Parmi les produits qu'on peut encore retirer du Palmier nain, il est à propos de citer un passage de l'ouvrage de

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MM. J. Grisard et Vanden-Berghe ^ ; ces produits sont même d'un usage plus général et autrement important que ceux mentionnés plus haut. Les feuilles sont employées concurremment avec TAlfa pour la préparation du papier; ce dernier végétal a même supplanté en partie le Palmier nain pour cette fabrication ; mais, par contre, le Palmier a trouvé un grand débouché dans la préparation du crin végétal .

« Ses tiges sont rouies dans Teau et exposées au soleil ; quand la dessiccation est complète, on détache Técorce ainsi que les feuilles, et Ton met à nu les fibres qui ont presque la consistance et l'élasticité du crin yiimal. On emploie ce crin végétal quelquefois à Tétat naturel, mais le plus souvent il est teint au sulfate de fer et au bois de campêche. Il est Tobjet d'un commerce très important. Deux qualités précieuses font rechercher le crin végétal, d*abord la modicité de son prix, ensuite parce qu'il échappe aux attaques des insectes. » Les mêmes auteurs rapportent que les Arabes retireraient du tronc du Palmier, une farine de médiocre qualité, avec laquelle ils font une espèce de pain .

Puisqu'il est question du Palmier nain, Chamerops Aumtlis (Linn.), il est à propos de remarquer combien ce végétal est localisé, au moins dans la Tunisie du Nord. Il est rare dans les environs de Tunis ; sur la ligne de Bizerte, Mateur, Carthage, etc., il n'existe pas. Dans la direction de Zaghouan, j'ai fait le tour de ce massif, il y a deux ans, et n'en ai pas vu un seul pied; cette année (1904), en faisant l'ascension du poste optique de Zaghouan, j'en ai aperçu quelques rares pieds dans les fentes des rochers. Sur la ligne d'Hammamet, on n'en voit point dans la plaine ; mais à hauteur d'Hammam-Lif, au Nord, et du Mornag, au Sud, si Ton fait l'ascension du Bou-Kournine et de ses contreforts, où il était autrefois assez répandu, on n'en trouve plus que

1. MM. J. Qrisard et Vanden-Berghe, let Palmiers utiles et leurs Alliée.

quelques pieds, notamment sur le Bou-Kournine même à mi-hauteur du côté d'Hammam-Lif, et l'administration forestière recommande à ses agents de les faire respecter.

Pourquoi cette irrégularité dans la dispersion? La cause en est probablement et en grande partie dans les défrichements progressifs des terrains incultes où il se complaît, et, d'autre part, dans les différences de terrain qui ne lui conviennent pas également. M. Minangouin, inspecteur de l'agriculture en Tunisie, a fait la remarque que le Palmier nain ne pousse que sur les terrains calcaires de peu de profondeur et reposant sur le tuf ou le travertin ; d'autre part, sa présence serait toujours accompagnée de celle du Chêne vert et du Myrte.

Quoi qu'il en soit, l'apparition inattendue de ce végétal parait bizarre quand on a parcouru de grands espaces qui en sont privés. En redescendant dans la plaine, sur Ham* mamet, Nabeul et assez loin au delà, on ne le rencontre plus; mais plus au Nord, à mesure qu'on approche du cap Bon, vers les localités citées plus haut, il abonde.

Le Kohol (sulfure de plomb) et son emploi*

Il est à propos d'établir tout d'abord la composition ou la nature de ce produit. Pour quelques-uns (certains journaux tunisiens étaient de cet avis), ce serait de la stibine ou sul-^ fure d'antimoine, et encore ce minéral, qui est fondu, devient un produit de l'industrie et peut à la rigueur perdre son nom scientifique. C'est l'Antimoine du commerce toujours à l'état de sulfure, il est vrai, mais artificiellement reproduit et cristallisé en masses fibreuses ou grenues.

Dans le souk aux parfums, à Tunis, le Kohol est vendu par des marchands indigènes, plutôt Juifs qu'Arabes, surtout quand il s'agit du prix ! Chez les uns, il est livré en poudre ; ailleurs,' en morceaux. Celui que j'ai acheté en premier

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lieu était en poudre. Rien que son poids pouvait déjà déceler sa nature; oe devait être de la galène, mais, en fait, il pouvait y avoir doute. Aussi après les renseignements fournis par M. Djemal, le propriétaire du Musée arabe, qui me conduisit chez un marchand, arabe également et fournisseur de Kohol, le doute n'était plus possible. Le Kohol n'était pas encore réduit en poudre, mais en morceaux, dans lesquels il fut aisé de reconnaître la galène vulgairement appelée Alquifouœ.

Il n'était pas inutile de rectifier ces différentes assertions, pour bien établir la composition du Kohol, dans lequel il n'entre d'ailleurs pas d'autre substance. Il n'est employé que pour noircir les cils. Pour s'en servir, on plonge à sec dans la poudre, l'extrémité d'un petit bâtonnet, dont le musée d'Âutun possède deux exemplaires; il se charge plus ou moins de cette poudre. On l'approche de l'œil horizontalement, en pinçant la baguette entre les deux paupières, ou plus exactement entre les cils ; on tire sur le côté, toujours horizontalement; la poudre s'attache aux cils sans pénétrer dans l'œil. Avec un peu d'habitude, on y arrive facilement; on répète l'opération plusieurs fois, suivant qu'on veut obtenir un ton plus ou moins foncé.

Au dire de certains marchands arabes ou juifs, le Kohol viendrait d'Egypte. On le reçoit en morceaux qu'on broyé ; c'est possible, mais je soupçonne plutôt qu'ils veulent faire mystère de sa provenance, pour lui donner plus de prix et spéculer sur l'ignorance et la crédulité des Arabes. C'est un métal qui est commun partout, surtout en Tunisie, et qui n'aurait pas besoin de venir d'aussi loin.

Depuis, j'ai revu chez nombre de marchands indigènes, soit à Tunis, soit ailleurs, le Kohol non préparé, c'est-à-dire en morceaux ; c'était partout de la vulgaire galène. D'ailleurs les Arabes l'achètent généralement ainsi, et ils le pulvérirent pour s'en servir.

Lie Sabrah et le Soiihak*

Pour teindre en noir les cheveux et la barbe, les hommes emploient un autre produit, c'est le Sabrah* Au dire de mon marchand arabe, il se fabriquerait bien à Tunis, mais avec des substances venant d*Égypte, et les fabricants euxmêmes n'en savent pas la composition!

Pour r utiliser, il faut le faire dissoudre dans l'eau chaude, ce qui a lieu immédiatement, et avec les doigs en passer sur la barbe en frottant. Pour les cheveux, faire avec un linge une sorte de tampon qu'on enduit de Sabrah et avec lequel on se frotte fortement la tête. Pour que Tapplication puisse avoir un résultat, il faut qu'elle dure au moins deux heures ; passé ce temps, on peut se laver comme d'habitude. Cette coloration a une durée de vingt à vingt-cinq jours. Le Sabrah peut également colorer tes ongles en rouge. Dans ce cas, on se sert d'un petit roseau appointé qu'on plonge dans le Sabrah liquide et avec lequel on passe délicatement sur la surface de l'ongle, en évitant de rougir la chair; on tient la main au repos jusqu'à dessiccation ; après le lavage des mains, si la teinte n'est pas assez prononcée, on recommence l'opération.

La composition du Sabrah est la suivante : 1"* du Afs^ noix de Oalle ; 2*" du OudkronfouU, clou de girofle ; S"" le Hdiday cuivre oxydulé. Ce dernier est un produit de l'industrie et vendu en feuilles de deux à trois millimètres d'épaisseur.

Pour la préparation : 1^ les boules d'Afs sont mises sur un petit fourneau arabe renfermant de la braise peu ardente ; elles ne doivent pas se consumer, mais seulement passer à l'état charbonneux qui les fait devenir noires ; on les retire alors du feu et on les écrase dans un mortier en une poudre impalpable qu'on passe même au tamis; 2^* les OudkronfouUj clous de girofle, sont à leur tour placés sur

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