Voir plus loin l'origine de ce nom
2. M. Âd. Schneider fut blessé mortellement dans une chute de cheval, le 3 août 1845, jour de la fôte du Breuil. Le monument commémoratif érigé à l'entrée de U rue de la Qare, tout près du lieu de l'accident, porte, incrustée dans une marche, la pierre anguleuse qui fut cause de cette mort regrettée.
3. Dans le chœur de l'église Saint^Laurent, on voit un tableau représentant saint Laurent couché sur le gril, tableau exécuté par Frédéric Bouterweclc, élève de Paul Delaroche et d*Horace Vernet. Un autre tableau du môme auteur représente sainte Barbe au milieu de familles de mineurs. Ces deux tableaux ont été offerts par l'empereur Napoléon III à l'église paroissiale.
Quant au vieux cimetière, il ne fut abandonné qu'en novembre 1847, et remplacé par le cimetière de Saint- Laurent, créé dans le quartier dit de la Molette.
Depuis, par suite de Taccroissement rapide de la population, deux nouvelles paroisses furent créées : celle de Saint-Charles ^, à TEst du pays, en 1865, et celle de Saint- Henri^, au Sud, en 1882. La paroisse de Saint-Charles, assez éloignée de Saint-Laurent, fut dotée d'un cimetière, la même année de sa création.
Laissant de côté les diverses questions ayant trait à l'évolution de la métallurgie au Creusot, je me contenterai, dans cette notice, de relater les principales étapes de la houillère.
Après 1815, la paix succédant aux guerres meurtrières de la Révolution et du premier Empire, la fonderie du Creusot cessa d'être alimentée m.ais, grâce à l'habitude contractée de remploi de la houille, grâce surtout à la plus grande facilité des moyens de transport, la mine put continuer et même accroître son exploitation.
La concession du Creusot, telle qu'elle fut accordée à F. de la Chaize en 1769, comprenait trente-une lieues carrées de superficie. En 1826, par actes des 1 1 et 12 février, MT veuve Chagot et ses fils abandonnent l'administration à leurs associés anglais Manby-Wilson et C^*, ne se réservant que la cristallerie du Creusoti dite Cristallerie de la Reine^ et l'exploitation des mines de la contrée de Blanzy.
En 1829, MM. Chagot frères demandent une délimitation de la houillère, afin de définir la partie réservée de Blanzy. Les plans de cette délimitation, qui sont signés par MM. Chagot frères et approuvés par l'ingénieur en chef Des*
I4 L*églJse Saiot-Charles a été construite sur les plans de M.ttoidot) architecte & Aotun. Sous le chœur) il a été résenré un caveau pour rinhumation des membres de la famille Schneider.
2. L^église Saint-Henri a été construite sur les plans de M. Forlen, architecte des usines du Creusot.
rozières, comprennent quatre feuilles grand aigle. Chaque feuille porte au dos le timbre royal, accompagné d'un deuxième timbre stipulant l'apposition au dos.
Cette nouvelle délimitation suscita en outre une revision de l'impôt qui, depuis 1812, avait été établi sur une appréciation exagérée de la concession.
L'impôt primitivement perçu se répartissait comme suit :
Pour la partie du Creuset, sur. ... 106 kilom. carrés. Idem de Blanzy, sur 113 id.
Soit sur un ensemble de 219 id.
Après la revision qui fut acceptée en 1830, la superficie imposée devint :
Pour la partie du Creuset 73 kilom. carrés.
Idem de Blanzy 46 id.
Soit un ensemble de 119 id.
Le 12 février 1832, une rectification de la délimitation sépara définitivement la concession de Blanzy de celle du Creuset. Enfin le 24 octobre 1838, une nouvelle concession, dite de Montchanin, fut isolée et la concession du Creuset prit sa configuration actuelle, qui comprend 6,211 hectares et s'étend sur les communes du Creuset, du Breuil, Saint- Berain-sous-Sanvignes, Torcy, Saint-Nizier-sous-Charmoy et Montcenis.
Tel était l'état de la houillère, lors de l'acquisition du Creuset par MM. Schneider, le !•' janvier 1837, à minuit.
Les documents précis sur l'origine de la houillère font à peu près défaut, car il n'était guère d'usage alors d'établir des plans relatifs aux travaux. Ce n'est guère qu'à partir de l'an VI de la République, que l'on commença à exiger une mise à jour des plans d'exploitation, et il fallut la loi de 1810 pour faire cesser définitivement tous les anciens errements.
Le peu de profondeur de Texploitation, les diiBcuItés de Textraction et surtout de Taérage par suite de l'usage de procédés rudimentaires, ne permettaient pas de donner un grand développement au réseau souterrain des galeries. Il était dès lors nécessaire de forer un grand nombre de puits, se succédant à des intervalles assez rapprochés.
De tous ces puits, qui ont été comblés pour la majeure partie, beaucoup ont disparu sans laisser de traces, mais j'ai pu, néanmoins, en reconstituer une nomenclature assez importante, depuis l'origine jusqu'à nos jours.
Plusieurs puits ont été désignés simplement par des numéros d'ordre, ou quelquefois par l'indice de leur orientation sur le gisement, ou de la localité où ils avaient été établis. Toutefois, ainsi que cela se pratique encore de nos jours, on éprouva le plus souvent le besoin de les baptiser. On leur donna, soit des noms de personnes : propriétaires du sol, ou personnages en renom, soit des noms de saints ; parmi ces derniers, si quelques-uns avaient trait aux saints honorés dans la localité, d'autres rappelaient simplement les noms de baptême des personnages choisis comme parrains de l'ouverture des travaux.
Sous la Révolution on employa quelquefois des désignations civiques.
Je commencerai la nomenclature par les exploitations à découvert, c'est-à-dire les exploitations pour lesquelles l'afïleurement permettait l'extraction par galeries de plainpied, ou en tranchées peu profondes, ce qui diminuait très sensiblement les dépenses d'installations et de maind'œuvre.
Le premier découvert semble avoir été celui connu sous le nom de découvert de la Croix. Ce découvert, qui ne fut abandonné qu'après 1870, laissa, pendant de longues années, une grande et profonde excavation qui ne fut comblée qu'en 1874 pour l'établissement d'un dépôt de charbon.
La houille fut également exploitée à découvert dans le
voisinage du puits Ghaptal {découvert Chaptaljy où Taffleurement se faisait au pied de la montagne.
Il y eut encore plus tard deux autres découverts : le découvert de la Couronne ^^ situé à Textrémité du champ de foire actuel, et le découvert Chaussard^ à proximité du puits du même nom et tout près du vieux cimetière.
Quant aux puits, j'en donne ci-dessous la nomenclature en les classant d'après leur désignation.
Puits numérotés:
On peut retrouver la série presque complète de 1 à 20 ; il ne manque que les numéros 5, 6, 15 et 16. Il est fort probable que ces puits ont dû exister ; peut-être ont-ils été forés dans des zones mal étudiées et stériles, ce qui les a fait abandonner sans qu'ils aient laissé leurs traces dans les registres. Par contre il y a eu des puits qui ont été numérotés en double partie, c'est ainsi, par exemple, que j'ai pu retrouver le puits 8 n^ 2.
La profondeur que j'ai pu retrouver pour quelques-uns de ces puits a été la suivante :
Puits n* 10=69"; puits n* 13 = 142°»; puits n* 14=109'";
puits n* 17 = 35"; puits n* 18 = 54"; puits n* 19 = 124";
puits n* 20 = 43".
Puits orientés :
Puits Sud (178*); puits Ouest (104").
Puits à désignation de lieux dits :
Puits de la Plateforme (68"). Puits de l'Église (129"). Id. du Pré (25"). Id. des Alouettes (20").
Id. des Noyers (55"). Id. des Moineaux (108").
Id. de l'Ouche (200"). Id. des Nouillots (127").
Id. des Jardins (76"). Id. du Creusot (110").
Id. de la Montagne (129"). Id. de la Glacière (252"). Id. du Bois (129"). Id. de la Sablière (82").
1. Ainsi dénommé p&roe qu'il était ouvert sur le Domaine de la Couronne quif en 1510 et 1666, appartint successivement à Louis d'Orléans et aux princesses de Nemours et de Carignan.
Puits à noms de personnes.
Puits Chaussard (50"). Puits Robert (54*°).
Id. de la Chaize (50"). Id. Manby (172").
Id. Monin (50"). Id. Chaptal (212").
Id. Millier (50").
(Il y a eu deux puits de la Chaize : n"" 1 et n"^ 2.)
Puits à noms de saints :
Puits Saint-Luc (46"). Puits Saint-Pierre (365").
Id. Saint-Louis (226"). Id. Saint-Paul (295").
Id. Saint-François (226"). Id. Saint-Laurent (432"). Id. Sainte-Barbe (209"). Id. St-Antoine,anctw(9"). Id. Saint-Éloi (214"). Id. Id., ac^wai (215").
(Il y a eu deux puits Saint-Laurent, celui cité ci-dessus est le dernier foré, il existe toujours. Il y a eu également deux puits Saint-Antoine ; l'ancien a été abandonné après avoir atteint seulement 9 mètres de profondeur ; le deuxième, qui a été foré seulement en 1899, a été ainsi baptisé en Thonneur de M"" E. Schneider, née Antoinette de Rafélis Saint-Sauveur.)
Puits à désignations civiques :
Puits de la République; puits de la Loi.
Puits à désignations diverses :
Puits coté Z. Puits de la Machine (40").
Id. de la Bourrique. Id. de l'Hérétique.
La dénomination de puits coté Z est, sans aucun doute^ l'indice que le nivellement de ce puits a dû servir, à l'époque, de nivellement général pour les travaux de la mine.
Le puits de la Bourrique, quelque bizarre que puisse paraître cette expression, tire incontestablement son nom de ce que le manège du treuil d'extraction était conduit par un âne, au lieu de l'être par un cheval, comme cela se pratiquait habituellement.
Le puits de la Machine doit être celui qui, le premier, reçut une machine à vapeur.
Quant au puits de l'Hérétique, qui était situé tout près du puits de l'Église, son nom doit très probablement masquer une légende, mais il m'a été impossible de la reconstituer. J'ai bien ou! dire, toutefois, que sur remplacement de l'un des puits de la région de l'ancienne église, et bien que ce puits fût comblé, les habitants croyaient parfois entendre des gémissements s'échapper du sol. ^
Était-ce au puits de THérétique? Il n'est pas possible de l'affirmer. Les gens de cette époque ne sont plus, et leurs légendes ne nous parviennent, le plus souvent, que très incomplètes ou dénaturées.
Depuis le commencement du siècle dernier, les conditions de la houillère se sont modifiées progressivement. L'application de la machine à vapeur, supprimant les treuils à bras et les manèges à chevaux, décuplant et au delà les moyens d'extraction; les perfectionnements successifs et rapides dans Tart des mines, permettant de donner un développement considérable aux travaux souterrains, telles furent les principales causes qui tendirent à concentrer Textraction dans un nombre de puits de plus en plus restreint.
Aujourd'hui presque tous les puits précités sont comblés depuis de nombreuses années, et il n'en subsiste plus guère qu'une douzaine. Encore parmi ces derniers, trois seulement sufBsent-ils, et au delà, à l'exploitation actuelle; les autres, dont quelques-uns pourraient être repris au besoin, ont été conservés pour l'aérage, ou installés spécialement pour l'épuisement des eaux.
Je passerai en revue, à la fin de ce chapitre, les conditions actuelles de ces puits.
1. Cette légende a ôtôcoDtée à M. Marchai par M*** veuve Germanaot} décédée en août 1903, à l'&ge de quatre* vingt>douze ans.
Le point le plus saillant de l'historique de la houillère du Creuset est, sans contredit, la séparation de la conoession de Blanzy de la concession primitive du Creuset.
Le gisement de Blanzy, complètement indépendant de celui du Creuset, bien que de formation contemporaine, constituait, en effet, une richesse incomparable eu égard à ce dernier.
MM. Cbagot frères qui, ainsi que tous leurs prédéces* seurs, n'avaient pu réussir dans la direction des établissements métallurgiques du Creuset, avaient su apprécier tout le profit que Ton pouvait retirer de la houillère de Blanzy, et lorsque, cédant leurs droits industriels i leurs associés anglais Manby et Wilson, ils se réservèrent l'exploitation de ce gisement, ce fut un coup de maître. Aussi s'explique-t-on, après quelques années d'exploitation, leur empressement à demander la délimitation et la séparation en concession distincte de leur nouvelle exploitation.
Le gisement de Blanzy, par son importance, par la qualité de ses produits et par sa situation sur le canal du Centre, eût bien modifié les conditions économiques et industrielles des usines du Creuset. Peut-être, si cette ooncession fût restée l'apanage de nos maîtres de forges, notre cité eût-elle abandonné sa situation géographique primitive, pour venir s'installer en des lieux plus privilégiés à tous les points de vue.
Certaines circonstances, telles que la création des chemins de fer, celle des grandes flottes à vapeur, etc., contribuèrent évidemment au développement du Creuset ; mais il ne fallut rien moins que le génie administratif et commercial des Schneider, pour parer i tous les inconvénients d'une situation défectueuse et élever le Creuset au sommet de nos industries nationales.
Les faits cités dans le court historique qui précède constituent essentiellement la genèse du Creuset. Son histoire
réelle, celle de son développement et de sa grandeur, ne commencent efTectivement qu'en 1837 et resteront éternellement liées au nom des Schneider.
Conditions actuelles de l'exploitation. — Trois puits suffisent actuellement i l'extraction ; ce sont : le puits n* 19, le puits Chaptal et le puits Saint- Antoine*
Ce dernier, foré à 215 mètres, a remplacé, en 1900, les puits Saint-Pierre et Saint-Paul, qui servaient à l'exploitation de la vallée, et qui ont été abandonnés momentanément pour concentrer les travaux dans les parties non découvertes des couches.
Quelques autres puits des anciennes exploitations subsistent encore :
Le puits du Creusot qui sert de descenderie potir les travaux supérieurs;
Les puits Ouest, Sud, de la Montagne et Sainte-Barbe, qui sont utilisés pour l'aérage ;
Les puits n^ 13 et S*-Laurent qui servent pour l'épuisement.
A signaler encore le puits de la Qlacière et le puits de la Sablière qui sont noyés.
Le puits n^ 13, qui est très ancien, sert pour l'épuisement des travaux supérieurs. Il est muni d'une vieille machine à vapeur à balancier, dite de Cornouailles, d'une puissance de 100 chevaux, montant 300 litres d'eau par coup. La profondeur du puits est de 142 mètres, mais la hauteur d'épuisement n'est que de 100 mètres.
Le puits Saint-Laurent est le plus profond de l'exploitation, il a 432 mètres. Foré pour faire des recherches à l'aval-pendage, il fut utilisé plus tard pour l'épuisement général des travaux.
Établi en arrière de la faille qui sépare les grès rouges du houiller, il pénètre très profondément dans les grès, et ce n'est qu'à 200 mètres qu'il traverse la faille pour s'enfoncer dans le terrain houiller.
L'épuisement, dont la profondeur est de 420 mètres, est fait par cinq jeux de pompes foulantes, à simple effet, étages tous les 80 mètres et recevant Teau par deux pompes élévatoires montées à 20 mètres au-dessus du niveau d'épuisement.
La machine motrice, d'une puissance de 300 chevaux, est du système Woolf i simple effet. Elle actionne directement les maîtresses tiges des pompes, qui sont équilibrées par un balancier à contrepoids pour l'amortissemexit de la chute.
La quantité d'eau extraite par coup est de 600 litres, ce qui correspond à un débit de 3,000 mètres cubes par 24 heures «
Puits de la Glacière. — Ce puits, ainsi dénommé parce qu'il était situé à proximité d'une ancienne glacière, a une profondeur de 252 mètres. Foré dans le terrain houiller, sa base pénètre, sur 70 mètres, dans les poudingues très durs qui constituent le fond de la vallée et appartiennent très vraisemblablement au dévonien.
A la cote 213 mètres, une galerie en travers-bancs fut poussée pour rejoindre les travaux du puits Ghaptal.
Une deuxième galerie fut commencée, dans la même direction, à la cote 245 mètres, mais, lorsqu'elle atteignit une longueur de 15 mètres (en juillet 1856), on creva une forte venue d'eau qui obligea d'abandonner les travaux.
L'épuisement qui fut pratiqué à ce puits, pendant de nombreuses années, étant trop onéreux et sans aucun avantage pour les travaux miniers, on établit un serrement dans la galerie de la cote 213 mètres, et on laissa montei^ l'eau dans le puits. Son niveau se maintient à peu près constant, vers 70 mètres au-dessous de l'orifice.
Puits de la Sablière. — Ainsi appelé parce qu'il avait été établi dans la région des carrières de sable exploitées pour la cristallerie du Creuset. Plus tard, il fut plutôt appelé puits de la Molette, & cause des molettes qui y
furent installées sur chevalement pour recevoir les câbles d'extraction.
Le quartier très important qui se construisit autour de ce puits i partir de 1860, s'appela, de ce fait, giuirtier de la Molette.
Le puits, foré dans les grès rouges, n'a que 82 mètres de profondeur. Les terrains sablonneux traversés entre 68 mètres et 79 mètres donnèrent beaucoup d'eau et Ton dut abandonner les travaux.
Ce puits fut d'abord muni d'une machine à vapeur, mais, après l'abandon des travaux, cette machine fut transportée à un autre puits et remplacée par un manège à chevaux pour l'élévation des bennes d'extraction de Teau.
L'eau, qui est très fraîche et d'excellente qualité, fut et est encore employée en été pour l'alimentation des ouvriers de la Forge en eau potable. La quantité à fournir devenant de plus en plus importante, on dut supprimer le manège et installer une machine à vapeur plus rapide.
Enfin, depuis quelques années, ce puits, gênant beaucoup la perspective du quartier, fut rasé et la machine à vapeur remplacée par une pompe souterraine mue par un moteur à gaz.
Pour terminer cet historique, je dirai encore quelques mots sur la montagne des Riaux, connue au Greusot sous le nom de Montagne-qui- Brûle.
Cette montagne, d'où s'échappaient autrefois de nombreuses fumerolles, laissant déposer du soufre sublimé, n'est plus guère aujourd'hui qu'un amas de schistes calcinés, les feux étant plus profonds.
Il y a quelques années, ces feux menaçant d'attaquer les premières maisons du quartier des Riaux, on dut enrayer le fléau en creusant, en arrière des maisons, une profonde tranchée que l'on remplit d'argile damée. Depuis on n'a pas constaté la progression du fléau.
Comment le feu fut-il allumé? Probablement par des enfants qui 8*amusèrent à faire un brasier. Toujours est-il qu'une fois allumé il ne s'éteignit plus, et qu'il s'étendit avec d'autant plus de facilité que les schistes très charbonneux et pyriteux lui fournirent un aliment abondant et facile.
Les incendies intérieurs de la mine furent également très fréquents dans l'ancienne exploitation, par le fait des méthodes défectueuses usitées. Dans les anciens travaux, que Ton recoupe depuis un certain nombre d'années, on retrouve partout la trace de ces incendies, reconnaissables à la cokéification de la houille.
IV. — Géologie des Travaux du Chemin de fer des nouveaux Crassiers.
Le chemin de fer des nouveaux crassiers, qui a une longueur développée d'environ 3 kilomètres, et dont les pentes atteignent parfois jusqu'à 30 millimètres par mètre, prend naissance, à la cote 373*50, au rebroussement des Riaux, point terminus, à l'Ouest, du chemin de fer extérieur des usines. A partir de ce point, il s'élève à flanc de coteau, de rOuest à l'Est jusqu'à la cote 404 mètres, au lieu dit la Combe-des^Mineurs^ hameau situé juste au-dessus de l'entrée du tunnel de la ligne de Chagny à Nevers. Une nouvelle bifurcation ramène la ligne en sens inverse, de l'Est à l'Ouest, pour aboutir, sur le sommet de la montagne, à la cote 451'°80 au-dessus du quartier dit des Baraques , étage parallèlement au quartier des Riaux.
Le sommet de la colline est alors traversé par un tunnel d'environ 50 mètres, et la ligne débouche sur le versant septentrional, qu'elle côtoiera en courbe jusqu'à la verse des nouveaux crassiers.
La ligne de montagne qui sépare les deux vallées du Creusot et du Mesvrin, petit affluent de l'Arroux, appartient au grand massif granitique qui commence au Creusot
et s'étend presque jusqu'à la dépression de la Loire, avec épanouissement sur le Charollais et sur la bordure du Morvan.
Sur le versant méridional, vers la partie Ouest de la vallée houillère du Greusot, le granité est recouvert jusqu'au sommet par les schistes et quartzites dévoniens (grauwacke des anciens auteurs), sur lesquels le terrain houiller vient s'appuyer en stratification normale.
Le dévonien forme ici une sorte de contre-colline, très escarpée du côté du Greusot et connue sous le nom de Montagne des craques. Gette appellation lui vient des nombreuses et profondes fractures qui la sillonnent en tous sens, fractures ouvertes par le tirage et le glissement des terrains, sous l'influence des tassements dus aux travaux miniers qui attaquent la base même de la montagne.
Le tracé du chemin de fer pénètre, à partir des Riaux, dans le terrain houiller, caractérisé ici par des grès de couleur grisâtre, ferrugineux par places. Ges grès alternent avec des bancs de galets, dont beaucoup d'origine dévonienne, généralement peu cimentés, indiquant l'importance et la direction des eaux qui alimentaient le bassin houiller.
Le terrain houiller, très redressé contre la colline, présente, sur toute sa longueur, un pendage au Sud presque vertical, avec plongée à l'Est. Sur le talus qui borde la rive gauche de la ligne, percent quelques veines de schistes accompagnant des affleurements très minces de houille. Ges affleurements, comme je Texpliquerai ailleurs, appartiennent aux faisceaux inférieurs du gisement.
Les schistes portent quelques empreintes de fougères, assez mal conservées, que l'on peut sans erreur classer dans la grande famille des Pécoptéridées : Peeopteris polymorphay P. cyaihea.
Le terrain houiller, qui conserve partout son allure tourmentée, se poursuit sur la majeure partie de la branche inférieure du chemin de fer, et ce n'est qu'en arrivant vers TEst que, par suite du relèvement important de son niveau,
la voie pénètre dans les quartzites dévoniens. Plongeant dans ces nouvelles roches entre deux murs à pic, hauts de 10 à 15 mètres, la voie pénètre, en tournant vers le Nord, sur un haut remblai prolongé par un pont en maçonneries, jeté au-dessus de la Gombe-des-Mineurs, et d'où Ton jouit d'un panorama superbe sur la partie Est des usines.
Immédiatement après le pont, un rebroussement ramène la ligne parallèlement à elle-même. A Taplomb de la première tranchée, la voie supérieure, dont le niveau s'est relevé d'environ 3 mètres, pénètre dans une autre tranchée immédiatement superposée à la première.
De grandes fractures normales à la direction des voies et largement ouvertes, découpent les hauts talus des tranchées en rochers parallèles, rappelant les canons du Colorado.
La teinte sombre des roches, l'aspect triste des acacias qui couronnent le sommet, la répercussion des bruits de l'usine à travers les tranchées et les antres profondes des craques, tout contribue à donner à ce petit coin un aspect sauvage et terrifiant.
Transporté spontanément en ce lieu désert, un observateur, dont la vue serait limitée aux talus des tranchées, pourrait ignorer qu'à ses pieds, à peine séparé par quelques mètres de rocher, se meut tout un monde industriel, travaillant sans relâche à conserver le renom de la grande cité métallurgique du Greusot.
Au point de vue géologique les tranchées du chemin de fer, notamment la tranchée inférieure, présentent un intérêt tout particulier.
Les quartzites dévoniens, à l'origine, présentent le faciès normal que l'on observe dans toute la région comprise entre le Greusot et Montcenis. Ge sont des roches à pâte très fine et argileuse, de couleur brune, fragiles, très fendillées normalement à la stratification, et qui, par cela même, se résolvent à Tinfini en fragments anguleux, tendant à la forme prismatique.
En pénétrant plus avant dans la tranchée inférieure, la roche se modifie profondément. A la base et formant une sorte de dôme au milieu des quartzites normaux qui dominent au sommet, on voit une roche qui, bien que conservant l'aspect fragmentaire, est beaucoup plus résistante et ne se divise pas aussi facilement. Sa couleur est verdâtre et très luisante dans les joints de délitage et dans la cassure, la texture à grain très fin, de couleur noire violacée, se résout à la loupe, en un magma quartzeux très riche en mica.
Les joints, qui sont très souvent traversés par une mince pellicule d'argile, sont très onctueux au toucher.
Ces quartzites me semblent devoir être séparés des quartzites dévoniens comme étant plus anciens.
Une longue bordure de schistes micacés, affleurant sous les roches dévoniennes du sommet de la colline, ayant été considérée comme silurienne par MM. Michel Lévy et Delafond, il est très possible que la roche de la tranchée constitue la partie profonde de ces schistes micacés.
Les schistes micacés ne sont pas, du reste, les seules roches de la région que Ton puisse considérer comme antérieures au Dévonien. Au lieu dit V Étang-Bureau, sur la route de Montcenis à Marmagne, on rencontre, sous une faible épaisseur de quartzites et faisant suite à la bande de schistes micacés, une formation de grès jaunâtre que M. Michel Lévy attribue également au Silurien.
Au niveau des cassures accidentelles qui affectent les parements des tranchées du chemin de fer, une poussée de très belle microgranulite a pénétré les quartzites jusqu'au sommet.
Cette roche, dont la pâte, de couleur gris clair, est microgranulitique, est très fragmentaire, ce qui semble indiquer qu'elle est arrivée déjà consolidée à la surface, et qu'elle s'est brisée sous les efforts mécaniques de pénétration. Elle a du reste peu modifié les quartzites voisins, dans
les fissures desquels on ne constate que la présence de calcite métamorphique.
Les éléments de première consolidation de la roche sont : de grands cristaux abondants d'orthose très kaolinisé, de gros débris de quartz ancien et du mica noir, se présentant fréquemment en tables hexagonales. C'est donc une roche de la classe des Porphyres granitoïdes de Grtlner.
La tranchée supérieure pénètre entièrement dans les quartzites devenions normaux et n'offre rien de particulier au point de vue minéralogique. Mais les grandes cassures béantes qui s'ouvrent dans ses flancs présentent, pour le géologue, un attrait tout particulier par leur similitude avec les cassures naturelles de Técorce terrestre.
Le rebroussement situé après le pont de la Combe-des- Mineurs pénètre dans le flanc granitique de la montagne de la Marolldy mais il n'entame que la partie superGcielle très arénacée du granité.
La ligne supérieure, qui n'est pas encore achevée, est ouverte sur toute sa longueur dans les quartzites devenions; ce n'est qu'en arrivant au sommet de la montagne, à l'Ouest, que l'on retrouve le granité dans lequel pénètre le tunnel qui doit faire aboutir aux crassiers.
A l'aplomb du puits n" 19, vers le milieu de sa longueur, les travaux de la ligne supérieure ont coupé un deuxième filon microgranuli tique. La roche, dont la texture est semblale à celle du porphyre de la tranchée, prend l'aspect euritique au sommet de la montagne où elle afïleure.
La présence de ce filon a également fait développer la calcite métamorphique dans les quartzites de contact, et c'est à cette calcite qu'est due la présence de la Scille d'automne (Scilla autumnalis L.), très cantonnée dans le voisinage de Tafïleurement micro-granuli tique. *
1 . J*ai déjà signalé cette station de la Scille d'automne, dans une communication faite à la séance du 30 septembre 1894.
Pour terminer ce chapitre, disons que le chemin de fer, dont les travaux supérieurs étaient à peine ébauchés lors de l'excursion, fonctionne actuellement jusque vers le milieu de la ligne du haut, où les crasses sont employées à faire un haut remblai pour la traversée de la Combe-Denis. Quelques maisons construites dans cette combe ont été rasées et seront remplacées par les remblais qui font ainsi disparaître une partie du village primitif qui, le premier, porta le nom de Creuset.
V. — Considérationt générales sur la Géologie des bassins HouiUer et Permien du Creuset.
Le bassin houiller du Creuset, qui appartient au houiller supérieur (Stéphanien), est situé sur la bordure Nord-Ouest d'une grande vallée d'effondrement qui a été comblée par les dépôts permiens, notamment par les grès rouges.
Ce bassin constitue une sorte de golfe qui pénètre profondément dans une formation de schistes et de quartzites attribués au dévonien. (Voir PI. D.)
La vallée du golfe, constituée par des poudingues semblant également appartenir au dévonien, est formée par un long synclinal, légèrement incurvé à l'Est où il pénètre sous les grès rouges, et se redressant progressivement jusqu'à l'extrémité du golfe où se Grent les premières exploitations à découvert.
Sur la rive méridionale, le fond de bateau est terminé par un anticlinal, formant une sorte de terrasse, qui jette à l'Ouest une bande très mince entre les grès rouges et les quartzites.
Les couches houillères sont, en majeure partie, situées sur la bordure Nord du bassin, mais il en existe également une moins importante sur la terrasse anticlinale opposée.
La coupe transversale, PL E, faite suivant la plus grande largeur du bassin, montre très clairement la configuration de la vallée. Elle fait voir également que la séparation de
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la couche des Moineaux d'avec la couche principale n'est que le résultat d'un étirement provoqué par la formation du synclinal.
Les couches de la rive Nord sont les plus affectées par le dénivellement de la vallée. Les affaissements ayant été limités au voussoir granitique de la MaroUe, tous les terrains sédimentaires ont glissé en se redressant le long de ce voussoir, subissant une compression qui les a plissés et brisés suivant les lignes de plus faible résistance.
C'est dans ces conditions que les assises houillères ont pu se redresser verticalement, et même se renverser à leur partie supérieure, sous la poussée des terrains dévoniens qui, plus homogènes et mieux consolidés, présentaient beaucoup moins de plasticité.
Le gisement houiller comprend, sur la bordure Nord, trois couches, dont une couche principale, atteignant jusqu'à 20 mètres d'épaisseur, et accompagnée à ses épontes de plusieurs couches minces séparées par quelques bandes schisteuses. Les deux autres couches, appelées première et deuxième couches du mur, sont parallèles à la grande couche, mais elles ont moins d'homogénéité et se divisent en faisceaux parallèles dont on retrouve les affleurements à flanc de coteau.
Le maximum d'épaisseur constaté dans l'exploitation de la première couche du mur a été de 4 mètres. La deuxième du mur a donné, en quelques points de sa partie inférieure, une épaisseur de 2 mètres, mais elle n'est pas connue dans sa partie supérieure, où elle n'a été reconnue qu'en zones très minces par des galeries de travers-bancs.
Les affleurements minces remarqués dans les travaux du chemin de fer, lors de l'excursion du 24 avril, appartiennent au faisceau de la deuxième couche du mur.
Dans le sens longitudinal, le synclinal plonge très fortement à TEst, où la vallée atteint une profondeur de 500 mètres et plus à la jonction des grès rouges.
La grande couche, dont le développement superficiel est de près de 2 kilomètres, montre son afïleurement au pied de la montagne sur toute la longueur du bassin.
Cette couche conserve partout son redressement vertical dans sa partie supérieure, mais, à mesure qu'elle plonge à TEst, la base s'étale de plus en plus, vers le Sud, en nappe ondulée sur le synclinal, pour venir se buter aux grès rouges.
La houille subit des modifications de composition avec la profondeur.
La houille grasse, contenant de 19 à 22 ^o de matières volatiles, se cantonne entre 50 et 100 mètres de profondeur. A mesure que Ton descend dans la vallée, où les efforts de compression ont été plus importants, les matières volatiles diminuent progressivement. La houille passe à la houille maigre pour arriver, comme dernier terme, à la houille anthraciteuse qui, au voisinage de 500 mètres, ne contient plus que 10 à 11 7o de matières volatiles.
Dans les affleurements, jusqu'à la profondeur de 50 mètres, la houille s'est éventée sous l'influence des agents atmosphériques et a perdu une partie de ses çiatières volatiles.
La projection verticale des travaux, PI. F, reproduit les différentes zones, de 50 en 50 mètres, avec indication du pourcentage des matières volatiles.
Les puits portés sur cette coupe ont disparu en partie; leur indication a pour but de faire voir la profondeur des travaux dans les diverses parties du gisement.
Cette projection des travaux étant purement théorique, et ne tenant aucun compte de l'étalement de la grande couche à sa base, ainsi s'expliquent les différences de profondeur de puits qui semblent voisins. D'une manière générale, les puits sont d'autant plus profonds qu'ils sont situés plus à l'Est, mais les plus profonds, sur une même zone transversale, sont ceux qui s'éloignent de l'affleurement dans la direction du Sud, ayant pour objet l'exploitation de la vallée.
A la jonction des grès rouges, les nombreux et impor-» tants accidents du terrain houiller n'affectent pas la limite séparative des grès qui reste partout rectiligne. Sur cette ligne, les strates houillères suivent à peu près leur inflexion propre, et ne semblent pas avoir subi un étirage secondaire important.
Les grès n*y présentent aucune dislocation et, de fait, il n'y a pas de faille proprement dite, le remplissage peu important, rencontré quelquefois, étant fait surtout de matières argileuses résultant de Taltération de la roche par les eaux. On n'y rencontre pas les nombreux éléments élastiques qu'auraient produit, inévitablement, des dislocations ayant affecté en même temps les deux natures de terrains.
Le même état de choses se rencontre également à la jonction des grès rouges et des terrains houillers du bassin important de Blanzy, situé sur la bordure opposée de la grande vallée d'effondrement.
Partout, dans ces deux bassins du Creuset et de Blanzy, les strates houillères, très redressées et contournées, prennent des inclinaisons croissantes aux approches des grès rouges, et contrastent singulièrement avec l'allure très régulière et peu inclinée de ces grès.
En un mot, l'aspect général des versants houillers produit l'impression de falaises, étirées et contournées, contre lequelles les grès rouges sont simplement venus s'appuyer en stratification discordante.
Partant de ces considérations, il semble possible dès lors, d'échafauder la théorie générale de formation des bassins houiller et permien du Creusot et de Blanzy, auxquels il faut, d'après M. Delafond, rattacher le bassin de Bert, dans TAUier.
La grande vallée d'effondrement qui sépare les deux bassins houillers et qui s'étend, sur près de 100 kilomètres, depuis Gharrecey jusqu'à Bert, est comblée par les terrains permiens et ne laisse apparaître le terrain houiller que
sur ces bordures. Mais, tandis que sur la bordure Sud-Est, depuis Perreoy jusqu'à Charrecey, s*étale un long bassin comprenant les grandes concessions de Blanzy, Montchanin et Saint-Berain, sur la rive Nord-Ouest, au contraire, les terrains houillers sont plus rares. Â part le bassin du Creusot, qui seul a quelque importance, on n'y trouve guère que quelques îlots épars, à Saint-Eugène, à Toulonsur-Arroux, à PuUy et à Orandchamp. Le bassin de Bert, qui semble terminer la vallée au Sud-Ouest, appartient à la bordure Sud-Est.
Dans tous ces bassins, petits ou grands, les terrains houiller et permien présentent la même allure et les mêmes relations, ce qui ne peut résulter que d'un système géogénique unique.
Les bordures de la vallée sont constituées, sur toute leur longueur, par deux selles éruptives. La selle Nord- Ouest appartient aux roches granitiques, la selle Sud-Est, moins élevée, appartient aux roches granulitiques.
C'est à leur jonction, où ces deux selles présentaient des conditions de résistance différentes, que se sont produits les effondrements qui ont approfondi progressivement le synclinal.
Le long synclinal compris entre ces selles, et dont le prolongement devait se faire, sinon en arrière de Bert, du moins au delà de Charrecey, constituait un bassin naturel très important, où toutes les eaux descendant des deux versants venaient grossir le fleuve qui y circulait.
Le régime de ce fleuve se modiQa avec les affaissements de la vallée.
Sur les bords, des dépressions marécageuses, recouvertes seulement par les hautes eaux, purent se constituer et une végétation très active y prendre naissance. Les débris végétaux s'accumulaient dans ces marécages, où ils étaient soumis à l'action des bactéries qui préparaient la bouillie végétale qui, par son dessèchement et son durcissement,
devait, dans la suite des temps, former la houille exploitée aujourd'hui.
A plusieurs reprises, des cataclysmes, plus ou moins violents, ont pu, en tout ou en partie, combler les marécages par des matériaux de toute sorte : terres ou galets, arrêtant momentanément la végétation. Lorsque tout redevenait normal, la végétation pouvait reprendre son cours et contribuera la formation d'une nouvelle couche de houille.
Ainsi s'expliquent la superposition et le parallélisme relatif des faisceaux houillers et des intercalations de grès ou de schistes qui les séparent.
Dans le lit du fleuve, les eaux conservaient leur écoulement rapide et, sauf dans quelques estuaires, les sédiments ne se déposaient guère.
La bordure granitique formant une falaise redressée se prêtait peu à rétablissement des marécages, ce qui explique le peu d'importance du terrain houillerdececôté.
La bordure granulitique, beaucoup moins élevée, devait, au contraire, être très marécageuse et pouvait donner naissance au long bassin houiller que Ton y retrouve.
D'après le parallélisme presque parfait que Ton constate dans les couches houillères, il semble probable que le même régime persista longtemps, pendant presque toute la période houillère.
C'est seulement vers la un que les conditions d'équilibre des deux voussoirs éruptifs furent modifiées, et que l'affaissèment de la vallée commença d'infléchir les strates.
Les zones marécageuses s'effacèrent, la formation de la houille cessa et les bassins, qui commençaient à disparaître sous les eaux, ne reçurent plus que les atterrissements qui formèrent les schistes et les grès du toit.
La vallée s'effondrant de plus en plus, le régime du fleuve se modifia et les sédiments permiens purent commencer à se déposer dans les bas-fonds où les eaux étaient relativement calmes.
Les sédiments houillers disparaissant de plus en plus, furent soumis à l'action des eaux courantes qui régularisèrent les bords et les découpèrent partout en falaises.
Vers la fin du dépôt des schistes permiens, l'effondrement se prononça considérablement, le fleuve perdit complètement son régime et fut transformé en une sorte de lac où les sédiments, apportés par les affluents, purent se déposer rapidement.
Pendant cette longue période, les granités, les granulites surtout avec leur faciès gneissique, avaient été soumis à l'influence des agents atmosphériques et s'étaient arénacés très profondément. Leurs éléments désagrégés, très facilement entraînés par les eaux, vinrent peu à peu combler la dépression et former Timportant dépôt des grès rouges.
L'exposé de cette théorie géogénique ne présenterait ici qu'un intérêt relatif, si je n'avais eu en vue de formuler quelques conclusions au point de vue des recherches minières futures que l'on pourrait être tenté d'entreprendre dans le bassin permien.
Des considérations précédentes il résulte :
Que la houille paraît être le résultat d'accumulations végétales dans des marécages riverains ;
Que les bassins houillers des deux rives semblent être complètement indépendants;
Que les schistes et les grès des divers bassins houillers ne doivent avoir aucune communication par la vallée, dont le fond a été plutôt lavé et érodé par les courants.
En conséquence, toutes les recherches de houille qui pourraient être entreprises dans le bassin permien, entre le Greusot et Blanzy, ont bien des chances de rester infructueuses.
Les sondages effectués dans la région permienne semblent, du reste, conûrmer cette manière de voir.
Le sondage de la Mouillelongue, foré en 1857, entre Montchanin et le Greusot, a été poussé à 920 mètres sans
sortir du permien. (II est regrettable que la rupture du trépan n'ait pas permis de descendre plus bas.)
Le sondage Ségur, à Montchanin, a été descendu à 1,000 mètres et n'est pas sorti non plus du permien.
Bien que ces deux sondages aient dépassé de beaucoup la limite connue du terrain houiller, ils ne sont cependant pas suffisamment justificatifs puisqu'ils n'ont pas atteint la vallée.
II n'en est pas de même du sondage de Gharmoy, foré en 1890-1896, et qui a fourni des indications très précises. Descendu à 1,200 mètres, il n'avait pas quitté le permien, depuis la surface, lorsqu'il a rencontré la roche éruptive.
D'après l'emplacement choisi pour ce sondage, on pouvait espérer un meilleur résultat, car les petits lambeaux houillers apparaissant tout près, sur la bordure Nord-Ouest du permien, pouvaient être supposés appartenir à des couches intérieures importantes.
Conformément à l'opinion émise ci-dessus, la vallée n'aurait donc pas reçu de dépôts pendant la période houillère et aurait été plutôt érodée par les courants.
Déclinaisons de PAigoille aimantée.
Pour terminer ce compte rendu, j'indiquerai les déclinaisons observées depuis un certain nombre d'années au Creusot :