Chrtulaire de VÈvéché d'Aittun^ par Anatole de Charmasse
Jallery et près de la métairie Baptisât, en contact avec un Blon de barytine.
Au-dessous des Dorains, on voit également deux filons parallèles de barytine et de fluorine.
De retour à Grury, nous trouvons les voitures qui nous ramènent à Issy-l'Évêque où nous avons le temps de visiter, avant la nuit, la vieille église romane que Gourtépée indique comme ayant été celle d'un monastère de Bénédictines. Elle était comprise dans Tenceinte d'un ancien château fort dont on voit encore les fossés et des tours en assez mauvais état. C'est tout ce que le bourg offre d'intéressant.
Issy-l'Évéque était une baronnie qui fut unie à l'évêché d'Autun, au neuvième ou au dixième siècle, et c'est probablement depuis cette époque qu'au nom primitif Issium^ Issiacum^ Issiacus, Issiaco, on ajouta la qualité du nouveau seigneur de cette terre. Quoi qu'il en soit, à partir de cette donation, l'évêque d'Autun porta le titre de baron d'Issyl'Évêque.
Pour terminer le programme de la journée, il ne nous restait qu'à dîner chez l'hôtelier Baudot qui, pour ne pas être au-dessous de son confrère de Qrury, nous avait préparé un menu digne d'être absorbé moins rapidement que nous n'avons été obligés de le faire. Mais il nous fallait aller prendre à Luzy, le train de 8 h. 51 m., de façon à pouvoir rentrer i Autun, à 10 h. 13 m.
Nous sommes heureux de pouvoir ajouter à ce compte rendu, les notes botaniques que notre collègue, M. Ghassignol, a bien voulu nous communiquer.
M. le docteur Gillot qui avait été retenu à Âutun et n'avait pu nous rejoindre qu'à Grury, a pris part à la seconde partie de l'excursion et, comme d'habitude, s'est mis avec beaucoup d'empressement à la disposition des quelques botanistes qui se trouvaient là; de sorte qu'à partir de ce
moment la botanique n'a pas été délaissée. Mais, sur un sol essentiellement granitique, la flore est peu variée et ne présente, en général, que des plantes très répandues dans toute la région.
En quittant le joli bourg de Grury pour atteindre les ruines de Tancien château fort de Paulin, appartenant actuellement à M. Hippolyte Frappet, nous trouvons sous les haies l'Agripaume LeonuruscardiacaL,, plante vraisemblablement d'origine orientale, introduite depuis longtemps, en raison de ses propriétés médicinales, et qui croît aujourd'hui spontanément chez nous; on la rencontre ordinairement dans le voisinage des habitations. Elle fait partie de ces espèces dites synanthropes^ qui semblent avoir besoin de matières azotées pour leur développement, et les trouvent abondamment aux alentours des lieux habités.
Chemin faisant, nous remarquons : Stachys alpina L., Ranunculus hederaceus L., Conium maculatum L., Lactuca muralis Fres., plante qui jouit, sous le nom de Toute-Bonne^ d'une réputation méritée, mais souvent exagérée, au sujet de ses propriétés médicinales, notamment pour la guérison des plaies.
Sur les ruines du château et tout autour, nous remarquons : Turritis glabra L., dont la plupart des inflorescences présentent une cécidie causée par un Aphis non déterminé bien que cité par MM. Darboux et Houard, et qui produit le raccourcissement de Tinflorescence et la chloranthie des fleurs. ^
Reseda lutea L. Seneoio Jacobsea L.
Âgrimonia Eupatoria L. Carlina vulgaris L.
Chssrophyllum temulum L. Inula Conyza DC.
Sambucus nigra L. Pyrethrum Parthenium Sin<
Dipsacus silvestris Mill. Gentaurea Cyanus L.
Onopordon Acanthium L. Pilago germanica L.
1 . Catalogue aystém. de$ tooeèeidieê de VËurope et du baesin médUerranéent
Erigeron oanadensis L.
Eohium vulgare L. (variété à
fleurs roses).
Myosotis iatermedia Link.
Hyosoyamus niger L.
Ânarrhinum bellidifolium Df.
Digitalis purpurea L.
Digitalis lutea L.
Ballota fœtida Lam. Marrubium vulgare L.
Cynoglossum officinale L.
Chenopodium Vulvaria L.
Rumex conglomeratus Schr.
Euphorbia Cyparissias. L.
On remarquera que plusieurs de ces espèces sont habituellement classées parmi les plantes calciphiles et par conséquent étrangères à la flore autochtone. Leur présence s'explique, sur les éboulis des vieux murs, par la présence de la chaux des mortiers, et c'est maintes fois qu'on les a signalées dans des conditions analogues. On peut dire qu'elles constituent la « flore des ruines », et offrent le caractère de colonies végétales hétéroiopiques (Oillot) très spéciales et très limitées.
En nous dirigeant ensuite vers la carrière de spath-fluor du Crôi-Blanc, nous trouvons au bord du chemin ou dans les haies :
Âquilegia vulgaris L.
Silène nutans L.
Hypericum perforatum L.
— humifusum L.
Genista sagittalis L.
Lotus corniculatus L.» avec quelques inflorescences portant des boutons gonflés, teintés de rouge et restant fermés, cécidie dénommée Cantarinia, Loti de Geer.
Vicia angustifoiia Roth.
Epilobium lanoeolatum Seb.
Rosa arvensis Huds.
Hypochœris radicata L.
Melampyrum pratense L.
Rumex Âcetosella L., dont quelques feuilles atteintes de cécidie : Apion frumentarium L., portaient sur la nervure médiane un renfle* ment rouge&tre ; plante ché* tive.
EXCURSION A SINCEY, BOUBBILLY, ÉPOISSES (3jumetl904).^
Le premier but de cette excursion était la visite des Houillères situées à moins d'un kilomètre de la gare de Sincey-lès-Rouvray et beaucoup plus intéressantes au point de vue géologique ou stratigraphique qu'au point de vue industriel.
Le terrain liouiller de Sincey s'étend en une bande extraordinairement rectiligne et régulière d'épaisseur, depuis le pont de Bierre, près Ruffey dans la Gôte-d'Or, jusqu'à Villers-lès-Nonnains (Yonne), sur un parcours de vingt-quatre kilomètres environ. Peu de gisements analogues présentent cette singularité. Cette ligne est orientée à peu près E.-O. et, d'après M. Guillemot de Nerville à qui nous empruntons ces renseignements^, elle semble être un lambeau arraché à un dépôt plus étendu et pincé presque verticalement comme un coin, ou même à la manière des filons, dont on ne voit que la tranche, au milieu du terrain primitif. A part un renQement peu étendu où elle atteint 500 mètres, sa largeur varie partout entre 180 et 200 mètres.
C'est vers 1835 que M. de Nansouty en fit la découverte et en commença l'exploitation. Après sept années de recherches infructueuses, les travaux furent abandonnés.
La roche du mur est un porphyre quartzifère qui s'est épanché dans tous les joints du terrain avoisinant. On peut
1. Ont pris part à cette excursion MBi*^* Louise Baron; Marie-Louise Berthier; Adèle et Jeanne Qillot; MM"** Douhéret, de Montcenis; Léon Graillot et Gustave Pelletier; MM. André Georges; Berthier Maurice, Pierre et Victor; le D' Bertrand; Beurton, de Liernais; Bouvet; le vicomte H. de Ctiaignon; Douhéret, de Montcenis; Duchemain, du Pignon-Blanc; Frérot, de Semur; le D' X.Gillot; Léon Graillot; le ly Gueneau, de la Roche-en-Brenil ; Pasteur; Gustave Pelletier; Roidot-Errard; Paul Sauzay; Adrien Seguin; Sirdey et Viard.