‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 362 sur 367 · Anruilêê de$ Mines, 1852, 5* série, t. !•% p · texte numérisé non relu

Anruilêê de$ Mines, 1852, 5* série, t. !•% p

la suivre, presque sans interruption, sur toute la longueur de la bande carbonifère; celle du toit est moins constante.

Les roches primitives encaissantes sont le granité à grains moyens ou à grands cristaux d'orthose, le micaschiste et le gneiss ; ce dernier pénétré de nombreux filons de pegmatite.

Le terrain de Sincey est composé de poudingues, de grès et d'argiles schisteuses ; bien qu'il appartienne au houiller proprement dit, le combustible qu'il renferme a tous les caractères de l'anthracite.

Les poudingues forment des bancs nombreux répandus dans toute son épaisseur ; ils sont constitués par des galets arrondis provenant tous de roches du pays environnant.

Les grès qui sont la roche dominante alternent avec les poudingues et les schistes argileux. Certains bancs, à gros grains, renferment des tiges silicifiées de palmiers et de conifères, semblables à celles des environs d'Autun; d'autres, à grains fins, contiennent de nombreuses empreintes de calamités, de lépidodendrons, de fougères, etc. Quelques-unes ont conservé, comme à la montagne Pelée près d'Épinac, la matière même de la feuille, simplement desséchée et à peine altérée.

Dans les schistes argileux, les empreintes végétales sont encore plus communes, Sigillaria^ Pecopteris^ Nevropteris, Asterophyllites^ Annularia^ Calamités^ Lepidodendron^ etc.

Certaines parties de ces schistes sont pyriteuses ; d'autres sont remplies, dans le sens de la stratification, de quartz lydien amygdaloîde constituant parfois un véritable banc.

Pendant les sept premières années de recherches, on a livré au commerce près de 60,000 quintaux d'anthracite, au prix moyen de 80 centimes l'hectolitre. La fabrique de Vassy, près d'Avallon, est l'usine qui en a le plus consommé.

M. Guillemot de Nerville concluait que les couches froissées et pour ainsi dire laminées du terrain houiller inférieur de Sincey avaient grande chance d'être stériles.

Et ses prévisions se sont malheureuseinent réalisées. Les travaux repris à différentes époques n'ont jamais donné de brillants résultats.

La nouvelle société des mines de Sincey exploite depuis quelque temps une terre blanche réfractaire, qui se trouve , dans certaines parties, au contact du combustible et qui donne des gazons d'excellente qualité.

Après avoir prélevé quelques échantillons de porphyre quartzifère, de grès et de poudingues, nous reprenons nos voitures et la route de Courcelles-Prémoy. A l'entrée de ce village, nous voyons une carrière ouverte dans un calcaire siliceux, à gryphées arquées, qu'on exploite pour l'empierrement des routes. Les gryphées de ce calcaire, dit M. Collenot, n'ont souvent laissé que leur moule ; le test a disparu, remplacé par un vide quelquefois comblé par de la barytine ou du quartz cristallisé. Quelques-uns des moules internes de gryphées sont d'une extrême légèreté, on les croirait calcinés; cependant ils semblent plutôt être passés à l'état de silex nectique. ^

Les fissures du calcaire siliceux de Courcelles-Frémoy sont tapissées de cristaux de barytine, de fluorine, de mouches de galène et de malachite. Ces deux derniers minéraux ont même donné lieu, vers 1835 ou 1836, à un cpmmencement d'exploitation qui fut de courte durée.

Au delà de Gourcelles, la route coupe des terrains très variés et passe du granité aux grès arkoses et de l'infralias au lias.

A la descente du hameau de Villers, au lieu dit le Battoir, jolie falaise de rochers baignée par le Serein très poisonneux, parait-il, en cet endroit. Non loin de là, près du moulin, cascade de cinq mètres, dite le Peut^Crot^ que nous n'avons pas le temps de visiter.

Nous remontons la rive droite du Serein, dans une

i. Deêeription géologique de l'AuxoiSj par J.-J. Collenot, p. 23t.

vallée, d'abord encaissée entre des collines boisées, qui tout à coup s'élargit et laisse apercevoir la masse blanche d'un château. C'est Bourbilly ! Le paysage calme et sévère est bien approprié à son histoire, toute de travail et de méditation, autrefois remplie par les élans mystiques de sainte Chantai, aujourd'hui consacrée aux travaux sérieux de son propriétaire actuel, M. le comte de Franqueville, membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques). *

C'est avec intérêt, avec émotion même, que nous parcourons ces lieux remplis du souvenir de M*"* de Chantai, que son séjour prolongé au château de Monthelon rend, pour nous, plus intéressante. C'est là que le 28 décembre 1592, Jeanne-Françoise Frémyot épousa Christophe de Rabutin, baron de Chantai ; c'est là que neuf ans plus tard, en 1601, son mari fut tué accidentellement, à l'âge de trente-cinq ans, dans une partie de chasse, par un de ses amis, M. d'Ânlezy, seigneur de Chazelles. A cette époque, « le château, qu'entourait une forte muraille gothique, flanquée de tours aux quatre extrémités, formait un carré au centre duquel était une cour. Un pont-levis en fermait l'entrée. Une magnifique avenue de vieux arbres y conduisait » ^. Restée veuve à vingt-huit ans, M""' de Chantai quitta Bour-

1. M. Charles de Franqaeville est né à Paris en 1840. 11 est le fils d'Alfred- Charles-Eraest Franquet de Franqueville, ingénieur, ancien directeur des ponts et chaussées et des chemins de fer (1809-1876). Administrateur et publiciste, il a été auditeur et maître des requêtes au conseil d'État, secrétaire de la Commission des chemins de fer et chargé de missions importantes en Angleterre. Marié, en premières noces, à M*** Érard, il épousa, plus tard, la fille de Ramsel Palmer, comte de Seiborne, chancelier d'Angleterre en 1880-1885. On lui doit un grand nombre de publications marquantes, entre autres : Deê inêtitiUionê politiqitesi judiciaires et àdministraliveê de l'Angleterre, 1863; Ètudeê sur les sotdétés de secours miUuels en Angleterre, 1803; les Chemins de fer en France et en Angle» terre, 1873; Local govemment in France, 1876 ; l'État et les Chemins de fer en Angleterre, 1881, etc. ; et surtout : Du régime des travaux publics en Angleterre, 187b, 4 vol. in-8*; le Gouvernement et le Parlement britanniques, 1882, 3 vol. in-8*. Ces deux ouvrages, des mieux documentés, lui ont ouvert les portes de l'Académie des sciences morales et politiques, le 14 janvier 1882.

2. Abbé £. Bougaud, Histoire de sainte Chantai, 3« édition (t86à), I, p. 60.

billy pour Monthelon, près Autun, et n'y revint que rarement. Sa petite-fllle, M"' de Sévigné, qui en hérita, trouvait cette résidence trop austère et ennuyeuse ; l'habitation délaissée tomba en ruines. Au milieu du siècle dernier, rétat en était lamentable, «t Deux bâtiments parallèles et disjoints, restes du vieux château, sont encore debout, au centre de la vallée. L'un d'eux est percé d'une large fenêtre gothique, dans le style du quatorzième siècle, dépourvue de vitraux et laissant voir, à travers ses barreaux brisés, des gerbes de blé entassées. C'était la chapelle. Dans l'autre bâtiment, d'un style un peu moins ancien, on voit les appartements couverts de lambris, ornés de vastes cheminées armoriées, qu'habitaient M. et M*"* de Chantai; au rez-de-chaussée, les vastes cuisines où la sainte travaillait avec ses domestiques et où elle recevait les pauvres ; l'antique perron dont les marches disjointes furent tant de fois montées et descendues par elle, et, devant la porte, quelques-uns des grands arbres à Tombre desquels elle aimait à se promener^ » C'est en 1871, que M. le comte de Franqueville entreprit, sous la direction de Viollet-le-Duc, de faire restaurer cette demeure historique, dont il ne reste plus qu'une tour d'entrée, et dont les bâtiments délabrés ont été remis à neuf et réunis par un nouveau corps de logis. M. de Franqueville, n'habite que pendant les vacances le château de Bourbilly, à qui sa nombreuse famille rend, momentanément, quelque animation. En son absence, nous sommes reçus par le régisseur, M. Creuset, qui nous en facilite la visite.

Tout d'abord, le vestibule, orné de vieux bahuts et de tapisseries d'Aubusson, est décoré par les blasons des familles qui s'y sont succédé depuis les Bourbilly, en 1200, date de la fondation du château. Nous relevons les armoiries et les noms des Musigny (1254), Mello (1284),

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