Histoire de M. Emery, 1. 1, p
2. L'abbé Fosset remarquait : 1° que le bref n'était pas signé du pape, mais simplement du cardinal Brasclii ; 2° qu'il était insolite qne le Saint-Siège se servît du Directoire pour transmettre ses ordres aux fidèles (^Annales de Sicard^ t. III, p. 386). D'autres zélés relevaient deux barbarismes dans le texte latin (ulcisci au passif et impleamentum). Sicard dut affirmer que le Directoire lui avait adressé une copie du bref certifiée conforme, et l'abbé de Dampierre, Pun des grands vicaires de l'archevêché de Paris, qu'il en avait vu la minute (Séché, t. I, p. 2C).
3. Annales de Sicard, t. III, p. 478. — L'invitation d'ailleurs ne
Si bientôt les négociations entre Rome et la République étaient rompues, si Bonaparte marchait une seconde fois sur la capitale du catholicisme*, le parti soumissionnaire n'en avait pas moins remporté une grande victoire morale. Le pape, un instant, avait adopté ses vues et la réconciliation des diverses églises catholiques avait failli s'accomplir. Peut-être n'était-elle qu'ajournée ^
A cela d'ailleurs ne se bornaient pas les résultats de la campagne des Annales catholiques. En 1797, les Conseils étaient conquis par les catholiques et la République investie. Les élections de Tan IV et de l'an V avaient fait entrer au Corps législatif une
paraît pas avoir été suivie, témoin cette lettre inédite, que le prince-évêque d'Embrun écrivait à Maury, de Lausanne, le 31 août 1796: « ... Si par impossible le malheur qu'on prévoit [l'ordre du pape de se soumettre] arrivait, je prierais Dieu de changer ma conscience, car si elle restait telle qu'elle est, telle qu'elle a toujours été et qu'elle sera probablement toujours, je donnerais cent fois ma démision de mon siège plutôt que de concourir à une pareille infamie... La presque unanimité des évêques se ferait pendre plutôt que d'admettre la soumission et si le Saintr-Père décidait au contraire, ce qui n'arrivera sûrement pas, il y aurait certainement un schisme parmi nous et tout serait perdu... » (Arch. nat. AF'"50. Lettres saisies par Garrau en fructidor an IV.)