‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 101 sur 116 · Tolentino, 19 février · texte numérisé non relu

Tolentino, 19 février

2. En septembre 1797, des délégués du concile constitutionnel réuni à Paris étaient reçus en audience particulière par le marquis Massimi, ambassadeur de Pie VI auprès de la République française. Celui-ci, leur faisant l'accueil le plus obligeant, leur promit « non seulement d'employer son crédit et ses bons offices particuliers à la cour de Rome, pour une conciliation qu'il avait fort à coeur ; il a de plus déclaré que le Saint-Père lui-même la désirait ardemment et qu'il avait assuré à sa dernière audience qu'il ne mourrait jamais satisfait qu'il n'eût entièrement apaisé les mallieureuscs divisions qui déchiraient l'Église gallicane... » Annales de la liclûjionj numéro du 10 septembre 1797.

foule de députés qui arboraient l'étiquette républicaine, mais qui étaient dévoués avant tout à la religion romaine. Les Clichiens, comme on les appelait, soutenaient de toutes leurs forces les soumissionnaires, dont ils avaient le programme. L'un d'eux et non des moindres, Camille Jordan, suppliait le pape en juillet 1797 (après Tolentino) d'ordonner aux prêtres de reconnaître la République « pour la religion, les ministres fidèles ne seraient plus calomniés et persécutés ; ils exerceraient publiquement leur ministère et verraient les peuples se rallier en foule autour d'eux. Enfin, pour le Saint-Siège, nos politiques ombrageux se défieraient moins de son autorité, chercheraient moins à ébranler sa puissance, lorsqu'ils verraient les ecclésiastiques qui lui sont demeurés fidèles se soumettre par autorisation expresse à la puissance qui nous régit* ».

Les deux Directeurs, Barthélémy et Carnot, appuyaient cette politique de ralliement à la République. Peu à peu les lois contre les prêtres étaient adoucies ou abrogées \ L^n instant même, on put

i. Cette lettre a été publiée par Dufourcq, Le régime jacobin en Italie, p. 55.

2. Le 12 prairial an IV, les Anciens approuvent une résolution des Ginq-Gents remettant les biens des ecclésiastiques déportés à leurs héritiers.

Le 28 fructidor an IV, une loi rend aux prêtres reclus la jouissance de leurs biens.

Le 14 frimaire an V, les Anciens convertissaient en loi une résolation des Ginq-Gents, supprimant plusieurs articles de la loi du 3 brumaire an IV contre les émigrés et les prêtres.

Le 29 floréal an V, et le 22 prairial an V, les Ginq-Gents votent il deux reprises l'abrogation complète de la loi du 3 brumaire.

Le 9 messidor an V, les Anciens confirment la résolution précé-

croire que toute déclaration cesserait d'être exigée dos ministres du culte. Le 27 thermidor an V, après une longue et orageuse discussion, le Conseil des Cinq-Cents décida que les prêtres, étant des citoyens comme les autres, rentreraient dans le droit commun et ne seraient plus assujettis à aucun acte de soumission particulier. Déjà, les amis de la religion se félicitaient de voir cesser parmi les prêtres catholiques « une division qui, sans violer l'unité, peut altérer au moins la charité* ».

Mais leur joie fut brève. Le lendemain, 28 thermidor, le vote était contesté, l'appel nominal demandé par Jourdan, et le Conseil, par une majorité de six voix (deux cent dix contre deux cent quatre), rétablissait en principe la déclaration supprimée la veille. Les soumissionnaires conservaient du moins l'espoir que la nouvelle déclaration « serait tellement claire et tellement précise qu'elle satisfera les esprits les plus ombrageux et les consciences les plus scrupuleuses. Ainsi le schisme disparaîtra^ ».

La Révolution du 18 fructidor ruina brusquement ces beaux rêves et rouvrit pour le clergé réfractaire Tère des tribulations et des périls.

Les soumissionnaires, malgré tout, pouvaient être fiers de leur œuvre. Rejetant avec raison la politique abstentionniste des émigrés, ils avaient

dente malgré les plaintes du Directoire, exprimées dans son message du 6 messidor. La loi du 7 fructidor, enfin, rapporte toutes les lois antérieures contre les prêtres réfractaires.

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