‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 102 sur 116 · M., IV, p · texte numérisé non relu

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SU tenir tête aux constitutionnels, leur avaient disputé les églises et Topinion publique, non sans succès. Grâce à eux, le zèle religieux des masses s'était ranimé. La piété, en 1797, était peut-être plus répandue qu'en 1789. Emery avait organisé la réunion des jureurs*. Sa souplesse réussissait à obtenir de nombreuses rétractations. Moins sévère que les constitutionnels, il réadmettait dans l'Eglise, les prêtres mariés. Bausset le secondait puissamment, indiquait les règles à suivre pour les rétractations, et faisait des conférences sur la constitution civile.

Les soumissionnaires en un mot avaient prouvé par l'expérience que la meilleure tactique pour restaurer l'ancien régime n'était pas la violence ni l'abstention, qu'il valait mieux, au lieu d'en appeler aux armes et aux principes, plier en apparence aux nécessités présentes et s'accommoder des circonstances, que séparer la religion de la royauté pouvait être le meilleur moyen de les relever toutes les deux, l'une par l'autre, avec le temps. Déjà beaucoup d'évêques émigrés étaient revenus de leurs préventions premières. Et quelques-uns même avaient applaudi à l'œuvre des soumissionnaires. Le pape lui-même avait semblé l'approuver.

1. Émery écrivit une Instruction sur la conduite de V Eglise dans la réception des ministres de la religion qui reviennent de l'hérésie et du schisme. Les zélés en désapprouvèrent vivement les principes et accusèrent Emery d'être « un de ces fauteurs du schisme constitutionnel exercés depuis longtemps à falsifier l'histoire de l'Eglise », ou encore « d'être équivoquement placé entre les schismatiques et les catholiques au point de ne pas laisser soupçonner auquel des deux partis il appartenait lui-même ». Séché, t. Il» p. 51.

Cette œuvre de restauration catholique, les hommes du 18 fructidor essaieront vainement de l'anéantir.

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