‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 107 sur 116 · Ghassin, les Pacifications de l'Ouest, III; 22M · texte numérisé non relu

Ghassin, les Pacifications de l'Ouest, III; 22M

dans la lettre déjà citée*, je vois avec le chagrin le plus amer, que je perds journellement la confiance de mes paroissiens et que, si les choses ne changent promptement, mon ministère sera nul. » Les évoques émigrés de Léon, de Tréguier, de Nantes, qui réprouvaient le serment de fructidor, crurent devoir intervenir pour calmer Tardeur de leurs prêtres et arrêter un schisme chaque jour de plus en plus grave 2. En ces années 1798-99, la cause royaliste et catholique n'avait pas trop de tous ses soldats pour résister aux coups que lui portait le Directoire. C'est ce qui explique la mansuétude relative de certains évêques émigrés pour les jureurs de fructidor. Peut-être aussi y avait-il dans cette indulgence le souvenir des éminents services rendus à l'Eglise et à la royauté dans les années 179S, 96 et 97. Ce sentiment était sansdoute celui du pape. Malgré les déceptions de sa politique étrangère, l'invasion des Etats de l'Eglise et la fondation de la République romaine^, suivie de sa captivité à Florence, puis à Briançon et à Valence, oii il devait mourir*. Pie VI resta fidèle à l'idée, chère aux soumissionnaires, qu'une transaction, qn' un modus vivendi éisiii possible et désirable entre l'Eglise romaine et l'Etat républicain. Il refusa jusqu'à son dernier jour de condamner le serment de fructidor.

1. Lettre du 29 novembre 1798, publiée par Gh.-L. Ghassin, les Pacifications de l'Ouest, III, 225-9.

2. Voir leur mandement pastoral dans Ghassin, les Pacifications de l'Ouest, III, 263.

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