A'. Moïse, écêque du Jura
5. Je signalerai entre autres Berdotet, évêque du Ilaut-Uhin, par Krciner, 1898; Gouttes, évêque de Sanne-et-Loire, par de Charmasse,
Il n'est pas douteux que le clergé constitutionnel a gagné à être mieux connu. II est démontré maintenant que, s'il compta quelques brebis galeuses, il ne manqua pas cependant de prêtres très dignes, pouvant soutenir hautement la comparaison avec les meilleurs pasteurs de l'église rivale*. Il apparaît que si les clubs ont joué un grand rôle dans Télection des évoques et prêtres jureurs, s'ils leur ont prêté au début un concours dévoué et actif, il est faux néanmoins de prétendre que l'église schismatique s'est uniquement soutenue par Tappui des partis politiques et du pouvoir, puisque cet appui lui fit complètement défaut et même se retourna contre elle depuis l'insurrection fédéraliste de 17ÎI3. Or, l'église constitutionnelle se reconstitua à la voix des évêques-réunis, après les épreuves de la Terreur, elle subsista privée de tout caractère officiel jusqu'en 1802 et elle eut à subir à plusieurs reprises les persécutions du Directoire. On commence à dresser pour certaines régions des statistiques de prêtres constitutionnels et de prêtres réfractaires. Il est prouvé, parles résultats, que les
1898; J.'B. Périerj évêque du Puy-de-Dôme, par Albert Durand, 1903; A. -M. Thibault, évêque du Cantal, par J. Del mas (dans V Auvergne historique, 10" année) ; Bernier, évêque d'Orléans, par l'abbé Gochard, 1901; Talleyrand, évêque d'Autun, par B. de Lacombe, 1902 ; Gobel, par G. Gautherot {Révolution française d'avril 1904) ; Audrein, par F. Hémon, 1903 ; Nicolas Bonnet, évêque d'Eure-et- Loir, par G. Champagne, 1902; Nicolas Francin, évêque de la Moselle, par G. Florange, 1905; Guillaume Tollet, év. de la Nièvre, par Dasse, 1905.
1. « Tout compte fait, dit M. Debidour, le clergé constitutionnel était sans conteste dans son ensemble mieux composé, plus recommandable que l'épiscopat de l'ancien régime. » Debidour, p. 86.
premiers furent beaucoup plus nombreux qu'on ne le supposait. Dans certains départements, ils égalèrent, ils surpassèrent même leurs adversaires. Ainsi, dans le Jura, sur S23 prêtres fonctionnaires publics astreints au serment, 364 jurèrent en 1791. Sous le Directoire, malgré les rétractations qui suivirent la Terreur, les jureurs restèrent nombreux dans ce département chouannisé. Au synode d'Arbois, le 26 juillet 1797, 172 d'entre eux étaient présents ou représentés*. Dans Tlndre el dans l'Ariège, les jureurs étaient également plus nombreux au début que les réfractaires^
Les écrivains catholiques avaient longtemps entretenu la légende d'après laquelle les anciens évoques constitutionnels, réintégrés par Bonaparte dans l'église nouvelle formée après le Concordat, auraient dû rétracter au -préalable leur erreur schismatique. Personne aujourd'hui n'accepte plus la légende.
Les lacunes commencent donc à être comblées, les erreurs rectifiées, mais il s'en faut qu'elles le soient toutes. Nous connaissons encore très mal les rétractations et déprêtrisations des prêtres constitutionnels. Combien y en eut-il au juste qui revinrent d'eux-mêmes à l'Eglise romaine avant le Concordat? Combien déposèrent le froc sans esprit de retour avant, pendant et après la Terreur? Combien qui prirent femme h l'exemple de Talleyrand et de Lindet? Grégoire n'a fait que toucher à la question dans sa courte et partiale Histoire du ma-