‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 33 sur 116 · Police intérieure des prisons, Bibl. nat. Le · texte numérisé non relu

Police intérieure des prisons, Bibl. nat. Le

4. Dénonciations contre des membres de la Convention. Bibl. nat., Le38 1462. Si on en croit ses Mémoires (p. 267), il aurait eu quelque courage en acceptant de faire ce rapport, dont personne n'aurait voulu.

Mathiez. 4

fiance des réacteurs, qui le reconnurent pour un (le leurs chefs. Déjà, en germinal an III, il avait été désigné pour une mission dans les départements méridionaux ensanglantés par la Terreur blanche, mais le Comité de sûreté générale, craignant ajuste titre que son impartialité n'eût à souffrir de ses opinions religieuses, suspendit l'arrêté de nomination ^ Comme les massacres de républicains continuaient dans la vallée du Rhône, notamment à Aix et à Tarascon^ le Comité revint sur sa décision. S'imaginant peut-être que Durand de Maillane, précisément à cause de ses opinions religieuses, serait mieux placé que tout autre pour arrêter les excès de son parti, il le chargea avec Boursault et Guérin, le 17 messidor an III, de pacifier la Provence. Pendant les trois mois que dura son proconsulat, Durand de Maillane protégea ouvertement les catholiques, fit rentrer les émigrés, suspendit même l'exécution des décrets du 20 fructidor contre les prêtres et les émigrés des différentes catégories. 11 fut rappelé après le 13 vendémiaire et remplacé, par Fréron, qui éleva contre son prédécesseur les reproches les plus graves ^.

1. Voir le Dernier Etat du Midi ou rapport par Durand de Maillane au retour de sa mission. Bibl. nat., Le39 363.

2. « On y tuait les patriotes comme on tue les grives dans les champs, partout où on les rencontrait. A Lyon, le Rhône fut pour eux ce que la Loire avait été pour les Vendéens. » (Mémoires de Durand de Maillane, 277.) Il est prohahle que ce passage est de l'éditeur des Mémoires, plutôt que de Durand de Maillane luimême, qui ne s'apitoie guère dans ses lettres ou dans ses écrits authentiques sur le sort des terroristes.

3. Maillane s'efforça de les réfuter dans sa Réponse au Mémoire de Fréron. Bibl. nat.. Le** 158.

Sous le Direfeloire, Durand de Maillane se montra un clichîen ardent. On le vit soutenir, au Conseil des Anciens, la validité de Télection de rémigré J.-J. Aymé (17 nivôse an IV), attaquer à plusieurs reprises les lois conventionnelles contre les nobles et les prêtres (4 pluviôse an IV, 8 frimaire an V, 29 ventôse an V).

Son rôle, pourtant, fut assez effacé, et il ne suivit que de loin les Dumolard, les Vaublanc et les Portails, dans leur iassaut contre la République. Les vainqueurs du 18 fructidor ne le jugèrent pas digne de la déportation et se bornèrent à annuler son élection. Quelque temps après cependant (vers la fin de brumaire an VI), il était emprisonné au Temple sous Tinculpation d'intrigues avec les émigrés*. Reconnu innocent, il fut remis en liberté au début de ventôse an VI, et acquitté en germinal. Le Directoire lui accorda même une indemnité de 1 000 francs^. Son rôle politique est terminé. Il quitte Paris pour n'y plus revenir et rentre à Saint-Rémy, sa ville natale, « à trois lieues au midi d'Avignon ».

Ce qu'il devient ensuite, ce qu'il pensait des hommes et des choses de son temps, ses lettres à Grégoire nous l'apprendront.

* * (( J'applaudis au Consulat, écrit-il à Grégoire le

1. Dans ses Mémoires, il accuse Barras d'avoir voulu se venger, par cette arrestation, des critiques qu'il avait formulées après thermidor, contre la mission de ce dernier dans le Midi en 1793.

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