Mémoires, p. îJ
18 juin 1809, qui, tout aussitôt, nous rouvrit nos égalises *, mais j'aurais désiré qu'on s'en fût tenu là... » Bonaparte le nomma, quelque temps après brumaire, président du tribunal de première instance à Tarascon, où il ne resta que six mois, puis juge en la cour d'appel d'Aix. Il n'applaudit pas à l'Empire d'un si bon cœur qu'il avait applaudi au Consulat :
J'approuverais aussi notre Empire (pour lequel je fus le seul à ne pas voter dans notr« cour) avec ses contre-poids de Sénat et de Corps législatif, qui déposent un peu pour nos premiers principes, mais 2...
Nous verrons plus loin quelle sanglante critique il fait du régime. Au moment oii il écrit ces lignes, il a quitté la cour d'Aix et reconquis son indépendance.
Par décret impérial du 49 octobre 4808, l'empereur m'a accordé la retraite que j'avais demandée à Son Excellence le grand juge, conformément à la loi du 3 octobre 4807, avec les honneurs de la vétérance et une pension de mille francs.
Il n'est pas de ceux, comme on voit, que la politique a enrichis :
i. Le Concordat ne rouvrit que les églises des réfractaires insoumissionnaires. Les autres églises n'avaient pas été fermées depuis la fin de la Terreur.
2. Lettre du 18 juin 1809. H est vrai qu'il ajoute ensuite : « Je prêtai après le serment de fidélité sur le sénatus-consulte du 20 floréal an XII qui a pris quelques précautions... »
Quelles précautions ? Maillane a honte d'avouer qu'il était fonctionnaire et que, par conséquent, il n'avait pas à choisir.
Je suis revenu de Paris après huit ans de représentation nationale aussi maigre que j'y ai été, mais je ne suis nullement fâché de n'être pas plus gras.
Quoi qu'il en dise, sa pauvreté — relative — lui pèse quelque peu, surtout quand il jette les yeux sur l'opulence de ses anciens collègues comblés de biens et d'honneurs par le. régime impérial.
Il laisse échapper ses sentichents réels dans des phrases comme celles-ci :
Vous avez, Messieurs les sénateurs, des traitements qui me font sans peine vous adresser ce gros paquet de mes longues paroles par la poste. Ma fortune ne m'en permettrait pas tant.
Il prend volontiers avec Grégoire un ton réservé, cérémonieux, un peu pincé: par exemple, le 22 juillet 1810:
Monsieur le sénateur... au moyen de ce que vous ne m'avez pas répondu sur ma dernière (lettre), ni fait le petit envoi d'un de vos ouvrages dont vous m'aviez flatté, j'étais rentré dans ma réserve ordinaire envers vous, comme envers toutes les puissances nouvelles que je respecte, sans jalousie contre celles qui, comme la vôtre, sont bien méritées.
Il souffre d'être obligé de solliciter une bourse pour un neveu qu'il a mis au séminaire et dont il ne peut plus continuer les études :
Si j'ai de (|uoi vivre ici bourgeoisement, jt? n'ai pas do quoi fournir à l'entretien d'un élève dans le séminaire, ce
qui me fait recourir au ministre des Cultes pour une bourse (45 mai 4840).
Il souffre plus encore, quand Tingratitude d'un de ses parents le prive d'un héritage sur lequel il comptait :
Un de mes parents, ex-diacre de Malte, vient de décéder ici, le 8 février dernier, après avoir institué, pour son héritier ou légataire universel, le séminaire d'Aix. Cette institution ne m'a pas déplu dans le besoin que l'Eglise a de ministres pour remplacer le grand nombre de ceux qui s'en vont ; mais, après cette institution, il a fait pour 4 à 5000 francs de legs à ses parents de la ligne maternelle, sans laisser l'obole à ceux de la ligne paternelle, dont je suis le plus proche cousin germain, les parents maternels étant plus éloignés. Or, comme cette disposition renfermait autant d'injustice que d'ingratitude envers moi, qui non seulement ai rendu des services signalés au défunt, mais fait encore des sacrifices importants dans des arrangements de famille... j'ai écrit au ministre d'Etat, Regnaud Saint-Jean d'Angély, en forme de plainte et d'opposition à l'autorisation du gouvernement requise en pareil cas par l'article 940 du nouveau code (45 mai 4840).
Sans doute, s'il proteste, lui si religieux, contre un don fait à l'Eglise, c'est la nécessité qui l'y force, il a bien soin de le dire, et aussi le désir de laisser après sa mort quelque bien à sa jeune femme qui prend soin de ses derniers jours.
Croyant en 4790 être arrivé à l'âge d'or et me voyant sans postérité, j'eus la folie de m'en donner par un mariage avec une jeune personne, qui heureusement s'est bien comportée et a soin de moi dans ma vieillesse, mais je n'en ai point eu d'enfant, de quoi je ne suis pas trop fâché dans l'état où. est la religion, qui seule fait les heureux en ce monde comme en l'autre (16).
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Il vivait ainsi dans la retraite, en patriarche portant allègrement ses quatre-vingts ans, quand une circonstance fortuite le remit en rapport avec Tancien conventionnel Grégoire, ex-évêque de Blois, aujourd'hui comte d'Empire et sénateur. Au moment du départ d'un de ses amis* pour le Midi, Grégoire s'était ressouvenu qu'il avait quelque part, du côté d'Aix, un ancien collègue, avec lequel il avait toujours été en excellents termes. Il avait donc donné à son ami une lettre de recommandation pour Durand de Maillane et y avait joint deux brochures. L'ami, n'ayant pas trouvé celui-ci à son ancien domicile d'Aix, lui fit parvenir le paquet à Saint-Rémy. Une lettre en appelle une autre. Durand de Maillane pria bientôt Grégoire de lui rendre quelques services, d'intervenir auprès du ministre d'abord pour appuyer sa demande de bourse au séminaire en faveur de son neveu, puis pour faire casser le testament de son cousin, le diacre de Malte. Grégoire prit volontiers cette peine et intéressa môme à ses démarches son collègue Lanjuinais. C'est ainsi que la correspondance se continue pendant un an et demi et peutêtre plus tard, car Durand de Maillane ne mourut que le 15 août 1814, et rien ne nous indique que la dernière lettre que nous avons de lui fût réellement la dernière qu'il écrivît à son correspondant.
Dans la solitude où il vivait, Durand de Maillane devait accueillir comme une bonne fortune
i. Rien dans les lettres ne peut faire deviner de quel ami il s'agit.
tout ce qui lui arrivait du dehors, tout ce qui le rattachait au monde et lui prouvait qu'il n'élait pas complètement oublié. Il remercia son ancien collègue avec effusion et se plut à rappeler ses titres à la reconnaissance des catholiques. Voici comme il raconte la célèbre séance oiiTévêque de Blois refusa d'imiter Gobel et d'abdiquer ses fonctions ecclésiastiques, malgré les huées des « philosophes » de la Convention :
Vous avez, mon ancien et respectable collègue, résisté glorieusement à leurs caresses comme à leurs menaces. J'en ai été témoin de mes yeux dans cette séance exécrable où Ton amena l'infortuné Gobel, qui sur Téchafaud, quand le peuple criait Vive la République ! répondit Vive Jésus-Christl ce que je sais par les spectateurs qui l'ont entendu. Vous fûtes le seul à ne pas suivre cet exemple contre et malgré les cris de toute la Montagne. C'est ce que j'ai rappelé souvent dans mes entretiens, ce que j'ai noté dans mes relations domestiques * et de quoi vous serez à coup sûr récompensé par celui que vous avez eu le courage de confesser publiquement au péril de votre tête (48 juin 4809).
Il n'a garde d'oublier la plus belle partie de la vie de Grégoire, sa campagne en faveur des nègres, et il aime à se ranger lui-même au nombre de ceux qui s'y associèrent :
Quant aux nègres, à qui vous vous intéressez particulièrement, mes principes ont toujours été les vôtres à- cet égard. Je ne pouvais désirer la liberté pour tous les Français
1. Que signifie au juste cette expression « J'ai noté dans mes relations domestiques »? Gela veut-il dire dans le journal oii je relate les événements qui m'intéressent, dans mes Mémoires ? Remarquons que les Mémoires de Maillane racontent la même scène presque dans les mêmes termes (p. 183).
sans la désirer pour eux dans l'un comme dans l'autre hémisphère. Je me permettrai de dire à ce sujet que les colons blancs ont eu beaucoup moins à se plaindre que les nobles qui ne sont plus, et qui avaient bien d'autres titres pour leurs droits personnels que les colons n'en avaient pour leurs plantations. Je puis même ajouter que les colons blancs ont eu dans le temps le plus grand tort de faire révoquer, le 45 septembre, le misérable décret que nous avions accordé au fils de l'affranchi le 45 mai précédent 4794 * ; ce qui n'était pas donné à cette nation tant utile, ce que le Code noir lui avait déjà accordé, car les affranchis mêmes étaient libres par lui. De là aussi tous les malheurs de nos colonies et leur perte.
Les colons blancs ont voulu après se réunir aux sangsniêlés, mais ce fut trop tard, et tant les uns que les autres ont péri ou tout perdu à Saint-Domingue à la suite de cette voix insensée de ce député ^ qui cria à pleine tête dans la Convention que tous les nègres, tous les Français de toutes les couleurs soient libres, sans autres précautions, sans aucun mode d'exécution, sur lequel le décret rendu ne pouvait que tout faire perdre à la France de ces riches possessions, comme cela est arrivé (48 juin 4809).
Durand de Maillane s'honore assurément en restant partisan de la suppression de Tesclavage, mais écoutons la réflexion que lui suggère son catholicisme ardent :
Dans tout cela et en relisant dans le Code noir l'édit de la
1. Le 15 mai 1791, la Constituante avait voté une proposition de Reubell ainsi conçue : « Les gens de couleur nés de pères et mères libres seront admis dans toutes les assemblées paroissiales et coloniales futures, s'ils ont d'ailleurs les qualités requises. » O'est à la séance du 24 septembre (et non du 15) que l'article cidessus fut indirectement rapporté par le vote d'une loi générale sur les colonies.
2. Probablement Levasseur (de la Sarthe) qui le premier demanda et fit décréter l'abolition de l'esclavage à la séance du 16 pluviôse an II.
police des îles de l'Amérique française du mois de mars 4685, je ne regrette qu'une chose, qu'on ne puisse plus suivre ni faire exécuter l'article 2 de ce règlement qui veut que tous les nègres soient baptisés et instruits dans la religion, catholique. Nous avons supprimé tous les corps religieux, d'où l'on envoyait de zélés missionnaires faire le bonheur de tous les malheureux esclaves. Je dis malheureux, humainement parlant, car saint Paul n'a-t-il pas dit dans Onésime à Siméon que celui-ci devait le traiter comme son frère ? (Id).
Avec le temps, la foi religieuse de Durand de Maillane s'est exaspérée et modifiée. Son gallicanisme d'autrefois a fait place à un ultramontanisme à peine déguisé. Il se plaît à discuter longuement et doctement sur ce sujet avec Grégoire^ qui n'est pas toujours de son avis. Il rend les philosophes responsables de tous les crimes de la Révolution, il déclame contre les calvinistes et lesluthériens, coalisés avec le^ francs- maçons contre l'Eglise romaine. Il avoue humblement ses anciennes erreurs, demande pardon pour la Constitution civile, plaide les circonstances atténuantes :
En me rappelant vos talents et vos vertus, j'ai été enchanté de la continuai ion de votre zèle pour notre saintereligion. Elle paraît être dans le moment dans une espèce decrise^ par les efforts réunis des ennemis de l'Église romaine. Ceux qui, en ont fait la prostituée de l'Apocalypse n'auraient pas eu dans cette Révolution tant d'avantages sur elle, sans.
i. Napoléon venait, par le décret de Schœnbriinn (17 mai 1809)^ de réunir au royaume d'Italie les États de l'Église et d'arrêter Pie VII, conduit successivement à Grenoble, à Savone et à Fontainebleau. Le pape avait répondu (10 juin 1809) en excommuniant l'empereur.
les prestiges et Tappui de tous ces faux sages qui déshonorent par leur athéisme la philosophie dont ils se parent. Je suis tout honteux d'avoir été si sottement leur dupe dans TAssemblée constituante, où j'eus la bonhomie d'écrire en faveur des réformes outrées de Martineau dans la double idée, et d'une restauration entière des finances de l'Etat par les biens du clergé, et d'une liberté religieuse qui, faisant cesser les plaintes d'intolérance, ne tourneraient sous notre roi pieux qu'au plus grand bien de l'Eglise et de l'Etat. Mais que je me suis vu par les événements loin de mon compte ! Et c'est alors que j'ai désespéré du succès de nos constitutions, émanées d'un pouvoir que je croyais légitime. Alors aussi, je vous l'avoue, je me suis cru obligé de venir plutôt au secours du chef de l'Eglise, à qui l'on ne faisait une guerre ouverte et tant impie que pour détruire dans leur dessein la religion chétienne, contre laquelle, en haine de la catholique, nos députés calvinistes et luthériens ont constamment fait chorus avec les soi-disant philosophes (48 juin 4809).
Il ne condamne pas en bloc la Constitution civile du clergé, mais il lui reproche :
1^ De porter atteinte à la primauté du Saint- Siège ; ^
2" D'être un contrat unilatéral, émané de la seule autorité civile ;
3^ La suppression des congrégations religieuses.
Pour nous, sur toute chose, demeurons attachés par la foi à la chaire de saint Pierre, favorisé dans une primauté de droit divin, qui n'en fait pas un simple primus inter pares, comme parlent les jansénistes, mais un pontife supérieur aux autres par une prérogative toute divine, puisque c'est Jésus-Christ lui-même qui, en lui donnant les clefs en particulier, lui recommande de confirmer ses frères, de paître ses brebis, ce qui a toujours été entendu du droit exclusif qu'a le pape de connaître et de juger toutes les causes majeures concernant la foi et les objets d'une discipline générale qui se forment dans toutes les églises (48 juin 4809).
Grégoire ayant élevé quelques objections contre cette théorie peu gallicane, Durand de Maillane y répondit par cette condamnation catégorique des jansénistes :
Eh ! quel reproche ont donc à faire aux protestants ceux qui méprisent comme eux rautorité de l'Eglise? Fut-il des décisions plus formelles en cette matière ? Des bulles sans nombre acceptées successivement par nos évêques en toute connaissance de cause et par voie de jugement ? C'est la seule chose qui me fait quelque peine en vous, digne confesseur de Jésus- Christ. Réfléchissez-y bien. Vous ne sauriez soutenir l'autorité légitime du pape, reconnaître son siège pour le centre de l'unité, quelque part qu'il réside, sans souscrire à ses oracles, quand ils ont le sceau des formes gallicanes, c'est-à-dire l'adhésion éclairée et judicielle de nos évêques. Qui s'y refuse n'est plus dans l'Ùglise, et c'est un devoir, une charité d'en avertir les jansénistes (20 septembre i8i0).
La Constitution civile, pour être valable, avait donc besoin de Tapprobation pontificale :
... Après bien des réflexions et des lectures, je me suis rangé à l'avis de ceux qui croient que notre Constitution civile du clergé ne pouvait être exécutée sans la sanction du pape, comme chef de l'Église, à qui seule il appartient de faire des lois ecclésiastiques et surtout des lois dans le caractère de celles que nous nous sommes permises, contre l'opposition même des évêques députés, sur plusieurs objets de discipline générale, tels que les évêchés, les diocèses, les chapitres des cathédrales, les fondations et obits, tous les corps religieux, les dîmes, etc., etc.. (48 juin 4809).
Les réfractaires les plus délerminés ne pensaient pas autrement. Mais là n'est pas le seul défaut que Durand de Maillane découvre maintenant à la
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Constitution civile. Reprenant à son compte l'ancienne théorie théocratique, il va jusqu'à dire :
L'évêque du dehors, le vengeur des règles anciennes, comme on appelle les princes souverains, n'a dans toute sa force que le pouvoir de faire exécuter les lois de Vévéque du dedans (48 juin 4809).
Il regrette enfin les ordres religieux supprimés :
Une chose m'a toujours fait et me fait encore mal au cœur, quelque défaveur dans laquelle soient les moines en général : je déplore la suppression de tous les corps religieux ; on n'en a supprimé en Espagne que les deux tiers, et, dans mon premier plan de rapport général, que je lus au Comité ecclésiastique, le 23 novembre 4789, plan que quelques évoques proposèrent entre eux de préférer et de suivre pour faire tomber celui de Martineau, j'en faisais aussi une réserve comme indispensable de plusieurs ; on n'a rien écouté, on a supprimé généralement tous les corps, tous les ordres religieux, même les plus austères, même les plus nécessaires de l'un et de l'autre sexe (48 juin 4809).
Pour défendre les congrégations, il emploie déjà un argument qui dans la suite fera fortune au point de devenir classique :
Les loges des francs-maçons se multiplient partout, les loges dont M. Barruel a donné de si justes idées dans son Histoire du jacobinisme, tandis que l'on fait passer au creuset du plus sévère examen les règlements nouveaux pour quelques pauvres associations pieuses de pure bienfaisance ! (Id.).
Après avoir ainsi condamné les usurpations de la Constitution civile et fait plusieurs fois son mf*d culpâ pour y avoir participé, il prie Grégoire d'user
d'indulgence envers lui dans la prochaine histoire religieuse de la Révolution* qu'il prépare:
Mais, à ce sujet, vous me permettrez, sénateur tant agréable à la nation, vous me permettrez de vous représenter que je ne mérite pas d'être lésé dans l'histoire précieuse que vous vous proposez de publier avec le temps : De l'État de la Religion au cours de la Révolution (48 juin 1809).
Il plaide les circonstances atténuantes, excuse ses erreurs par sa passion du bien public, par Tardent désir de réformes dont il était alors animé. Je ne me serais pas trompé, dit-il :
Si je n'eusse pas été alors tant prévenu pour la nécessité, et de la liberté des Français roturiers généralement opprimés par les nobles dans tous les États, et d'une réforme ecclésiastique qui était vainement désirée depuis très longtemps. Elle ne me parut praticable que dans cette conjoncture, et je m'y prêtai de ma meilleure foi... Dieu veuille me pardonner les excès et les erreurs de mon zèle, suivis de tant de malheurs ! (48 juin 4809).
S'il réclame l'indulgence pour lui, il est juste d'ajouter qu'il conseille en même temps à Grégoire de frapper fort sur les philosophes et les théophilanthropes :
Vous ne sauriez trop ridiculiser le théophilanthropisme de ces Directeurs ignorants autant qu'impies et cruels... (20 septembre 4840).
On sait que le conseil fut suivi.
1. L'Histoire des sectes religieuses, de Grégoire, dont la vente fut interdite par le gouvernement impérial en 1810, comprend plusieurs chapitres consacrés aux cultes révolutionnaires.
SÇ^T"
Dans le même passage, il reproche au Directoire de n'avoir pas accepté, en 1796, les ouvertures que lui fit le pape pour la pacification de l'Eglise. Les renseignements que nous possédons sur ces négociations^ sont vagues et peu nombreux; aussi la phrase est-elle à citer :
Suivant ce que m'a marqué notre tant digne collègue Tévêque de Strasbourg 2, [les Directeurs] refusaient les accords avantageux que leur fit proposer, à la gloire de TAssemblée constituante dans toutes ses réformes tant ecclésiastiques que civiles, le pape Pie VI (qu'ils ont fait périr sans rime ni raison à Valence en Dauphiné)(20 septembi'e 4810).
Tout n'était donc pas mauvais dans la Constitution civile. Durand de Maillane en faisait ressortir tout à l'heure les défauts ; il en montre maintenant les bons côtés.
Loin de désavouer la part qu'il a prise à la sécularisation du mariage, il s'en fait honneur :
La seule chose pour laquelle l'Assemblée constituante n'était point compétente elle seule ^, ce fut son règlement nouveau* sur la forme et les etfets civils du contrat do mariage. Cette forme était devenue absolument nécessaire après avoir décrété la liberté des cultes, et j'en fis le rapport, contre lequel il s'éleva bien d'abord quelques critiques, mais qui n'ont plus été renouvelées dans aucun des nombreux mandements des anciens évéques français contre notre Constitution civile du clergé (48 juin 1809).
1. Consulter à ce sujet L. Séché, Lea Origines du Concordat, t. I, p. 40 et suiv.