‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 35 sur 116 · Saurine, ancien évè([nc constitutionnel des Landes · texte numérisé non relu

Saurine, ancien évè([nc constitutionnel des Landes

3. 11 ressort du contexte qu'il veut dire : « La chose pour laquelle l'Assemblée constituante était compétente, à l'inverse des autres, pour lesquelles elle ne l'était i)oint seule. »

4. Ce règlement fut l'a'uvre non pas de la Constituante, mais de la Législative et de la Conventiou.

Il considère les premiers évoques constitutionnels comme très canoniquement institués :

... Non que je croie que les évêques constitutionnels aient été ou soient encore des intrus : ils étaient et sont encore très canoniques à mes yeux, parce qu'ils ont été élus solennellement dans la forme permise par les lois nationales, dont on attendait Tapprobation de l'autorité ecclésiastique ; mais, après cette époque oij, dans la meilleure foi, il se fît des choix excellents, après qu'il n'y eut plus les mêmes formes constitutionnelles, je me ferais quelque peine d'estimer comme tels les évêques qu'on nommait dans une forme comme secrète et arbitraire.

Il approuve la confiscation des biens du clergé et la suppression des bénéfices, qui n'a eu que de bons effets pour l'Eglise elle-même.

Un autre résultat de la Révolution qui me fait plaisir, c'est la suppression dé tous les bénéfices autres que les offices ministériels des diocèses et des paroisses. Tout n'était plus que simonie dans l'Eglise avec ses bénéfices, avec leurs impétrations, leurs collations même, ce qui durait depuis des siècles. Il ne fut pas possible d'obtenir du concile de Trente la suppression des commendes personnelles, qui sont de tous les abus les plus répréhensibles en matière de bénéfices. Il est vrai qu'aujourd'hui, au moyen de ce que l'Eglise n'a plus ni bénéfices, ni abbayes, ni prélatures à donner, on ne voit plus que des pauvres dans les séminaires, mais Dieu n'en sera que mieux servi et le peuple plus édifié.

Mais s'il approuve la confiscation des biens d'Eglise, c'est seulement à la condition que l'Etat prendra à sa charge les frais du culte :

Les trois quarts et demi des députés n'auraient pas donné leurs suffrages au décret du 2 novembre 4789, s'ils eussent pu seulement soupçonner que la condition portée parce décret ne serait pas remplie. Quelle était cette condition,

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qu'on peut lire dans le texte du procès-verbal ? Que la nation s'engage à fournir aux frais du culte catholique, à l'entretien de ses ministres et au soulagement des pauvres. Ce qui non seulement n'a pas été exécuté, mais tout le bien immense du clergé, à qui on a ôté jusqu'à la dîme, n'a pas servi pour payer un sol des dettes de l'Etat (48 juin 4809).

Dans le même esprit qu'il a jugé la Constitution civile, il apprécie le Concordat et les articles organiques :

... Voici ma dernière profession de foi .. Ravi du Concordat passé entre Pie Vil et notre gouvernement, je m'en tiens à ses dispositions qui rétablissent les nominations et les provisions des archevêques et évoques comme ci-devant, de quoi la cour de Rome s'est montrée depuis cinq ou six siècles plus jalouse que d'autre chose et à quoi l'on doit adhérer, dans la misérable terre où nous sommes, pour cette unité sainte des évoques avec leur chef, qui lait la force des catholiques et les distingue par une doctrine fixe et certaine de toutes les sectes hérétiques ou autres qui se font chacune comme une religion à leur mode; ravi,dis-je, de ce Concordat, qui ne dit pas le mot du grand procès sur le serment, sur le schisme, sur la constitution civile du clergé, je respecte le silence que le pape a gardé pour le bien de la paix et qu'on ne saurait rompre ou combattre sans la troubler; il n'y a plus de distinction à faire pour la soumission entre les évoques, les prêtres sermentés ou non ; ce qui a été de la part de notre Saint-Père un grand acte de sagesse et de charité, que Dieu sans doute lui a inspiré pour le plus grand bien de notre religion ou pour prévenir de plus grands maux.

Mais cette approbation globale du Concordat ne va pas sans de sérieuses réserves :

Noire ompen^ur s'est plaint que le pape n'a pas rempli les conditions du Concordat en refusant des bulles aux prélats, archevêques et évêcjues, et le pape de son côté s'est plaint des lois organiques de l'empereur. Le ministre de l'Intérieur

Mâthiez. 5

a dit, dans son discours sur l'état de la France *, que le pape n'a rien à voir à ces lois organiques ; cette expression ne me parait pas exacte, parce que, si les lois renfermaient de& choses contraires à l'autorité spirituelle, celle-ci aurait droit de s'en plaindre.

J'ai relu d'après cela les lois organiques. Les articles! et 2. du titre I n'ont tien que de conforme à l'ancienne pratique et à nos libertés gallicanes.

L'article 3 est encore conforme à l'article 40 de nos libertés, mais j'aurais désiré qu'on eût excepté les décrets sur Id foi de l'examen auquel cet article soumet même les décrets des conciles généraux. Cette omission fait de la peine à beaucoup de gens, et plusieurs m'en ont parlé

Les articles 4 et 5 sont sans reproche, mais l'article 6 se ressent un peu de cette influence jansénienne qui a déjà gâté notre constitution civile du clergé. Camus paraît avoir encore coopéré ici à cette disposition de l'article 6, qui met en intérêt dans l'administration des sacrements Vhonneur des citoyens, ce qui ne peut se rappeler qu'au refus de sacrements pour cause d'insoumission à la bulle Unigenitus, refus pour lequel les jansénistes ont mis pendant près d'un siècle le feu dans l'Église de France 2. Cependant l'article T garantit aux ministres de noire culte la liberté dans leur exercice. L'Assemblée constituante décida sur mon rapport que le comédien Talma n'avait point à se plaindre au gouvernement de ce que le curé de Saint-Sulpice n'avait pas voulu bénir son mariage. Le gouvernement a-t-ilplusà voir dans le refus des autres sacrements à ceux que ces ministres en trouvent indignes ? D'après les lois mêmes organiques ou dans leur esprit, tout ce qui se passe dans l'intérieur des églises (et ne trouble point la société), dans les purs termes des lois ecclésiastiques, est et doit être étranger à la police du gouvernement ; il ne s'agit pas là de citoyens ni

1. Exposé de la situation de l'Empire présenté au Corps législatif par M. Montalivet, ministre de l'intérieur, à la séance du 12 décembre 1809.

2. L'imagination de Durand de Maillane l'égaré. 11 est plus probable qu'on avait voulu viser le refus des sacrements que les réfractaires opposaient souvent, même après le Concordat, aux. fidèles qui avaient suivi les prêtres assermentés.

UN GALUCAN CON\'ERTI A L'ULTRAMOXTANISME 67

de leur honneur, mais de fidèles et de leurs dispositions pour la sainte table : noli mittere maryaritas ante porcos (5 janvier 4840).

Il est une chose encore qui chagrine le catholicisme, décidément très sourcilleux, de notre ancien libéral, ce sont les articles qui mettent les dissidents sur le même pied que les catholiques romains :

Je ne dis rien des autres articles des lois organiques, parmi lesquels sont ceux des luthériens et des calvinistes; il en coûte aux bons catholiques de voir ces deux sectes au niveau delà seule et vraie religion, l'erreur à côté de la vérité ; il leur en coûte de voir le gouvernement demander également des prières aux uns et aux autres, aux luthériens, calvinistes, juifs, etc., comme aux catholiques romains. La tolérance civile de tous les cultes ne devrait pas aller si loin dans un pays où on n*a cessé d'être catholique romain depuis Clovis. Cette tolérance civile ou politique n'est pas la tolérance religieuse, à laquelle je n'aurais pas consenti, et que le ministre Jurieu réclamait pour tous ceux qui admettaient la divinité de Jésus-Clirist et les autres vérités fondamentales de la religion... (o janvier 4840).

Avec de tels principes, Durand de Maillane devait être sévère pour la politique religieuse de l'Empire. 11 reconnaît hien qu'on a fait quelque chose pour le clergé ; « qu'on exempte les élèves [des séminaires] de la conscription, sur la liste des évêques ; qu'on a établi des bourses et des demibonrses pour les séminaires, qu'on a augmenté les succursales, que l'Etat paie comme les cur(»s... » ; mais cela n'est « qu'une faible partie de l'engagement pris par la nation, (juand elle s'empara des biens du clergé ». Il a fait part de ses plaintes à Portalis (père) :

Je disais donc à Portalis que c'était un devoir de son ministère de mettre cet engagement de la nation sous les yeux de l'empereur pour qu'il le remplît autant que l'état actuel des choses pouvait le permettre. Je ne manquai pas de lui rappeler l'injustice criante que l'on avait commise en réduisant le traitement des anciens bénéQciers religieux à un tiers qui ne se payait même pas (48 juin 4809).

Il déplore la suppression des aumôniers militaires, proclame que les catholiques français sont persécutés, les montre prêts à se détacher du régime, attribue enfin les défaites de la guerre d'Espagne aux mesures prises contre le clergé :

C'est parce que la religion, qui semble comme abandonnée en France dans nos armées, où il n'y a plus d'aumôniers, que les Espagnols, chez qui cette sainte religion s'était réfugiée, chez qui, après l'appel, le soldat disait tous les soirs son chapelet en ronde, qu'ils (sic) témoignent tant de répugnance pour la domination française. Je passerais ce qu'on y a déjà fait assez brusquement pour l'abolition de l'inquisition et des deux tiers des moines. Mais qu'on y aille désormais plus lentement. Tout cela annonce bien peu de respect pour les institutions religieuses ou pour celui qui les a inspirées. Les catholiques français en sont eux-mêmes comme effrayés ; il est aussi de la prudence du gouvernement de ne pas s'aliéner cette partie de la nation qui n'est pas si peu nombreuse et si méprisable que l'impiété le suppose. La religion catholique n'a pas même en France les droits que lui donnait l'édit de Nantes. C'est une sorte de scandale qu'on ne puisse pas faire deux fêtes à Pâques et deux fêtes à Noël ! (48 juin 4809).

Comme le bienfait du Concordat était vite oublié ! et que Bonaparte avait été naïf de s'imaginer qu'il se servirait des catholiques et qu'il les enchaînerait pour toujours à son char !

L'arrestation du pape fut pour Durand de Maillane comme un coup de foudre :

Tous ces événements tiennent du prodige et semble nous forcer de croire qu'ils sont réglés par la divine Providence. J'en dis autant de la Révolution de Rome, qui paraît n'être que la suite de la Révolution de France, mais avec cette différence que le pape est mieux trai.té que ne l'ont été les bénéficîers français. Nos anciens évèques écrivaient au pape Adrien qu'il ne pouvait être tout à la fois pape et roi. J'aime et je respecte plus Pie Vil, tel qu'il est à Savone. Là sont avec lui seul sur la terre toutes les prérogatives de saint Pierre..., etc.

Son agitation est telle, en apprenant la surprenante nouvelle, qu'il commet une grave imprudence. Son zèle l'emporte jusqu'à donner son avis sur l'événement au ministre des cultes, Bigot de Préameneu. Dans la lettre môme où il lui demandait un service (une bourse pour son neveu), il lui écrit ces mots, qu'il soumet ensuite à Grégoire et qu'il eut la naïveté de trouver cependanl « bien réservés » :

n semble que Dieu vous a placé dans votre ministère pour soutenir et défendre, dans la crise où nous sommes, son Église et son chef visible sur la terre. C'est le premier exemple d'un pape détenu par les ordres d'un prince catholique, ce qui ne s'est point fait sans de grandes raisons. S'il m'est permis de m'ouvrir à vous confidentiellement sur cette affaire, je vous en dirai mon avis séparément (5 janvier 4840).

Le ministre non seulement ne montra aucune envie de connaître ces conlidences, mais s'abstint de répondre à son indiscret correspondant.

Le sort du pape obsède Durand de Maillane. Il aime à en parler longuement, comme les vieillards, et parfois avec une sollicitude comique :

Si le pape n'a plus de souveraineté temporelle, il doit avoir au moins, pour les deux millions qu'on lui a offerts en remplacement, une assurance telle que ni lui ni son consistoire ne dépendent pas de la puissance qui l'a dépouillé. Il lui faut pour cela un fonds suffisant, et bien assis, et bien garanti, qui soit à lui, et ne soit qu'à lui, pour toujours.

A ce prix-là je me permets de dire, en considérant les richesses et les grandeurs temporelles comme étrangères et nuisibles même à notre religion, que le pape Pie VII, qui en a déjà si bien agi par son Concordat de l'an 1801, fera bien de se réconcilier avec notre empereur, en révoquant les censures (s'il en a prononcées) contre Sa Majesté, pour l'envahissement de ses possessions terrestres aux termes du décret du concile de Trente en sa session 22, chap. 11... Outre que les censures sont contraires au privilège des rois de France, bien et dûment autorisés, le pape aurait dû s'en abstenir pour les considérations majeures rappelées par M. Dupin en son Traité historique des excommunications, ch. 13 (5 janvier 1810).

Le mariage de Napoléon avec Marie-Louise lui paraît pourtant d'un bon augure pour les catholiques :

Consolons nous aussi dans ce moment, après tant de faveurs accordées aux protestants, de ce que notre empereur, au lieu d'épouser la luthérienne de Saxe, épouse la catholique d'Autriche, petite-fille du roi bourbon de Païenne...

Il se console tant bien que mal, sans se faire beaucoup d'illusions. Aussi, conseille-t-il aux catholiques de ne compter que sur eux-mêmes. 11 voudrait les voir former un bloc solide, qui résis-

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sterait à la fois aux assauts des impies et des hérétiques et aux prétentions du pouvoir. Pour cela, il faudrait étouffer tous les germes des anciennes querelles, oublier le passé, ne plus se souvenir que de ce qui réunit pour se préoccuper avant tout du péril présenta Ce sont, en effet, les progrès de la libre pensée plus que les considérations théologiques qui ont fait abandonner à Durand de Maillane son gallicanisme d'autrefois et Tout amené peu à peu à un ultramontanisme pratique :

Je me fais aujourd'hui comme un devoir d'insister sur ce point, parce que, n'ayant plus à craindre les entreprises de la cour de Rome, nous n'avons plus à défendre contre elle des libertés, mais à confirmer notre union comme notre obéissance au saint-siège... (15 mai 4810).

Les catholiques les plus instruits sont dans un état de division qui a fait la plus grande force des impies, je veux parier des débats sur le jansénisme, qui ne finissent pas, même à présent que le grand intérêt de la religion le demande... (20 septembre 1810).

Au fond, il n'a rien abandonné de ses anciennes idées, mais prudemment il les relègue dans l'ombre, parce que l'intérêt de la foi le lui commande. Ce passage montre bien son état d'esprit :

On a écrit, dites vous, contre le 4« article de la Constitution de 168-2. On l'aura fait par un faux zèle dans les circonstances présentes, comme on soutient plus que jamais l'in-

1. Les idées de Dunind de Maillane ont plus d'un rapport avec celles que défendait Kmery, l'ancien chef des réfractaires soumissionnaires, avec lequel, d'ailleurs, il était en relations : « J'ai écrit à M. Émery, supérieur général de Saint-Sulpice, que j'ai connu à Paris, et pour qui je suis plein de vénération. » (15 mai 1810.)

faiilibilité du pape contre les nouvelles hérésies de Luther et de Calvin, ce qui, propagé et entretenu dans le cloître où nos libertés n'ont jamais pénétré, fait encore dire à un trè& grand nombre de prêtres français que cette infaillibilité a lieu quand le pape prononce ex cathedra en matière de foi et de doctrine. C'est la foi d'Espagne et de toute l'Italie qui s'étend loin. Usons donc, dans nos principes, de quelque indulgence à cet égard, comme on en use envers nous. L'opinion ne se commande pas, et ce qui a perdu nos constitutions nationales, c'est la force que l'on a voulu employer contre elles. C'est pour nous sans conséquence quand, dans les décisions pontificales et crues infaillibles, il n'entrera rien que de spirituel ; nous devons nous passer entre nous ce qui ne heurte pas de front les dogmes, pour redoubler de force dans notre union contre les ennemis de notre catholicité, sur laquelle il me semble que les protestants prennent de jour en jour de grands avantages.

Ne dirait-on pas que Durand de Maillane trace ainsi à Tavance le programme d'action qui sera de plus en plus celui de TEglise au cours du xix* siècle? Le rapprochement qu'il fait entre la situation du catholicisme après la Réforme et après la Révolution ne manque pas non plus de perspicacité. Pour vaincre la libre pensée, Rome n'emploiera-t-elle pas les mêmes armes dont elle avait combattu l'hérésie?

Durand de Maillane ne se borne pas à prêcher l'action aux autres, il donne lui-même l'exemple en consacrant ses loisirs à mettre en vers les arguments de l'école en faveur de la religion. Le S janvier 1810, il envoie à Grégoire une Prose rimée

sur les abus irréligieux de là philosophie moderne *. Pour donner une idée de cette apologétique, qui ne brille ni par la nouveauté, ni par la profondeur, nous reproduirons les principaux des soixanteseize quatrains dont elle se compose. Voici d'abord comment sont confondus les philosophes et leur raison orgueilleuse :

L'on est certes bien mal habile De venir après tant de temps Faire la guerre à l'Evangile Par de subtils raisonnements.

Cet évangile est une enclume Où se briseront tous les marteaux.

Tout est divin dans le volume :

Eh ! comment y trouver du faux ?

C'est pour confondre la sagesse, Ecrivait saint Paul aux Romains, De ceux qui font une déesse De leur raison, sans bons desseins.

Car la raison peut nous instruire, Quand elle sera sans orgueil, De tout ce qui peut nous conduire A la vraie foi, sans nul écueil.

Mais il vaut mieux, l'àme soumise, S'en tenir à la vérité De ce qu'enseigne notre Eglise Sur la spiritualité.

1. Cette prose rimée était accompagnée de notes « qui forment la majeure partie de l'ouvrage et sont très intéressantes pour la religion ». Ces notes, dont Maillune annonce à Grégoire le prochain envoi, ne nous sont pas parvenues.

Vient ensuite la défense des principaux dogmes catholiques, de la mission divine de l'Eglise et des châtiments terribles qui attendent les téméraires qui lui désobéissent :

Cette voix de notre Eglise N'est que la voix de THomme-Dieu.

Pour n'en douter, il faut qu'on lise Les derniers mots de saint Mathieu.

Quelle est terrible la sentence Portée par Notre Sauveur Contre la désobéissance A l'Eglise par un pécheur !

Celui-ci, pour tout catholique, N'est plus que comme un publicain Et cette rigueur nous explique Ce qu'est l'Eglise au vrai chrétien.

La souveraineté pontificale est justifiée et conciliée avec les libertés gallicanes :

Dans l'Eglise antique de France, L'on eut toujours des libertés, Mais sans altérer sa croyance Aux catholiques vérités ;

Sans y refuser au Saint-Siège La primauté de droit, divin, Qui n'est pas un vain privilège.

Comme l'a prétendu Calvin.

Ce n'est pas une simple préséance De Pierre sur un autre prélat.

C'est une divine régence Que Jésus même lui donna,

Partout *, où sera de saint Pierre Le légitime successeur, Partout, où sera cette pierre Qu'a posée notre Sauveur.

L'exposition des quatre preuves fondamentales du christianisme occupe la plus grande partie de Touvrage, et en constitue comme ia forteresse.

La première, les prophéties, Premier flambeau de vérité, Nier qu'elles sont accomplies C'est du jour nier la clarté.

11 est deux de ces propliéties, ' Prononcées par Jésus-Christ, Que tous les yeux voient accomplies, Le temple à bas, le juif proscrit.

Enfin cette preuve est si claire Que Porphyre, tout dépité, Disait qu'après coup un faussaire Avait tout dit, tout ajusté.

Seconde preuve : les miracles.

L'un des forts appuis du chrétien ; Car ce ne sont pas les oracles D'un trépied de temple payen;

Ce sont de purs faits de l'histoire.

Avoués de tout l'Univers.

Il faut donc, pour ne pas y croire.

Avoir le sens tout de travei^.

Le fils d'un Dieu est Dieu lui-même ; C'est l'attribut de l'engendré.

Qui le nie encourt l'anathème Qu'un grand Concile a prononcé.

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