Marie-Louise
î. M. Aulard a fait des réserves sur rautlienticité des Mémoires de Durand de Maillane (autre nom par lequel ou désigne aussi VHistoire de la Convention nationale), dans un article sur la Constitution de l'an III et la république bourgeoise, paru dans La Re^i'Olution française, n» du 14 février 1900.
Si Durand de Maillane a vraiment écrit cette Histoire de la Convention, ce ne peut être qu'entre 1811 et 1814, postérieurement à la correspondance qu'il échangea avec Grégoire. Tout ce que ses. lettres nous apprennent, et encore d'une façon vague, c'est qu'il notait dans ses « relations domestiques ^ » les événements qui l'intéressaient. Il faut pourtant reconnaître que les jugements, que Durand de Maillane porte dans ses lettres sur les choses et sur les hommes de la Révolution, sont sensiblement identiques à ceux que lui prêtent les Mémoires éi\\\é^ par Crivelli et Lanjuinais. On peut relever aussi de grandes similitudes dans la tournure des phrases, dans le ton général du récit. En somme, on serait tenté de croire, après avoir confronte les deux documents, que Crivelli et Lanjuinais ont utilisé des pages entières autographes de Durand de Maillane extraites de sa correspondance, peut-être de sa défense manuscrite du Tiers état, et surtout de ses « relations domestiques ». S'ils ont modifié le texte, c'est certainement dans un sens patriote. Les lettres sont remplies d'invectives contre les Jacobins et contre les philosophes, les Mémoires sont visiblement indulgents pour les uns et pour les autres. Il est vrai que les Mémoires oui paru en 1825, au fort de la campagne des libéraux contre la Congrégation.
Sur un point pourtant, lettres et mémoires s'accordent complèlement pour apprécier Tœuvre sociale et civile de la Révolution. Durand de Maillane met autant d'ardeur à défendre celle-ci qu'il