Archives nalionalcs. Papiers Chaumette, T
ceinture de fer jjarnie de clous, des jarretières et des bracelets du même métal meurtrissaient sa chair. Les fréquentes communions et les pratiques d'ascétisme avaient déjà troublé sa raison, la lecture des vies de sainte Thérèse et de sainte. Catherine de Sienne la dérangèrent tout à fait*. Comme sa patronne, Catherine de Sienne, elle se crut destinée à être Tépouse du Christ et à expliquer sa parole. Dieu lui révéla « qu'elle était la Vierge qui recevrait le petit Jésus qui viendrait du Ciel en la Terre, apporté par un ange pour mettre la paix sur la Terre et recevoir toutes les nations^ ». Dès ce moment, elle cessa de communier et prit les prêtres en aversion. Bientôt un cercle de dévots se forma autour d'elle, elle fréquenta assidûment, comme Suzette Labrousse, chez la duchesse de Bourbon ^ ; elle tint des Assemblées composées de petites gens, dans lesquelles Michel Hastain, scribe de justice, écrivait sous sa dictée. Un jour que l'Esprit saint l'avait plus vivement poussée qu'à l'ordinaire, elle fit écrire à plusieurs curés de Paris pour leur annoncer la venue prochaine du Messie, leur reprocher leurs erreurs et les convertir à la vraie foi. Mais l'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, veillait ! Au mois de décembre 1779, Catherine Théot était conduite à la Bastille avec ses principaux prosélytes. Après cinq
1. Ce détail est emprunté à un mémoire du citoyen Théot, neveu, ex-prêtre, adressé au Comité de sûreté générale de la maison d'arrêt du Luxembourg, le 15 messidor an II. Arch. nat. F' 47732 T.
2. Vie privée de Catherine Théot. Interrogatoire à la Bastille.